Le gouvernement détaille mercredi son plan pour l'investissement

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(Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Le gouvernement dévoile ce mercredi des mesures censées encourager les entreprises à s'équiper. François Hollande a promis des mesures qualifiées de "clef" de voûte de la reprise.

 L'investissement, l'investissement, l'investissement" : le gouvernement dévoile ce mercredi des mesures censées encourager les entreprises à s'équiper, une étape obligée pour passer d'une fugace éclaircie conjoncturelle à une franche reprise faisant baisser le chômage.

"La question, c'est l'investissement, l'investissement, l'investissement", martelait la semaine dernière le ministre des Finances Michel Sapin, un peu avant que vendredi, le président François Hollande, ne promette des mesures pour ce qu'il a qualifié de "clef" de voûte de la reprise.

Le chef de l'Etat a dévoilé les grandes lignes des projets qui seront détaillés mercredi par Manuel Valls à l'issue du Conseil des ministres et d'un séminaire gouvernemental, et 10 jours après la déroute électorale des élections départementales.

Les marges des entreprises regonflées

L'objectif est de convaincre les entreprises de transformer leurs marges regonflées en machines, entrepôts, et finalement en embauches.

Car l'Insee le confirme : le taux de marge des entreprises françaises a retrouvé son niveau de 2011 (31,3%), grâce à l'effet conjugué du pétrole peu cher, de l'euro faible, des taux d'intérêt avantageux, mais aussi du soutien de l'Etat, qui se traduit par une baisse de 40 milliards d'euros de leurs charges.

Pour que ce flot d'argent public se mette à irriguer l'économie, "le chaînon manquant, c'est l'investissement", déprimé depuis des années, fait valoir Denis Ferrand, directeur général du centre de recherches Coe-Rexecode.

Fonds d'investissement pour les PME

Pour provoquer le déclic, l'exécutif lance par exemple avec le secteur de l'assurance un fonds d'investissement de 500 millions d'euros, destiné aux PME.

BpiFrance, le bras financier de l'Etat, va augmenter ses prêts, tandis que Bercy doit mettre au point un mécanisme fiscal "exceptionnel" de soutien à l'investissement. Une option serait de permettre aux entreprises d'amortir de manière accélérée leurs achats d'équipement, pour percevoir plus rapidement les aides fiscales qui y sont liées.

L'enjeu est également politique : si l'investissement démarre, et avec lui l'emploi, la "politique de l'offre" menée par le gouvernement se verra validée. Et ce alors qu'une partie de la gauche demande à l'infléchir pour soutenir davantage la consommation.

Pour de nombreux experts, il est de toute façon grand temps de remédier au "sous-investissement" dont souffre l'industrie française.

Les investissements des industriels français auraient baissé depuis 2000

Le cabinet de conseil Roland Berger, dans un rapport transmis au ministère de l'Economie, calcule que l'effort d'investissement des industriels français, déjà "historiquement plus bas que l'Allemagne et l'Italie", a baissé depuis 2000 de 5 milliards d'euros par an.

Patrick Artus, économiste de Natixis, répète régulièrement que la France achète chaque année "six fois moins de robots industriels que l'Allemagne".

Plus modéré, Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee, souligne que "le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire". "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", fait-il valoir.

Retard ou pas, pour Denis Ferrand, les mesures que s'apprête à annoncer le gouvernement n'auront "pas un effet monstrueux". Destinées surtout à l'industrie, elles profiteront moins au secteur des services, qui pourtant pèse très lourd dans l'économie française. Aucun effet non plus à attendre sur l'investissement des ménages, c'est-à-dire l'immobilier.

Moral des patrons

Quant à l'investissement public, peu de chance qu'il explose en des temps de contrainte budgétaire, malgré un petit geste consistant à accorder aux collectivités territoriales des remboursements anticipés de TVA.

Denis Ferrand juge malgré tout bienvenu d'adresser un "signal", parce que "l'enjeu de confiance est toujours là".

Le moral des patrons ne décolle pas vraiment, au contraire de celui des ménages, selon les enquêtes de l'Insee.

