Les magistrats financiers considèrent que la prévision d'inflation, prévue par le gouvernement, à 1,5% en 2022, est trop basse "en dépit de la hausse des prix de l’énergie et de la nette amélioration du marché du travail enregistrées depuis le projet de loi de finances initial".Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) juge "trop basse" la prévision d'inflation de 1,5% pour l'an prochain, que le gouvernement n'a pas modifiée, "en dépit de la hausse des prix de l'énergie et de la nette amélioration du marché du travail" qui pourrait tirer le niveau des salaires et des prix selon un avis publié mercredi.
Sur ce point, le chef du département de la conjoncture à l'Insee, Julien Pouget, interrogé par plusieurs députés membres de la commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale mercredi fait le pari d'une inflation légèrement plus élevée. "A quoi doit-on s'attendre ? En faisant l'hypothèse que le prix du pétrole arrêterait d'augmenter, les effets de diffusion dans les services et les biens manufacturés devraient se prolonger l'année prochaine. L'inflation pourrait être proche de 2%" a-t-il déclaré.
Les autres experts interrogés s'attendent néanmoins à un ralentissement de la hausse des prix entre 2021 et 2022. "Les anticipations d'inflation ont certes augmenté ces derniers mois mais elles restent à des niveaux modérés conformément aux objectifs de la banque centrale européenne. La tendance à la baisse de l'inflation devrait se dessiner en 2023 en zone euro" a déclaré Nathalie Dezeure, directrice de la recherche macroéconomique chez Natixis.
Les recettes supplémentaires n'ont pas servi au remboursement de la dette regrette le HCFP
L'institution rattachée à la Cour des comptes regrette que les recettes supplémentaires engrangées par l'Etat grâce à la meilleure croissance économique ne soient pas davantage consacrées à la réduction de la dette. "Le Haut Conseil constate que, contrairement à ce qu'il préconisait dans son avis du 17 septembre 2021, le surcroît de recettes attendu n'est pas consacré au désendettement, mais qu'il est, au contraire, plus que compensé par un surcroît de dépenses ou de mesures de baisse des prélèvements obligatoires", indique-t-il dans cet avis relatif au projet de budget rectificatif pour 2021 et aux révisions du projet de budget pour 2022.