La croissance française attendue en meilleure forme grâce aux Jeux olympiques
latribune.fr

Image d'illustration de la Banque de France
Reuters
latribune.fr

Image d'illustration de la Banque de France
Reuters
L'économie française finit donc gagnante des Jeux olympiques. Ce mardi, la Banque de France a confirmé ses prévisions pour le troisième trimestre, avec une croissance de l'activité économique française estimée « aux alentours de 0,4% », a déclaré le chef économiste de la Banque de France Olivier Garnier, en présentant l'enquête de conjoncture mensuelle de l'institution.
Il s'agit, selon lui d'« une progression significative » par rapport aux 0,2% du deuxième trimestre attribuée aux retombées positives des Jeux olympiques et paralympiques.
Dans le détail, le produit intérieur brut (PIB) devrait enregistrer une hausse de 0,1% à 0,2% hors JO, à laquelle s'ajouterait l'impact temporaire d'environ 0,25% généré par le plus grand événement sportif au monde, hébergé à Paris du 26 juillet au 11 août, a-t-il détaillé, confirmant une première estimation de la banque centrale publiée début août.
Cette prévision est toutefois entourée d'aléas, tant à la hausse — de possibles effets d'entraînements des JO — qu'à la baisse — effet de l'incertitude politique découlant des élections législatives anticipées.
Cet attentisme des entreprises reste de mise alors que, nommé jeudi par le président Emmanuel Macron, le nouveau Premier ministre Michel Barnier s'attèle à la formation d'un gouvernement, plus de deux mois après le scrutin qui n'a débouché sur aucune majorité claire. Le temps presse face à un calendrier de plus en plus resserré pour présenter le projet de budget pour 2025, un texte particulièrement lourd censé être déposé au Parlement le 1er octobre au plus tard, puis voté et publié d'ici au 31 décembre.
Le 4 septembre, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau avait annoncé que la France « a évité la récession, mais ce n'est pas encore la reprise. » Pour la suite, l'activité devrait accélérer moins vite que prévu en 2025, avec une croissance à +1,2%, contre +1,5% précédemment (-0,3 point). S'agissant de 2026, la croissance devrait bondir de +1,6%, contre +1,7% auparavant (-0,1 point). « Notre scénario central est celui d'une sortie de l'inflation sans récession qui permet une reprise de la consommation en 2025 et 2026 », a déclaré Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France, lors d'un point presse le 11 juin dernier.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

De son côté, l'Institut national des statistiques est plus pessimiste. Selon elle, la croissance du produit intérieur brut (PIB) pourrait se replier au dernier trimestre, à -0,1% et la croissance serait légèrement inférieure au second trimestre par rapport à ce qui était prévu (0,2% au deuxième trimestre, contre 0,3%).
N'ayant pas assombri ses chiffres sur l'ensemble de l'année, l'Insee table toujours sur une croissance du PIB de 1,1% pour 2024, comme en 2023. A peine arrivé à Matignon jeudi dernier, le nouveau Premier ministre Michel Barnier va devoir rapidement s'atteler à la préparation du budget 2025.
Sur le front de la croissance, le commerce extérieur et la dépense publique sont les deux moteurs cette année. Du côté des exportations, la France a retrouvé des couleurs, notamment en raison du coup de frein des prix de l'énergie. Pour rappel, la guerre en Ukraine avait brutalement fait grimper les prix du gaz et du pétrole à des niveaux inédits, contribuant à plomber la balance commerciale de l'Hexagone. Quant aux chaînes de valeurs, elles se normalisent après plusieurs années de fortes turbulences (pandémie, guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient). « Le commerce extérieur a connu un effet ponctuel avec le rattrapage des secteurs aéronautique et naval. Il y a énormément de commandes dans ces secteurs », a déclaré lundi Dorian Roucher, le chef du département de la conjoncture. En revanche, « la France n'a toujours pas retrouvé son niveau d'exportations de 2019 », a-t-il nuancé.
À lire également
Concernant la dépense publique, « elle demeure la seule source de dynamisme de la demande intérieure », soulignent les conjoncturistes. Portée par les Jeux olympiques, la dépense publique a soutenu la croissance cette année. En revanche, les économies programmées de 10 milliards d'euros dans les dépenses de l'Etat annoncées au printemps pourraient peser sur l'activité.
(Avec AFP)
latribune.fr