Le belge Christeyns se bat pour produire du gel pour les hôpitaux

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Vue d'une partie de la chaîne de production de gel hydroalcoolique de Christeyns, à Vertou, près de Nantes.
Vue d'une partie de la chaîne de production de gel hydroalcoolique de Christeyns, à Vertou, près de Nantes. (Crédits : Reuters)
VERTOU. Implanté dans la région nantaise, le groupe familial belge Christeyns, numéro 2 français des produits de désinfection, réoriente ses efforts sur la fabrication de gel hydroalcoolique destiné au secteur hospitalier français. La production a été multipliée par dix et doit s'adapter à la raréfaction des matières premières et... à la désertion d'intérimaires.

« Par peur, certains intérimaires s'en vont. Des salariés ont fait jouer leur droit de retrait pour raisons médicales, ce que nous respectons, mais les agences intérims sont fermées et nous avons dû appeler à la rescousse nos commerciaux, délester certaines de nos productions pour envoyer des techniciens renforcer les lignes de fabrication de gel. Pour la continuité, le travail d'équipe est déterminant », indique Peter de Grove,  Pdg du groupe belge Christeyns,  spécialisée dans la fabrication de produits d'hygiène, de détergents et de désinfectants pour les secteurs de la santé, de l'agroalimentaire, des cosmétiques... ou des collectivités.

Ici, à Vertou, dans le sud de Nantes, l'entreprise était déjà montée en pression en novembre 2019, lorsque la défaillance sanitaire d'une usine de son principal concurrent lui avait valu d'absorber une partie de la demande. « Depuis, nous fonctionnions en 3X8 avec une vingtaine d'intérimaires », dit-il, jusqu'à l'accélération de la demande de gel hydroalcoolique pour les professionnels de santé des centres hospitaliers. « En quelques semaines, nous sommes passés de 11.000 litres à 50.000 litres hebdomadaire et devrions atteindre un rythme de 100.000 litres la semaine prochaine. Tout le monde en réclame. Notre clientèle prioritaire, c'est la santé mais nous avons aussi de grands comptes qui nous en demandent de façon désespérée pour leur propre personnel», constate Peter de Grove. Epargné par l'inflation du coût des matières premières, comme l'éthanol, en raison de contrats annuels signés pour garantir une stabilité des prix, le groupe doit néanmoins faire face à la rupture de stock de carbopol, un composant utilisé pour donner une consistance de gel au liquide anti bactériologique. « Nous allons être obligés d'utiliser une seconde formulation, tout aussi efficace, mais qui pour des raisons culturelles était davantage utilisée en Allemagne », assure le dirigeant du groupe familial, fondée en 1946 à Gand, en Belgique.

Tout dépendra des effets secondaires

De simple savonnerie pour les secteurs du nettoyage industriels et la blanchisserie, l'oléochimie, l'entreprise est devenue au fil des décennies un groupe international (30 filiales, un millier de personnes), présent en Europe, au Brésil, en Malaisie. Implanté en France à Ruffiniac (Dordogne) et à Vertou (Loire-Atlantique) depuis l'an 2000, le groupe familial, devenu numéro 2 français des produits désinfectants, a investi, il y a deux ans à Vertou, 7,5 millions d'euros pour construire un nouveau centre de conditionnement, en activité pour répondre à la production de gel, et d'un centre logistique, livrable pour l'été 2021. Sa construction est désormais interrompue en raison de l'épidémie de Coronavirus. Le groupe emploie 160 personnes en France dont une soixantaine à Vertou, complétée jusque-là par une vingtaine d'intérimaires. « Coûte que coûte notre mission est d'aider la population à sortir de cette crise. Sur notre activité,  le bilan sera mitigé. Il y aura des effets positifs mais aussi des effets négatifs notamment sur le secteur de la restauration particulièrement touché », esquisse Peter de Grove.

En croissance de +15% l'an dernier avec un chiffre d'affaires de 56 millions d'euros, la filiale française du groupe belge doute d'atteindre les projections établies pour 2020. « Je ne pense pas que l'on dépassera les 60 millions d'euros », estime aujourd'hui le Pdg de Christeyns France. « Tout dépendra des effets secondaires de cette crise et d'une éventuelle reprise économique avant l'été, qui bénéficiera ou non de l'activité de la saison touristique.»

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