La CGT arrive en tête des syndicats de TPE, après une abstention record
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La CGT est arrivée en tête des élections professionnelles destinées à choisir indirectement les représentants des très petites entreprises. La CGT a récolté 27,64% des suffrages exprimés, devant la CFDT qui a obtenu 14,86%, l'Unsa (14,38%) et FO (11,69%), a annoncé ce vendredi le ministère du Travail. À noter : ce dernier a dû reporter l'annonce des résultats de jeudi à vendredi, après plusieurs erreurs informatiques empêchant le décompte des votes par correspondance.
Pour Sophie Binet, « c'est une très belle victoire parce que la CGT progresse encore chez les salariés des TPE. Ça démontre la confiance qu'(ils) ont dans la CGT pour défendre leurs droits », se félicite-t-elle, dans une déclaration transmise à l'AFP.
De son côté, le syndicat des Gilets jaunes, autorisé in extremis par la Cour de cassation à se présenter, a décroché 6.846 voix (3,26%). « Un résultat exemplaire, sans campagne électorale, sans financement public ni subvention ! », se réjouissent ses représentants, dans un communiqué.
Au total, 4,6 millions de salariés ou d'apprentis d'une entreprise de moins de 11 salariés, et 780.000 employés des particuliers, ont été appelés à désigner leurs organisations syndicales. Mais seuls 218.926 salariés sur près de 5,4 millions ont participé, du 25 novembre au 9 décembre. En 2021, le taux de participation avait atteint 5,4%, en faisant même l'élection la plus ignorée de France. Avec 95,93%, l'abstention des salariés a atteint un nouveau record cette année. Sophie Binet estime ainsi que « les leçons sur le taux de participation doivent être tirées », et réclame « des modifications profondes dans l'organisation du scrutin ».
Car ce scrutin est essentiel en ce qu'il influe sur les conditions de travail et les niveaux de salaire dans de nombreux secteurs de notre économie, comme l'artisanat, le commerce et la restauration. Au-delà du vote sur liste pour des représentants, le résultat de ces élections permettra d'établir, dès avril, la représentativité de chaque organisation syndicale pendant quatre ans dans les branches, au niveau national.
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En découle également la répartition des sièges dans les Commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI) - chargées du dialogue social en local - et aux prud'hommes. Créées par la loi du 17 août 2015, les CPRI, composées de dix représentants des organisations patronales et de dix représentants syndicaux, sont censées faire vivre le dialogue social au niveau local. Mais elles restent peu connues, peu sollicitées et souvent sous-dotées.
Le scrutin n'a donc pas intéressé les salariés. Les spots radio, les podcasts, la publicité sur les réseaux sociaux ou la campagne d'affichage, lancés par le ministère du Travail à quelques jours du lancement du vote, n'auront rien changé.
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Même l'organisation patronale U2P, qui représente « les employeurs de l'artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales », s'était impliquée. En vain. « Je ne sais pas ce qu'on peut faire de plus, on a fait de la communication, on a incité les gens. Après, on ne peut mettre un revolver derrière la tête d'un salarié pour lui dire "vas-y vote" », relève auprès de l'AFP le président de l'U2P, Michel Picon.
(Avec AFP)
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