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Réforme de l'assurance chômage: Bruno Le Maire renvoie la décision de l'application à Emmanuel Macron et Gabriel Attal

latribune.fr

Publié le 11 juin 2024 à 10:04 - Mis à jour le 11 juin 2024 à 16:07

Le ministre de l’Économie a défendu la réforme de l'assurance chômage, à laquelle il s’est de nouveau dit « favorable » (photo d'archive).

Le ministre de l’Économie a défendu la réforme de l'assurance chômage, à laquelle il s’est de nouveau dit « favorable » (photo d'archive).

SARAH MEYSSONNIER

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Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a défendu ce mardi l'application de la nouvelle réforme de l'assurance chômage mais a renvoyé la décision finale au chef de l'État et au Premier ministre. Cette réforme, combattue par la gauche et les syndicats, sera probablement parmi les sujets forts de la campagne des élections législatives à venir.

Dans le flou ambiant, deux jours après l'annonce du président de la République de dissoudre l'Assemblée nationale, la question de l'avenir de la nouvelle réforme de l'assurance chômage n'est pas plus éclaircie que le reste. Interrogé à ce sujet ce mardi, le ministre de l'Économie et des Finances a botté en touche. « C'est le président de la République, et le Premier ministre qui décideront », a indiqué Bruno Le Maire sur BFM-TV/RMC.

Michel Picon, le président de l'U2P, organisation patronale qui défend les entreprises de proximité, a d'ailleurs déploré ce mardi auprès de l'AFP n'avoir « aucune information » sur le sort de cette réforme. Parmi les quelques informations, on sait que le projet de décret l'instituant est actuellement examiné par le Conseil d'État.

Une réforme nécessaire pour Le Maire

Le ministre de l'Économie a en tout cas défendu cette réforme, à laquelle il s'est de nouveau dit « favorable ». « Il faut inciter au retour au travail (...) oui, maintenant », a-t-il ajouté. Pour rappel, la nouvelle réforme de l'assurance chômage, appelée à entrer en vigueur le 1er décembre, comprend notamment une durée d'indemnisation réduite de 18 à 15 mois, et la nécessité d'avoir travaillé huit mois sur les 20 derniers mois pour être indemnisé (contre six mois au cours des 24 derniers mois actuellement).

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« Je considère que réduire la durée d'indemnisation du chômage, tout en accompagnant mieux les chômeurs, est la meilleure solution pour que chacun reprenne vite un emploi et qu'on arrive enfin, après un demi-siècle de chômage de masse, au plein emploi qui se situe autour de 5% »,a-t-il poursuivi.

Le ministre s'est ainsi dit « favorable à ce que, à la fois on accompagne mieux les demandeurs d'emploi, qu'on les forme mieux, qu'on les qualifie, mais qu'on réduise la durée d'indemnisation pour inciter le plus possible au retour à l'activité et le plus rapidement possible le retour à l'activité ».

Les syndicats et la gauche toujours vent debout

Un avis qui n'est pas partagé par tous. Depuis la présentation de cette réforme fin mai par le Premier ministre Gabriel Attal, les syndicats ont fait part de leur « colère » et ont vivement dénoncé une réforme « violente » qui va « faire la poche des chômeurs ». Ce lundi, dans un communiqué commun, cinq syndicats - CFDT, CGT, Unsa, FSU et Solidaires - ont notamment appelé le gouvernement à « immédiatement renoncer à sa réforme de l'assurance chômage ». Une conférence de presse au conseil économique, social et environnemental (Cese), contre cette réforme, doit d'ailleurs être organisée ce mardi par la CFDT, la CGT, FO, CFE-CGC et CFTC.

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Le contexte actuel, avec des élections législatives à venir dans moins de trois semaines pour le premier tour, pourrait justement permettre de revenir sur cette réforme. Les formations de gauche, qui ont commencé leurs tractations pour tenter de trouver un accord et présenter une liste commune, portent ainsi comme ambition, parmi d'autres, « l'annulation de la réforme de l'assurance chômage », selon un communiqué commun de Place publique et du PS publié ce lundi.

Le retour de la réforme des retraites

Dans l'œil également des syndicats, la réforme des retraites. Dans leur communiqué de ce lundi, ils revendiquent vouloir revenir dessus. Pour rappel, cette réforme a été promulguée il y a tout juste un an, après des mois de contestation et de mobilisation sociale. Interrogé sur ce sujet ce mardi, Bruno Le Maire a indiqué qu'il « comprenait parfaitement que ce ne soit pas populaire ». « À partir du moment où on a moins de gens qui travaillent, une population qui vieillit, oui, il était responsable et raisonnable de réformer les retraites », a-t-il assumé.

Le ministre a profité de l'occasion pour attaquer le programme du Rassemblement national, en position de favori dans le cadre des élections à venir, un « programme marxiste, purement et simplement marxiste » à ses yeux « qui veut le retour à la retraite à 62-60 ans ». « Je pose la question qui va payer ? Qui va payer ? La facture ? C'est des milliards d'euros », a prévenu Bruno Le Maire. Il a d'ailleurs appelé « le monde économique » à « se mouiller » contre le RN, incitant notamment les organisations patronales Medef et CPME à « dire clairement ce qu'elles pensent des programmes économiques des uns et des autres » et à alerter sur « la facture » de celui du parti d'extrême-droite.

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Le Rassemblement national n'est en tout cas pas le seul parti favorable à un abaissement de l'âge de la retraite. Dans leur communiqué commun, Place Publique et le PS indiquent vouloir « l'abrogation de la réforme des retraites ».

(Avec AFP)

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