La télémédecine et ses innovations au chevet des territoires
Emilie Guédé
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La consultation face caméra va-t-elle devenir la norme dans les zones dépourvues de professionnels de santé ? Si la crise sanitaire a donné un sérieux coup de boost à la télémédecine, les pouvoirs publics ont depuis longtemps repéré son potentiel. Dès 2012, elle était intégrée dans le Pacte santé et territoire (porté par Marisol Touraine, ministre de la Santé de François Hollande) comme remède au manque de professionnels de santé. Les régions et départements ont suivi, en lançant différentes initiatives autour de la téléconsultation, mais aussi de la télésurveillance et téléexpertise.
Ainsi, depuis 2019, la Meuse s'est transformée en véritable laboratoire de santé numérique. Lauréat de l'appel à projets Territoires d'innovation, adossé au programme Investissements d'avenir et soutenu par la Banque des Territoires, E-Meuse Santé vise à faire du département une vitrine en la matière. Ce programme associe également la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle et la région Grand Est.
« E-Meuse Santé est un territoire d'expérimentation à grande échelle, dans lequel se rencontrent les besoins portés par les professionnels de santé, les patients, les aidants et les solutions numériques innovantes proposées par les entreprises françaises, idéalement installées dans le Grand Est. Intégrer une innovation dans le bon écosystème permet une évaluation au plus proche des besoins du terrain, c'est une valeur ajoutée considérable pour ceux qui conçoivent ces solutions », observe Jean-Charles Dron, directeur opérationnel.
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Outre sa faible densité médicale, le département est marqué par un taux de pauvreté élevé et une population vieillissante. En écho, le projet se concentre sur l'accès aux soins, la prévention, le suivi des maladies chroniques et le maintien à domicile des personnes âgées. « En tant que collectivité, notre objectif est de donner un accès équitable au service public de santé, avec un impact sur l'attractivité du territoire. Le cœur d'E-Meuse est la technologie, mais notre démarche intègre aussi toute l'organisation territoriale d'accès aux soins. Nous ne sommes pas là simplement pour poser un appareil de télémédecine », avance Julien Didry, vice-président du département chargé du numérique.
Emilie Guédé