JO, inflation... La Banque de France va relever sa prévision de croissance
latribune.fr
Avec ce réajustement à la hausse, la prévision de la Banque de France devrait se rapprocher de celle du gouvernement, qui table sur une croissance de +1% en 2024.
La Banque de France s'apprête à légèrement relever sa prévision de croissance pour la France, a fait savoir son gouverneur, François Villeroy de Galhau. Une décision qui devrait être confirmée mi-septembre et qui s'explique par « la désinflation » et « le succès des Jeux olympiques ».
Vent d'optimisme en cette rentrée. La Banque de France devrait, d'ici quelques jours, relever « un peu » sa prévision de croissance pour l'Hexagone. Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, l'a indiqué ce mercredi dans un entretien accordé au magazine Le Point, sans plus de détails pour le moment. En juin, les dernières prévisions de la Banque de France tablaient sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) français de 0,8% en 2024.
Le gouverneur pointe « deux bonnes nouvelles économiques » pour justifier cette décision. D'une part, « la désinflation, qui va permettre des gains de pouvoir d'achat et une baisse des taux d'intérêt ». La hausse générale des prix à la consommation est repassée en août en dessous de la cible de 2% visé par la Banque centrale européenne (BCE), pour la première fois depuis août 2021, à +1,9% exactement contre +2,3% en juillet. D'autre part, François Villeroy de Galhau avance « le succès des Jeux olympiques ».
Le gouverneur de la Banque de France décrit l'économie française comme étant en « résilience ». Il reste toutefois prudent. « Elle a évité la récession, mais ce n'est pas encore la reprise », souligne-t-il. Surtout, « l'activité est menacée par deux chocs de confiance » : « L'écart de taux d'intérêt » entre la France et l'Allemagne, ainsi que « l'incertitude » à laquelle les entrepreneurs font face. Ces derniers « risquent de différer leurs projets d'investissements et d'embauches », indique François Villeroy de Galhau.
Depuis le début de l'année en tout cas, la croissance française s'affiche plutôt morose. Le PIB a en effet progressé de 0,2% au deuxième trimestre, selon les résultats définitifs de l'Insee publiés la semaine dernière - soit une révision en baisse de 0,1 point, par rapport à la première estimation. Au premier trimestre, il avait augmenté de 0,3%. Loin derrière la moyenne de l'année 2023, où il s'était affiché à +0,9% (après +2,5% en 2022 et +6,4% en 2021).
Avec ce réajustement à la hausse, la prévision de la Banque de France devrait se rapprocher de celle du gouvernement, qui table sur une croissance de +1% en 2024. L'Insee voit encore plus haut et estime que l'augmentation sera de +1,1%.
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L'enthousiasme plus modéré chez d'autres institutions. La Banque centrale européenne (BCE) anticipe en effet une croissance de 0,6% en 2024, contre +0,8% prévu en décembre. De son côté, l'OCDE prévoit une hausse du PIB français de +0,7% pour 2024.
Pour la suite, l'activité devrait accélérer moins vite que prévu en 2025, avec une croissance à +1,2%, contre +1,5% précédemment (-0,3 point). S'agissant de 2026, la croissance devrait bondir de +1,6%, contre +1,7% auparavant (-0,1 point). « Notre scénario central est celui d'une sortie de l'inflation sans récession qui permet une reprise de la consommation en 2025 et 2026 », a déclaré Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France, lors d'un point presse le 11 juin dernier.