Les consommateurs restent jusqu'ici le meilleur moteur de la croissance française, appelée selon la plupart des observateurs à atteindre plus de 1% cette année. Contre un maigre 0,4% l'an dernier.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2015 à 7:11 :
-moins d'élus
-moins de mandats
-moins de normes et de contrôles bidons
-moins de politiques
-moins d'agences bidons
-utilisation des recettes à bon
escient . Voilà comment relancer la machine
a écrit le 07/04/2015 à 8:05 :
tout le monde a envie d'investir pour se faire menacer de nationalisation, menace d'impots a 75% ou menacer de se faire ' daylymotion-iser' !
a écrit le 07/04/2015 à 6:46 :
La solution consisterai à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Pourquoi ne pas le proposer maintenant?
Réponse de le 07/04/2015 à 10:23 :
Pour l'énergie c'est déjà l'impasse.
Les taxes sur le pétrole sont déjà ,importantes, Certes il est normal de taxer les polluants, ou pollueurs, mais on a vu la faiblesse de l'état face à quelques bérets rouges. Mais ou vont les taxes écologiques ?.
Quand à l'électricité nucléaire on est arrivés au bout du modèle. Certes on a bénéficié de tarifs très bas (trop bas) pendant quelques décennies mais il reste à financer la fin de vie des centrales et les déchets. Et malgré ce contexte très favorable, ça n'a pas sauvé l'industrie.
La solution reste celle de taxer la finance. Pas celle qui investit dans la R&D et dans le tissu économique, mais celle qui spécule et profite. S'ils gagnent ils gardent l'argent et s'ils perdent l'Etat les couvre.C'est l'argument des joueurs, ils pensent toujours pouvoir se refaire.
Un politique qui aurait le sens de l'état, les connaissances économiques, le courage et l'intégrité, je n'en vois pas à l'horizon.
a écrit le 06/04/2015 à 21:41 :
Investir Ca veux dire espérer un profit futur
Il faut avoir confiance et penser que l'état vous piquera pas tout

