La réforme de l'assurance chômage enterrée
Fanny Guinochet
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Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT.
LTD/Thomas SAMSON / AFP
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Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT.
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Après avoir été suspendue, la réforme de l'assurance chômage de Gabriel Attal est enterrée. C'est ce qu'a assuré Michel Barnier aux partenaires sociaux reçus cette semaine à Matignon. Soucieux de renouer le dialogue social, le Premier ministre prévoit par ailleurs de redonner la main aux syndicats et au patronat. Non sans conditions. Avec un déficit de plus de 6 % du PIB, une dette française de 3 228 milliards d'euros, le premier impératif est budgétaire. En régime de croisière, la réforme Attal qui durcissait les règles d'indemnisation devait rapporter 3,6 milliards d'euros par an au régime.
Le gouvernement Barnier entend toujours faire des économies, fussent-elles moindres. À charge donc pour les partenaires sociaux de trouver des leviers pour améliorer les comptes. L'autre condition concerne le calendrier. Syndicats et patronat devront se mettre d'accord très vite car le décret qui gère la convention assurance chômage ne sera plus valable le 31 octobre. Pour la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, « une négociation flash est tout à fait possible ». Même son de cloche du côté du bloc patronal.
D'autant plus que, pour gagner du temps, les partenaires sociaux devraient, selon plusieurs sources, s'inspirer de l'accord qu'ils avaient conclu en novembre 2023. Pour dégager de l'argent, ils devront cependant en modifier quelques paramètres. En coulisses, les syndicats suggèrent déjà de tirer un trait sur la baisse de cotisation de 0,05 % que le patronat avait alors négociée. Soit 1,5 milliard d'euros par an. « Évidemment, le patronat ne sera pas très allant, mais vu l'état des finances, les employeurs savent aussi qu'il faut qu'ils participent à l'effort », plaide une source gouvernementale.
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Michel Barnier souhaite aussi relancer la négociation autour de l'emploi des seniors, qui avait achoppé au printemps. « Avec l'objectif, surtout de décaler, pour l'assurance chômage, la filière senior de deux ans pour l'adapter à la réforme de la retraite », confie une source patronale. Concrètement, à France Travail, les conditions spécifiques des seniors commenceraient alors à 55 ans, contre 53 aujourd'hui. Le Premier ministre demande aussi aux partenaires sociaux de s'accorder sur des mesures incitant les salariés les plus âgés à travailler plus longtemps.
Fanny Guinochet
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