Le gouvernement détaille mercredi son plan pour l'investissement

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L'investissement, l'investissement, l'investissement" : le gouvernement dévoile ce mercredi des mesures censées encourager les entreprises à s'équiper, une étape obligée pour passer d'une fugace éclaircie conjoncturelle à une franche reprise faisant baisser le chômage.
Le chef de l'Etat a dévoilé les grandes lignes des projets qui seront détaillés mercredi par Manuel Valls à l'issue du Conseil des ministres et d'un séminaire gouvernemental, et 10 jours après la déroute électorale des élections départementales.
L'objectif est de convaincre les entreprises de transformer leurs marges regonflées en machines, entrepôts, et finalement en embauches.
Car l'Insee le confirme : le taux de marge des entreprises françaises a retrouvé son niveau de 2011 (31,3%), grâce à l'effet conjugué du pétrole peu cher, de l'euro faible, des taux d'intérêt avantageux, mais aussi du soutien de l'Etat, qui se traduit par une baisse de 40 milliards d'euros de leurs charges.
Pour que ce flot d'argent public se mette à irriguer l'économie, "le chaînon manquant, c'est l'investissement", déprimé depuis des années, fait valoir Denis Ferrand, directeur général du centre de recherches Coe-Rexecode.
Pour provoquer le déclic, l'exécutif lance par exemple avec le secteur de l'assurance un fonds d'investissement de 500 millions d'euros, destiné aux PME.
BpiFrance, le bras financier de l'Etat, va augmenter ses prêts, tandis que Bercy doit mettre au point un mécanisme fiscal "exceptionnel" de soutien à l'investissement. Une option serait de permettre aux entreprises d'amortir de manière accélérée leurs achats d'équipement, pour percevoir plus rapidement les aides fiscales qui y sont liées.
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L'enjeu est également politique : si l'investissement démarre, et avec lui l'emploi, la "politique de l'offre" menée par le gouvernement se verra validée. Et ce alors qu'une partie de la gauche demande à l'infléchir pour soutenir davantage la consommation.
Pour de nombreux experts, il est de toute façon grand temps de remédier au "sous-investissement" dont souffre l'industrie française.
Le cabinet de conseil Roland Berger, dans un rapport transmis au ministère de l'Economie, calcule que l'effort d'investissement des industriels français, déjà "historiquement plus bas que l'Allemagne et l'Italie", a baissé depuis 2000 de 5 milliards d'euros par an.
Patrick Artus, économiste de Natixis, répète régulièrement que la France achète chaque année "six fois moins de robots industriels que l'Allemagne".
Plus modéré, Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee, souligne que "le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire". "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", fait-il valoir.
Retard ou pas, pour Denis Ferrand, les mesures que s'apprête à annoncer le gouvernement n'auront "pas un effet monstrueux". Destinées surtout à l'industrie, elles profiteront moins au secteur des services, qui pourtant pèse très lourd dans l'économie française. Aucun effet non plus à attendre sur l'investissement des ménages, c'est-à-dire l'immobilier.
Quant à l'investissement public, peu de chance qu'il explose en des temps de contrainte budgétaire, malgré un petit geste consistant à accorder aux collectivités territoriales des remboursements anticipés de TVA.
Denis Ferrand juge malgré tout bienvenu d'adresser un "signal", parce que "l'enjeu de confiance est toujours là".
Le moral des patrons ne décolle pas vraiment, au contraire de celui des ménages, selon les enquêtes de l'Insee.
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