Les 2 conditions ne seront remplis qu'avec un autre president
a écrit le 06/04/2015 à 19:48 :
Invitée d'honneur de l'ambassade française à Rome le 19 mars à l'occasion de Goût de France, un dîner à l'initiative d'Alain Ducasse et Laurent Fabius pour promouvoir la gastronomie française dans le monde, Monica Bellucci a savouré un menu trois étoiles concocté par le chef de l'Elysée Guillaume Gomez. Les 158 convives ont dégusté du foie gras, un risotto à la truffe, des Saint-Jacques de l'Elysée et mignon de veau, un dessert au chocolat, le tout arrosé de côtes du Rhône ou d'Hermitage blanc et de champagne.
Réponse de le 07/04/2015 à 8:19 :
Vive la république bananière ... Et pendant ce temps , on doit payer nos impôts et nous taire ! Mais bon , c'est pour l'intérêt supérieur de la France...
a écrit le 06/04/2015 à 19:44 :
un électorat oublié...les paysans ..: il ferait bien de s en préoccuper ou faire appel a mr josé bauvais
a écrit le 06/04/2015 à 17:42 :
Au lieu de chercher à distribuer de l'argent pour relancer l'investissement, le gouvernement ferait mieux de diminuer ses prélèvements : ce serait tellement plus efficace de rendre du pouvoir d'achat aux citoyens et aux entreprises, plutôt que d'inventer des dispositifs coûteux à gérer et des fonctionnaires à payer, afin de redistribuer l'argent que les gouvernements n'ont plus depuis 40 ans et doivent nous emprunter...si bien qu'on perd deux fois !
a écrit le 06/04/2015 à 16:25 :
Investissement = productivité en plus = emploi en moins et licenciement économique. Impossible si le coût du licenciement est supérieur au prix de la machine qui remplace l'ouvrier.
a écrit le 06/04/2015 à 16:06 :
bientôt 3 ans de socialisme obsolète ! pour présenter maintenant ...un plan pour l'investissement ...? ? ? mais messieurs les socialistes, la défiance s'ait bien structurée et les capitaux exilé ...surtout , avec le plus haut taux de prélèvement fiscal en UE, a environ 50/51 % ..;( moyenne UE source OCDE c'est 37,8 /38, 2% ) où dans ces conditions ...allez vous trouver des kamikazes de l'investissement économique ...? pour investir sous le joug, du dernier gouvernement entièrement socialiste en UE...?
a écrit le 06/04/2015 à 15:55 :
Comme le Gouvernement déclare pour la "réforme" du marché du travail, dont les rigidités UNIQUES au monde, et contraintes, et Epouvantails, bloquent l'embauche :
" Il est urgent d'attendre " (donc urgent d'attendre pour les investisseurs : Entreprises et Particuliers)
(6300 000 Chomeurs : la catégorie A "artificielle" et si partielle de 3500 000 n'a aucun sens )
Pour Investir : Entreprises ou Particuliers, " il est urgent d'attendre " l'après Elections :
A quelle sauce dans ce Pays de l'Instabilité Fiscale et Instabilité des Lois en général,
seront nous mangés ? Un quinquennat met 4 mois pour se mettre à exécution :
Avril-Mai : Présidentielles (au terme de 2 ans de campagne, et d'immobilisme électoral du Gouvernement),
Législatives en Juin, puis Juillet-Aout : rien,
puis deux ans pour Gouverner : les décrets d'applications des Lois instables et Provisoires interviennent 9 mois après la Loi.
Puis c'est déjà tout fini : pour tout Gouvernement. Campagne Présidentielle durant deux ans.
Il est urgent d'attendre, et de geler les Investissements, et Emplois : nécessité de connaitre les nouvelles Lois abolissant les précédentes.
Hollande s'est d'abord empressé d'abolir toutes les lois Sarkozy-Fillon.
Impossible d'investir et d'embaucher avant que les Présidentielles et Législatives soient intervenues, Juillet-Aout : rien, Installation du Parlement,
le vote des Lois, et les décrets d'application des Lois 9 mois après.
Un quinquennat ne dure que deux ans, et meme moins avec les décrets d'applications sous 9-12 mois. Les investisseurs et Employeurs, ne disposent d'aucune perspective sérieuse dans la durée.
a écrit le 06/04/2015 à 13:32 :
Ces pauvres socialistes franchouillards. Ça fait 30 ans qu'ils racontent que la fonction publique est le joyau de la France. Maintenant ils s'affolent car leur pompe fiscale ne rapporte plus. Le privé a été saigné. Il faut le revigorer! Sinon que deviendrait le socialisme? Parasites oui mais ne tuons pas les exploités!!!! Ces socialistes ont-ils un peu d'honneur, de dignité, d'amour propres? On est dans l'inversion des valeurs.
a écrit le 06/04/2015 à 13:31 :
Une des premières choses à faire c'est de bannir des sociétés, comme Apple qui utilisent massivement des paradis fiscaux pour s’exonérer de toutes taxes. Ce qui entraine une concurrence déloyale et un beau pied de nez aux contribuables européens.. Si déjà ces mêmes consommateurs n'étaient pas complices de ce genre de société, nous nous porterions déjà mieux. Car ces sociétés n'ont aucune morale, et nous le font bien savoir.
Il n'y a aucun cadeau à leur faire..
Réponse de le 06/04/2015 à 16:40 :
Plus les taux d'imposition et de charges seront bas, plus les recettes Fiscales et Sociales abonderont par l'attractivité du Site France. Il faut aligner l'impot sur les Sociétés sur celui du Luxembourg : 1.5%. Supprimer totalement l'impot sur le revenu qui dissuade les plus dynamiques et créateurs de richesses pour tous. Il "rapporte 55 milliards d'euros" et moins : coutant cher à déclarer, calculer, collecter, controler, redresser. Le remplacer par un impot qui ne coute rien, et rentre net au Budget de l'Etat : porter la T.VA hors Aliments, batiments, prestations à la personne, produits de 1ère nécessité demeurant bien à 2.1 et 5.5%, de 20 à 27%. Les importations ainsi contribueront au budget de l'Etat. Cette T.V.A portée de 20 à 27% remplacera totalement l'impot dissuasif et anti-croissance, anti-économique, anti-motivation, qu'est l'impot sur le revenu. Fillon et Pécresse, la Comm Eur et la Cour des Comptes préconisent 110 milliards d'économie, pour que le pays le plus gaspilleur au monde en dépenses publiques, prélevant 58.5% de la richesse produite par sa population, reviennent dans les normes. Ces 110 milliards d'économies issues des réformes que seule au monde La France refuse, devront etre réparties pour moitié 55 milliards, en réduction de la C.S.G sur les Salariés et travailleurs non salariés, et pour l'autre moitié 55 milliards en baisse du cout du travail des Entreprises. C'est ainsi que les capitaux, les sièges sociaux, les investisseurs, afflueront en France, créeront de la croissance, des emplois, des Recettes Fiscales et Sociales massives à des taux bas, bien plus rentables pour la collectivité, la Sécurité Sociale, et les plus modestes.
