Malgré la flambée de l'inflation, la BCE maintient sa politique monétaire accommodante

La Banque centrale européenne a maintenu son principal taux d'intérêt à zéro. De même, les rachats de dettes vont se poursuivre durant l'automne à "un rythme légèrement plus faible" par rapport aux deux précédents trimestres. Or, en Allemagne, dans le même temps, la hausse des prix continue de battre des records jamais vus depuis près de 30 ans.

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Un retour à la normale devrait se faire lentement, selon Christine Lagarde, la patronne de la BCE.
Un retour à la normale devrait se faire "lentement", selon Christine Lagarde, la patronne de la BCE. (Crédits : POOL New)

Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) maintient son soutien auprès des États, contraints de financer à coup de milliards la relance post-Covid. Ainsi, ni l'inflation croissante en zone euro, ni le risque de ralentissement de la reprise économique provoquée par les pénuries de composants et le désordre sur les chaînes d'approvisionnement, ne font craindre à la Banque centrale des risques de surchauffes monétaires plus profonds.

Essence, services, matériaux... tandis que les prix s'envolent avec les pénuries, dans le même temps, la BCE continue de soutenir les crédits, risquant de gonfler la demande... sans l'offre disponible en face, accélérant encore la montée de prix.

Ainsi, en Allemagne, l'inflation a connu une nouvelle accélération en octobre, à 4,5% sur un an, soit son plus haut niveau depuis octobre 1993. Une flambée dans la première économie européenne dues aux pénuries qui a contraint le gouvernement sortant d'Angela Merkel à réviser drastiquement sa prévision de croissance pour 2021, à 2,6% contre 3,5% encore attendu au printemps.

Dans une moindre mesure, en France, l'indice des prix à la consommation a augmenté en octobre de 2,2% sur un an selon les derniers chiffres dévoilés par l'Insee, soit 0,1 point de plus que lors de la précédente estimation. Un record depuis novembre 2018.

Mais dans l'ensemble de la zone euro, l'inflation atteint sur ce mois 3,2%. Sur l'ensemble de l'année, les économistes tablent sur une inflation à 2,1%, soit un chiffre légèrement supérieur à l'objectif de la Banque centrale européenne (2%).

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Les rachats de dette se poursuivent et vont légèrement fléchir

Pourtant, Christine Lagarde l'a répété, cette inflation est "temporaire", ce jeudi un bémol en évoquant une inflation "plus longue que prévue". Un retour à la normale devrait se faire "lentement", selon la patronne de la BCE, invitant ses propres membres, divisés sur le sujet, à ne pas "surréagir".

"Même si l'actuelle hausse de l'inflation va durer plus longtemps que prévu, nous nous attendons à ce qu'elle ralentisse au cours de l'année prochaine", a-t-elle déclaré à l'issue de la réunion ordinaire du conseil des gouverneurs .

"La hausse de l'inflation reflète la combinaison de trois facteurs", à savoir les "forte hausse des prix de l'énergie", "l'augmentation de la demande liée à la réouverture de l'économie" et les effets de la "TVA en Allemagne", a-t-elle ajouté.

Or, "nous prévoyons que l'influence de ces facteurs s'atténuera au cours de l'année 2022", a affirmé Mme Lagarde. "Nous sommes absolument déterminés à atteindre cet objectif, mais nous devons le faire sur la base de données. Nous devons être patients", a-t-elle souligné.

Une position qui tranche aussi avec ses homologues américain et britannique, la Fed et la Banque d'Angleterre, commencent, elles, à s'en préoccuper.

Dès lors, la BCE a maintenu ce jeudi ses taux directeurs à leur plus bas niveau historique et confirmé l'ensemble de ses mesures de soutien à l'économie, dont les rachats d'actifs du programme d'urgence PEPP.

Le principal taux d'intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur les dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients, a indiqué l'institution à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs.

De même, les rachats de dette dans le cadre du "PEPP" vont se poursuivre durant l'automne à "un rythme légèrement plus faible" par rapport aux deux précédents trimestres.

Le volume du programme, soit 1.850 milliards d'euros, dont près de 80% sont déjà dépensés, n'a pas changé.

Un débat décisif en décembre

La BCE se prépare pourtant à un débat décisif en décembre sur l'arrêt progressif des mesures exceptionnelles mises en œuvre au printemps 2020 mais aussi sur la nécessité éventuelle de nouveaux mécanismes de soutien.

"L'argument a été exprimé selon lequel les marchés anticipaient déjà la fin des achats nets d'actifs dans le cadre du PEPP d'ici mars 2022", précise le compte rendu. "Il a été dit que même sans le PEPP, la politique monétaire restait globalement très accommodante," affirmait déjà la banque en septembre.

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Commentaires 3
à écrit le 29/10/2021 à 10:59
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cette politique est sans nom, faut pas s'etonner de la demission de Jens Weidmann; bientot les memes personnes vont decouvrir que l'inflation est payee par quelqu'un et pas ' payee par personne', que les gens voudront un deuxieme tour salarial ce qui...

à écrit le 28/10/2021 à 16:17
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Livret A indexé sur l inflation non? C'est pour quand la réindexation du taux bancaire pour le coup 2022???

à écrit le 28/10/2021 à 15:43
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Sa seul objective c'est de reduire les dettes itenables des gouvernements, meme quand les prix de necessites primaires s'explodent. Vers votre dos, bien sur.

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