La santé en chantier : des parcours de soin en meilleure santé

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Coût de la santé en France : 203 milliards d'euros en 2018.
Coût de la santé en France : 203 milliards d'euros en 2018. (Crédits : Reuters)
SÉRIE D'ÉTÉ - ÉPISODE 2/5. Comment établir une passerelle entre les hôpitaux publics et privés afin de simplifier les transferts de patients au plus près des besoins ? Comment mobiliser les médecins libéraux au-delà de leurs oppositions syndicales afin qu'ils se coordonnent pour créer un véritable système de santé de territoire bien identifié ? Si les téléconsultations ont explosé sous l'effet du confinement, le Dossier Médical Partagé (DMP) traîne toujours à s'imposer. Simplifier, coordonner, mobiliser, partager les données : tels sont donc les maître-mots pour que le parcours de soin local cesse de ressembler à un impossible parcours du combattant.

Nécessité fait loi, dit-on. La preuve : pendant le confinement, les professionnels de santé ont réussi à monter des coordinations dont les patients rêvent depuis longtemps. Les cliniques et les hôpitaux se sont relayés sans s'opposer systématiquement. Avec des centres Covid, associant des médecins libéraux, des infirmiers, des laboratoires d'analyses médicales et des pharmaciens dans un seul lieu, les soignants ont su travailler ensemble pour orienter et suivre les patients contaminés. Aujourd'hui, la médecine se réorganise autour du suivi des malades du Covid.

Jusqu'à fin juillet, les médecins ont pu facturer 46 euros des consultations complexes Post-Covid pour les suivre après leur guérison sans rester contraints par le prix habituel de la consultation. Et certains établissements, comme l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), ont ouvert des consultations spécialisées "Rehab Covid" pour les retours de symptômes chez les patients qui peinent à se rétablir complètement (essoufflement, vertige, oppression du thorax et grande fatigue). Remarquable : rarement notre système de santé ne s'était aussi bien organisé au niveau local !

Mais comment faire pour que les hôpitaux continuent de travailler dorénavant avec les cliniques, pour que les médecins libéraux réfléchissent ensemble aux besoins de patients dans leur bassin de vie et pour que ces derniers disposent enfin d'un dossier médical numérique qui les suive partout ?

Abattre les cloisons entre public et privé

Après les premiers écueils de la verticalité systématique de notre système de santé qui concentre tout sur l'hôpital, l'assouplissement des règles et l'abolition des cloisons a fait des miracles. Dans la mesure où l'État n'avait pas les moyens de tout gérer, il a accepté de faire un peu de place au privé au cœur de la sacro-sainte Santé publique. En Île-de-France, l'Agence régionale de santé (ARS) a évité les erreurs du Grand Est et su coordonner efficacement les acteurs publics comme privés, écartant la volonté de contrôle des informations et les lourdeurs bureaucratiques que l'on reproche aux ARS.

Après quelques semaines, les laboratoires privés d'analyses médicales ont enfin été entendus par les autorités de Santé qui les ont autorisés à détecter les patients contaminés hors hôpital. Pour Lamine Gharbi, président de la Fédération des cliniques et hôpitaux privés (FHP), une réforme des ARS est indispensable pour maintenir cette nouvelle collaboration entre hôpitaux publics et privés.

« Il faut faire évoluer le rôle des ARS en...

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Commentaires
a écrit le 06/08/2020 à 18:16 :
En parlant de parcours de soin :