a écrit le 06/04/2015 à 13:01 :
Il est possible de doper l'investissement en changeant l'assiette de l'IS : imposer la différence entre l'excédent brut d'exploitation et l'investissement (EBITDA - CAPEX) plutôt que le bénéfice est tout à fait possible. On peut même le faire en privilégiant le territoire français (CA en France - dépenses en France sachant que le CA B2B en France est un flux considéré aussi comme une dépense en France : une entreprise qui ne déclarerait pas un CA B2B en France ne pourrait pas faire bénéficier son client de la déduction fiscale). Il est plus intelligent de faire cela plutôt que de chercher à converger vers un impôt européen.
Réponse de le 06/04/2015 à 13:28 :
C'est sans doute très technique, mais surtout très compliqué, alors que la simplification devrait dicter toute réforme: il est urgent de mettre un terme à ce système vicieux qui fait que l'IS c'est environ 50 milliards d'euros, les aides diverses aux entreprises sont de 110 milliards d'euros, on marche sur la tête et ça place les entreprises en situation de dépendance. C'EST MALSAIN !!
Réponse de le 06/04/2015 à 16:53 :
En effet, assez de complications illisibles et trop suspectes pour les investisseurs. Tout le monde est également d'accord sur cette "formation Professionnelle" absolument inopérante qui coute 32 milliards d'euros par an. Tous reconnaissent cette anomalie-gabegie. Mais toute la classe politique est VERITABLEMENT otage de ces opérateurs, qui ne mènent pas de Formation Professionnelle.
Hors La France a plus que jamais besoin de Personnels Formés.
Réponse de le 06/04/2015 à 18:11 :
Tout le monde est également d'accord sur cette "formation Professionnelle" absolument inopérante qui coute 32 milliards d'euros par an. Tous reconnaissent cette anomalie-gabegie. Mais toute la classe politique est VERITABLEMENT otage de ces opérateurs, qui ne mènent pas de Formation Professionnelle.
Vous êtes vous aussi tellement terrorisé par ces "opérateurs" que vous n'osiez pas les nommer ??? Ce sont les organisations patronales et les syndicats qui gèrent la formation professionnelle. Elle n'a pas pour objectif d'être efficace mais de les financer et de salarier leurs permanents. Savez vous que d'après le Rapport Perruchot sorti en 2011 et interdit de publication pendant une période de 30 ans que les adhésions des syndicats représentent 3% de leurs recettes et que le taux de syndicalisation public/privé est de 7% ????
Réponse de le 06/04/2015 à 18:55 :
ce n'est pourtant pas bien compliqué, il faut effectivement agir par l'impôt pour orienter le cash dégagé par les entreprises
a écrit le 06/04/2015 à 12:12 :
Si on ne regonfle pas le pouvoir d'achat de la population cela fera une belle jambe aux entreprises avec des carnets commandes en bernes . Beaucoup de vent dans les annonces .
Réponse de le 06/04/2015 à 13:04 :
Les ménages français continuent à consommer. Le problème c'est que nos entreprises ne sont pas assez compétitives. Vous pouvez augmenter le pouvoir d'achat mais ce seront les usines allemandes, espagnoles ou chinoises qui en profiteront.
Réponse de le 06/04/2015 à 17:51 :
donc il vaut mieux prendre leur pouvoir d'achat pour le distribuer généreusement .
a écrit le 06/04/2015 à 11:57 :
Ce mécanisme a déjà été mis en place place par la BCE via les TLTRO avec un succès mitigé. De plus, ce système d'amortissement va trouver ses limites pour 2 raisons: son coût car la dernière fois qu'il a été utilisé, il a du être supprimé 1 an plus tard tellement c'était onéreux pour les comptes publics; Personne ne précise combien ça va coûter comment c'est financé alors que nous avons pris des engagements. La deuxième raison est plus technique, les décisions d'investissement sont lourdes elles engagent de longues périodes. Si on organise un amortissement accéléré, on assèche par définition les recettes fiscales à terme, on risque d'anticiper des décisions d'investissement qui auraient été prises à moyen terme pour des raisons d'obsolescence. Je doute fort de l'effet booster de cette mesure: qui peut démontrer que sur une base 100 d'investissement qui auraient été réalisés de toute façon, cette mesure va apporter des investissements supplémentaires ?? Enfin comme le démontre très bien l'article, les obstacles structurels qui justifient les écarts d'investissement par rapport à nos voisins européens ne sont pas traités. Je parle de manque de confiance, de stabilité et de pression fiscale, et également de manque de flexibilité du marché du travail.En résumé, ce qui est certain, c'est que ce sont des mesures très onéreuses, ce qui est incertain c'est que ça va marcher car il manque une réforme du marché du travail qui ne coûte rien au budget de l'Etat mais sans doute plus par rapport à 2017
a écrit le 06/04/2015 à 11:50 :
Bla,bla,bla ... Et la marmotte,elle met du papier d'alu autour du chocolat ...

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