La France échappe à la dégradation, Fitch maintient son « AA- »
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Le verdict, tant observé, est tombé ce vendredi soir, après la fermeture des marchés américains qui apprennent à vivre, au fil de la baisse des indices, dans l'ère de la « correction ». L'agence de notation Fitch a décidé de maintenir la note de la France à AA- associée à une perspective négative, offrant par la même occasion un petit répit au gouvernement Bayrou.
Après avoir abaissé sa note de AA à AA- en avril 2023, puis avoir introduit une « perspective négative » en octobre dernier en pleine dramaturgie budgétaire tricolore, Fitch a donc choisi de marquer une pause dans sa descente - graduée mais certaine - de l'échelle de notation française.
La conjoncture économique morose, encore confirmée cette semaine par les projections en baisse de la Banque de France sur la croissance 2025, doublée aujourd'hui de l'effort de réarmement n'ont pas donné, à ce stade, d'arguments décisifs à Fitch. L'imprévisibilité américaine, la guerre commerciale qui en découle et le reformatage de la doctrine allemande en matière d'investissement ont, il est vrai, largement changé la lecture du monde en un laps de temps record. Face à l'incertain, la constante bonhomie budgétaire française en deviendrait presque rassurante.
Pour autant, le maintien de la France en AA- ne risque pas d'être éternel, loin s'en faut même. Les deux autres grandes agences, Standard & Poors (« AA- » également) et Moody's (« Aa3 », l'équivalent de « AA- ») se sont alignées depuis octobre dernier sur la notation de Fitch. Fin février, S&P a même choisi d'abaisser la perspective de la note de stable à négative.
Or, comme le mentionne Fitch dans sa note d'analyse, « le budget 2025 adopté prévoit un effort net de consolidation budgétaire plus modeste que le projet initial du gouvernement Barnier, conduisant à un objectif de déficit révisé à 5,4 % du PIB, contre 5,0 % initialement proposé. Nous prévoyons que le déficit se réduira à 5,5 % du PIB en 2025, principalement en raison de nos prévisions de croissance plus faibles pour 2025 (0,6 % contre 0,9 %) ».
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Ce net coup de frein sur les prévisions de croissance projetées par Fitch ne s'arrête pas là. Pour 2026, elle table désormais sur 0,9 % contre auparavant 1,3 %. « Cette baisse est principalement due aux risques de montée du protectionnisme international et à une croissance plus faible en Allemagne, premier partenaire commercial de la France », souligne l'agence de notation. Dans ces conditions, Fitch estime désormais que la dette publique « dépassera 120 % du PIB d'ici fin 2028, soit le deuxième niveau le plus élevé parmi les États notés AA et plus du double de la médiane AA prévue ». Un constat qui alimente, clairement, une dégradation à venir.
Savourant ce statu quo à AA-, le ministère de l'Économie français juge dans un communiqué que cette décision témoigne « de la très haute qualité de la signature française ». Pour autant, note Bercy, le gouvernement « reste déterminé à poursuivre la mise en œuvre de sa trajectoire de consolidation des finances publiques initiée par la loi de finances 2025 et à l'inscrire dans la durée. La résorption de nos déficits est une priorité ».
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La laborieuse construction du budget 2026, le difficile assainissement des comptes publics, les faibles marges de manœuvre politiques du gouvernement Bayrou, ou encore la remontée des taux sur les obligations à long terme, sont autant de nuages qui planent toujours sur la trajectoire de la France. En avril prochain avec Moody's, puis en mai prochain avec S&P, viendront les prochains verdicts. Avec une règle désormais connue : la « première qui » provoquera un effet domino chez ses consœurs.
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