Laurent Berger, CFDT : « Avec ce contrat d'engagement jeunes, le compte n'y est pas »

Fanny Guinochet
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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.
CHARLES PLATIAU

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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.
CHARLES PLATIAU
LA TRIBUNE - Le gouvernement a présenté hier le contrat d'engagement pour les jeunes. Qu'en pensez vous ?
LAURENT BERGER - Le compte n'y est pas. Ce n'est pas la garantie jeunes universelle pour tous les jeunes sans emploi et sans formation que la CFDT souhaitait et portait avec d'autres organisations. On en est loin.
Nous ne sommes pas surpris. Nous nous attendions à être déçus, cela faisait plusieurs semaines que nous savions que ce revenu d'engagement jeunes faisait débat dans la majorité, nous nous doutions que le compte n'y serait pas.
Nous le regrettons, mais ce débat est encore emprunt de dogmatisme. On croit encore malheureusement qu'aider un jeune dans la galère, c'est l'assister, alors que c'est l'accompagner. Et en même temps, ce contrat d'engagement jeunes, c'est ni plus ni moins une extension de cette garantie jeunes, ce dispositif que nous avons contribué à mettre en place en 2014. L'élément positif, c'est que c'est un droit ouvert. Tous ceux qui voudront pourront en bénéficier, à condition de répondre aux modalités. Donc, au-delà de la déception, nous attendons de voir la réalisation de ce contrat d'engagement. Même si nous pensons qu'il aurait été plus juste et plus simple de dire que c'est une extension de la garantie jeunes....
Ce contrat est toutefois très encadré. Il peut y avoir suspension voire suppression de l'allocation si le jeune ne suit pas le parcours...
Oui, si c'est la politique du bâton, ça ne fonctionnera pas. Ces jeunes ont besoin d'accompagnement, de suivi, de temps. D'ailleurs, je crains que ce contrat d'engagement prévu sur 12 mois ne soit pas suffisant. La durée est critiquable. Un vrai projet professionnel ne se bâtit pas en deux temps trois mouvements quand on est éloignés de l'emploi ou en grande précarité.
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Attention aussi, si c'est une allocation pour inciter les jeunes à prendre vite un emploi, parce qu'il faut combler les emplois non pourvus, ça n'ira pas. Nous serons vigilants. Aujourd'hui, la garantie jeunes ne concerne que 160.000 jeunes, alors qu'il y a 200.000 places... C'est difficile de repérer, de capter ces jeunes sans emploi ni formation, ces précaires, souvent en rupture. Il faut des moyens, du personnel. Nous vérifierons d'ailleurs que ce contrat d'engagement s'accompagne de moyens pour qu'il y ait plus de conseillers dans les missions locales, à Pole emploi aussi, comme cela semble être prévu.
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Fanny Guinochet