Le CGET en panne de stratégie avec son cinquième patron en quatre ans

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Le préfet Morvan, ancien directeur général des collectivités locales à l'Intérieur et en même temps « dir'cab' » du secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini sous le quinquennat de François Hollande, est chargé de « préfigurer » l'Agence nationale de la Cohésion des territoires (ANCT) d'ici à mi-mai.
Le préfet Morvan, ancien directeur général des collectivités locales à l'Intérieur et en même temps « dir'cab' » du secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini sous le quinquennat de François Hollande, est chargé de « préfigurer » l'Agence nationale de la Cohésion des territoires (ANCT) d'ici à mi-mai. (Crédits : Préfecture des Yvelines)
Rattaché au ministère de la Cohésion des territoires depuis début 2018, le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET, ex Datar) accueillera un nouveau patron le 23 avril prochain. Le cinquième en quatre ans. Problème : le préfet Morvan arrive à la tête d'un CGET qui se cherche un avenir, avec la création de la future Agence nationale de la cohésion des territoires.

Après Éric Delzant, Marie-Caroline Bonnet-Galzy, Jean-Michel Thomary, Jean-Benoît Albertini, le CGET, établissement public né fin mai 2014 de la fusion de la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité territoriale (DATAR), du secrétariat général du Comité interministériel des villes (SGCIV) et de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE), verra arriver, le 23 avril prochain, un cinquième commissaire général en la personne du préfet Serge Morvan en moins de quatre ans.

En interne, la nomination du préfet Jean-Benoît Albertini, « appelé à d'autres fonctions » au conseil des ministres du 4 avril dernier, est très mal vécu :

« Dès qu'il est arrivé en septembre 2017, il a pris son rôle à cœur. Ça été la stupeur quand il est parti ! Quand on me demande en interne si ce départ est le fait de son positionnement, je ne sais pas quoi répondre. On ne comprend pas très bien à vrai dire ce qui s'est passé », explique Joëlle Martichoux, chargée de mission Politique de la ville et élue CFDT représentante du personnel.

À quoi ressemblera l'Agence nationale de la cohésion des territoires ?

En effet, le préfet Morvan, ancien directeur général des collectivités locales à l'Intérieur et en même temps « dir'cab' » du secrétaire d'État à la Réforme territoriale André Vallini sous le quinquennat de François Hollande, est chargé de « préfigurer » l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) d'ici à mi-mai. Annoncée par Emmanuel Macron lors de la première Conférence des territoires au Sénat en juillet 2017, tout le monde au CGET ignore à quoi elle ressemblera.

« On ne sait rien du tout, s'alarme une autre salariée de l'agence, si ce n'est qu'il y a plusieurs scénarios sur la table. Fin janvier 2018-début février, une réunion interministérielle a annoncé l'ANCT comme un service à compétence nationale rattaché au CGET. Février-mars, c'est remonté au chef de l'État et au Premier ministre, et mi-mars, face à ce silence sidérant, on a interpellé le cabinet de Jacques Mézard ».

Ainsi, quand le 4 avril dernier, les fonctionnaires ont appris que leur chef « avait été démissionné » alors qu'il défendait cette piste d'« un CGET fort », ils se sont dit que « ça n'avait pas plu » à l'exécutif. Aussi ont-ils décidé le 6 avril d'adresser une lettre ouverte au Président pour lui signifier qu'ils sont « déboussolés » avant de monter ce 13 avril un espace collaboratif pour que les agents apportent des propositions au nouvel arrivant et à l'Élysée.

Flou sur le plan Borloo

Si la conseillère d'Emmanuel Macron chargée de la cohésion des territoires, Anne-Claire Mialot, leur a déjà répondu que le chef de l'État était prêt à recevoir leurs contributions, Joëlle Martichoux, déléguée CFDT du personnel, entend bien insister : « On souhaite faire remonter nos idées au Président et on va demander à être reçu au plus vite par le commissaire Morvan ».

En revanche, le plan Borloo ne rentre pas dans leur périmètre, du moins pour l'instant car là encore, le flou règne.

« On ne sait rien de ce qui se trame, concède une autre source, Il est hébergé au cabinet du ministre, mais peu de choses filtrent. Les ministres eux-mêmes ne savent pas encore ce qu'il va en sortir. Rappelez-vous qu'il a été missionné par Emmanuel Macron ».

Autre idée qui avait été émise, peu après la conférence des territoires de juillet 2017, par le député (UDI) du Loir-et-Cher Maurice Leroy : la création d'une Agence nationale de la revitalisation des territoires ruraux. Là encore, « on n'en a jamais entendu parler, désolé », répond-t-on en interne.

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a écrit le 14/04/2018 à 11:33 :
La cohésion des territoires n’intéresse plus les gouvernements qui ont abandonné depuis 2002 l'idée que l'Etat doit assurer l'égalité de traitement des citoyens sur le territoire national au moyen de la fraternité et de la solidarité nationale.

Avec les super-régions, le gouvernement considère que la cohésion doit être assurée à l'intérieur des régions, par les régions, avec les moyens des régions, et suivant les options politiques des exécutifs régionaux.

Ajoutons que l'Etat se désengage de plus en plus de la vie réelle sous couvert d'économies et n'aura bientôt plus les moyens de faire appliquer les décisions qu'il prend faute de contrôleurs, d'enquêteurs et de juges pour sanctionner. Ce qu'on constate tous les jours.

Dans un pays en voie de fédéralisation et d'appauvrissement, que faire d'un organisme de cohésion des lander?...

Macron tente de renationaliser le pays au profit d'un état centralisateur qui essaye d'exister en étouffant financièrement les collectivités locales.
Sauf qu'il n'existe pas d'état solide sans une fonction publique forte, ce qui est incompatible avec ses options néo-libérales.

De plus Macron est une parenthèse, dans 4 ans il sera retraité avec ses 12 000 euros mensuels, ses gardes du corps, ses chauffeurs, son véhicule blindé, ses secrétaires, son bureau et ses voyages en première classe payés par les contribuables pour les 50 ans qui suivront.
a écrit le 14/04/2018 à 4:13 :
Une structure inutile qui permet de bien rémunérer un de nos 21000 hauts fonctionnaires membre de notre aristocratie républicaine, mais quand verra t on la réduction de la dépense publique

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