Au lendemain de la présentation du plan de relance économique, le ministère de la Cohésion des territoires et de la Relation avec les Collectivités territoriales s'est félicité de "fournir davantage de moyens" aux villes françaises comprises entre 20.000 et 100.000 habitants... Et ce malgré la ponction annoncée sur Action Logement, deuxième financeur du programme "Action Cœur de Ville".Le programme gouvernemental de revitalisation des centres-villes "Action Cœur de ville" a beau avoir été lancé il y a deux ans et demi, il ne porte ses fruits que maintenant. Depuis mars 2018, 234 communes et intercommunalités de 20.000 à 100.000 habitants sont éligibles à ce dispositif de 5 milliards d'euros, financé par la Banque des territoires, entité de la Caisse des Dépôts (1 en fonds propre et 0,7 en prêts), 1,5 milliard d'Action Logement et 1,2 milliard de l'Agence nationale de l'Habitat. Mais c'est seulement maintenant que 1.200 projets pour 1,2 milliard d'euros de travaux vont "démarrer", a annoncé le 7 septembre l'entourage de Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales.
Différentes mesures contenues dans le plan de relance
Hasard ou coïncidence, cette déclaration est intervenue au lendemain de la présentation du plan de relance gouvernemental et à la veille d'une rencontre nationale baptisée "relance et résilience" qui se tient aujourd'hui à Paris à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Sous les dorures de l'hôtel de Castries, le cabinet de Jacqueline Gourault s'est en effet félicité d'un dispositif qui "fournit davantage de moyens" aux villes moyennes comme "accélérateur de la relance".
Outre ces 5 milliards, il faut ajouter l'augmentation d'un milliard d'euros de dotation de subvention à l'investissement local (DSIL) voté en juillet dernier dans le cadre du troisième projet de loi de finances rectificatif 2020 (PLFR3), ainsi que différentes mesures contenues dans le plan de relance. Parmi celles-ci, 300 millions d'euros visent à créer cent foncières afin d'aider les collectivités à racheter des surfaces commerciales souvent fermées, trouver des preneurs avant de revendre, de même qu'à financer l'écart entre le prix d'acquisition du terrain concerné et le prix de revient.
En résumé, toutes ces espèces sonnantes et trébuchantes visent à redonner des marges de manœuvre aux centres-bourgs frappés par le dépeuplement et/ou la proximité de centres commerciaux en périphérie. "C'est tellement facile de bouffer de la terre agricole et de faire un rond-point" a lâché, crûment, l'entourage de la ministre de la Cohésion des territoires.