La mobilité des cadres s'accentue depuis 10 ans

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En 2018, un peu moins de 9% des cadres ont changé d'entreprise et 21% ont connu une mobilité interne.
En 2018, un peu moins de 9% des cadres ont changé d'entreprise et 21% ont connu une mobilité interne. (Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
Près de 4 cadres sur 10 souhaitent changer d'entreprise dans les trois prochaines années, selon le dernier baromètre de l'Apec.

Selon le dernier panorama des mobilités professionnelles réalisé par l'association pour l'emploi des cadres (Apec) publié ce mercredi 26 juin, la mobilité des cadres est restée stable en 2018 par rapport à 2017 autour de 30%. Dans le détail, 21% ont connu une mobilité en interne et 9% ont effectué une mobilité externe. La dynamique du marché de l'emploi pour cette catégorie professionnelle depuis 2015 favorise en grande partie cette mobilité.

Les enquêtes menées par l'organisation depuis une décennie montrent que la proportion de cadres ayant changé de poste ou d'entreprise ont augmenté passant de 24% à 30%. À l'opposé, les cadres non-mobiles sont de moins en moins nombreux en proportion passant de 76% à 70%. En 2009, la crise économique a eu des conséquences néfastes sur le marché de l'emploi des cadres alors que ces derniers connaissent souvent une situation relativement favorable au regard des autres catégories.

Cette année là, « les entreprises n'avaient recruté que 143.700 cadres, soit une baisse de 28% par rapport à l'année précédente, jamais observée auparavant », expliquent les auteurs du baromètre.

Deux tiers des cadres souhaitent bouger dans les trois ans à venir

Cette tendance à la mobilité ne risque pas de s'interrompre. En effet, 64% des cadres interrogés dans le cadre de l'enquête souhaitent réaliser une mobilité dans les trois prochaines années. Dans le détail, 41% des personnes souhaitent changer de poste, 39% d'entreprise et 12% veulent créer leur propre entreprise.

Dans le détail, l'augmentation de la mobilité s'explique en grande partie par des mobilités externes. En revanche, la mobilité interne reste toujours supérieure à la mobilité externe quelle que soit l'année étudiée. En majorité, les cadres qui ont connu une mobilité interne ont vu leur périmètre de responsabilité s'agrandir, notamment lorsqu'il y a un changement de poste (61%). Dans le cadre d'une mobilité extérieure ou au sein d'une même entreprise, mais sans changement de poste, l'élargissement des responsabilités est plus rare en proportion (moins de la moitié).

Le diplôme et l'âge peuvent influencer

L'âge et le diplôme peuvent avoir des répercussions majeures sur la mobilité des cadres. Ainsi, les actifs de moins de 30 ans sont 54% à avoir connu une mobilité contre seulement 18% chez les plus de 50 ans. Dans le détail, l'âge peut être un facteur déterminant surtout pour les mobilités externes. Ainsi, 22% des moins 30 ans ont changé d'entreprise en 2018 contre 11% pour les 30-39 ans.

Le niveau de formation et le diplôme peuvent également jouer en faveur de la mobilité. Ainsi, 33% des titulaires d'un bac +5 ou plus ont connu une mobilité alors qu'ils ne sont que 23% chez les bac +3. « C'est vrai, de la mobilité interne (21% contre 18%) comme de la mobilité externe (11% contre 5%) », explique l'organisme.

En ce qui concerne les perspectives, les plus diplômés (Bac+5) souhaitent plus de mobilité (71%) contre 51% des bac +3 au moins. En revanche, ce facteur a peu d'incidence sur les plus de 50 ans. Les taux de mobiles et non-mobiles sont les mêmes pour cette catégorie.

Les grandes entreprises favorisent les mobilités

La taille de l'établissement peut également avoir des conséquences sur la mobilité interne des cadres. Ainsi, le personnel cadre connaît plus de changement de poste dans les grandes entreprises. À l'opposé, les salariés les moins mobiles ont des postes dans les firmes de moins de 50 personnes.

« Ceci s'explique par le fait que les grandes entreprises offrent structurellement plus d'opportunités à leurs salariés en termes de mobilité interne que ce soit par un changement de poste, de service, d'établissement », ajoute l'APEC.

Enfin, plus l'entreprise est grande, plus les cadres ont envie de changer de poste. « Les cadres travaillant dans des entreprises d'au moins 1.000 salariés sont ainsi ceux qui expriment le plus fréquemment la volonté de changer de poste dans les 3 années à venir (54 %) alors qu'ils sont, au contraire, ceux qui envisagent le moins de changer d'entreprise ou d'en créer une », précisent les auteurs.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2019 à 18:23 :
"La mobilité des cadres s'accentue depuis 10 ans"

C'est grace au fauteuil croulant !
a écrit le 27/06/2019 à 17:14 :
Les cadres doivent surtout ce barrer de ce pays ou on les anarques fiscalement!
a écrit le 27/06/2019 à 13:58 :
Le marché des cadres est au plein emploi. Aujourd'hui la situation est simple: si on lui refuse une augmentation de salaire, le cadre sait qu'il lui suffira de traverser la rue pour obtenir cette progression chez le concurrent.
Sur ce point Macron avait raison!

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