Dans le drame familial qui s'est déroulé samedi dernier à Tilloy-les-Mofflaines (Pas-de-Calais), une femme de 87 ans a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, a annoncé ce jeudi le parquet de Béthune. Elle est soupçonnée d'avoir tué son époux de 90 ans atteint d'un cancer en phase terminale, à leur domicile au sud d'Arras.L'octogénère a reconnu avoir mis fin aux jours de son mari, malade et souffrant, à l'aide d'un pistolet. L'épouse avait expliqué l'avoir fait « à sa demande », « à l'aide d'une arme à feu de type revolver calibre 36 », a rapporté le parquet dans un communiqué. « Elle avait ensuite, sans succès, tenté de mettre fin à ses jours. »Après le débat devant le juge des libertés et de la détention et les réquisitions du parquet, il a été décidé que la retraitée ne devait pas être incarcérée, selon La Voix du Nord. Ne présentant pas de danger pour la société, elle a été laissée libre. Le drame s'est produit dans un contexte de fin de vie difficile. L'enquête doit désormais établir s'il s'agissait, ou non, d'un suicide assisté dans le cadre d'un projet commun.
a écrit le 06/08/2020 à 13:01 :
Le système de santé actuel : ce terme "système" est peut être la cause voir à l'origine de l'obscurantisme organisationnel en vigueur. La encore le clanisme règne en maître pour que rien ne change, tout en dénonçant cette réalité, cet article nous explique clairement les rivalités sectorielles auquel nous patients sommes confrontés donc soumis"
Un détail choquant du pays qui prétend offrir la transparence ! ! la" santé gratuite " à tous les français, les actes sont pratiqués et facturés ,par d es professionnels privés ou publics qui ne communiquent jamais le coût total des actes pratiqués, POURQUOI cette pratique ne contribue pas à responsabiliser les malades, alors soyons informés!
a écrit le 06/08/2020 à 11:43 :
Dans un monde comme celui la , ou se place la définition du mot confidentialité, secret médicale , Serment d’hypocrate ?
Une chose est sure : il facile de corrompre les gens et tous les systèmes du monde par l’argent.
Après c’est point négligeable par rapport a la puissance des lobbys : pensez vous réellement que les populations victimes vont avoir confiance en quoi que ça soit ?

Un exemple de routine :

Le cas d’un père de famille , hospitalisé en mars , décédé en avril , suite a une septicémie , était en attente d’une greffe, l’hôpital a bloqué le dossier pour consultation à la famille, et pour cause , pour cacher sa responsabilité dans l’infection qui a accéléré la mort .
Pour information, l’hôpital en question faisait des travaux de terrassement, creusage de terrain souterrain devant l’entrée, je vous dit les morts cette année là .
Les administrateurs des hôpitaux Se dont des financiers et ils n’ont rien à avoir avec un service médical.
Ils seront pour l’éternité responsable des morts de ces gens qu’on aurait pu sauver si l’état ferait des bons décrets à visée «  réellement humains »
La mort ça n’arrive pas qu’aux autres.
a écrit le 06/08/2020 à 11:39 :
Hyper intéressant mais: Picrocholine : ???
Simplement çà donne quoi?
Un bel exemple de ce que dénonce cet article.
Bravoooo...
a écrit le 06/08/2020 à 8:54 :
En parlant de santé :


Quelque chose ne tourne pas rond à l'hôpital. On est remboursé à 100% pour une opération de la cataracte, mais le reste à charge d'un malade du coronavirus peut dépasser 8.000 euros après un séjour de deux semaines. Une bombe à retardement financière pour les familles comme pour les établissements.
«Il nous est arrivé d'établir des factures de plusieurs milliers d'euros directement au patient, parce qu'il n'a pas de mutuelle, ou qu'il n'y a pas d'accord de tiers payant avec cet organisme», raconte Pierre-Emmanuel Lecerf, le directeur général adjoint de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Sur l'ensemble des restes à charge, environ 30 % sont facturés directement aux patients. On sait que 4% des Français ne sont toujours pas assurés malgré les contrats obligatoires en entreprise. Quant à ceux qui sont couverts, ils n'ont pas forcément les moyens de faire l'avance de trésorerie.«Quand les gens ne peuvent pas payer, on ne recouvre pas, ce qui représente une perte de 70 millions d'euros chaque année, à rapporter à nos 169 millions de déficit attendu pour 2019», poursuit Pierre-Emmanuel Lecerf. Les restes à charge élevés du Covid-19 vont exacerber ces difficultés.
a écrit le 06/08/2020 à 8:19 :
"Simplifier, coordonner, mobiliser, partager les données"

Partager NOS données, celles de notre oligarchie devant bien être à l'abri alors que ce sont d’abord et avant tout nos décideurs qu'il faudrait surveiller, je ne m'en fais pas pour la santé physique mais par contre leur santé mentale semble particulièrement défectueuse..

Les informations liées à la santé des gens étaient les dernières à être protégées dorénavant n'importe quel oligarque pourra savoir l'état de santé de n'importe qui avec les conséquences désastreuses que cela va avoir encore une fois de part des investisseurs qui sont devenus trop bêtes pour être en mesure d’apprécier un collaborateur leur imposant de se reposer sur la technologie et les données, chiffres dont on peut faire tout dire et n'importe quoi.

Le déclin poursuit son chemin.

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