Sur le compte X (ex-Twitter) de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), de jeunes gens racontent l'antisémitisme au quotidien, tel qu'ils le vivent depuis le déclenchement de la guerre entre le Hamas et Israël le 7 octobre. « Sarah sort de cours. Aux toilettes du 14 e étage de Tolbiac, il y a écrit "Mort aux Juifs". » « Dans un Uber, Samuel parle du conflit. Il s'inquiète de l'avenir des Juifs dans les universités. Le chauffeur s'arrête. Il demande à Samuel de descendre. » Ou enfin Karen. Un couple de personnes âgées qui habite près de chez elle est sous le choc. On a brûlé leur porte d'entrée. Leur mezouza (objet de culte fixé sur le chambranle de l'entrée) était visible. Karen décide pour la première fois de sa vie de retirer la sienne.
Selon les derniers relevés du ministère de l'Intérieur, plus de 800 actes antisémites ont été recensés sur le territoire national depuis le 7 octobre. Du jamais-vu, notamment en Île-de-France. Interrogée par La Tribune Dimanche, la présidente (LR) de la Région, Valérie Pécresse, déclare : « Il n'y a jamais eu autant d'actes recensés. J'ai réuni les représentants des différentes communautés et écoles juives d'Île-de-France. Il y a un véritable besoin de sécuriser les lieux de culte et les écoles, mais aussi désormais une peur d'être agressé chez soi. »