Le moral des patrons chute : un indicateur de plus de l'économie française qui flanche

À 106 contre 107 un mois plus tôt, le climat des affaires a continué de se détériorer en avril, même s'il reste encore au-dessus de sa moyenne de longue période. C'est particulièrement dans le commerce de détail que la baisse a été la plus forte. Une dégradation liée à la guerre en Ukraine, qui a aggravé l'inflation et les difficultés d'approvisionnement des entreprises. Le conflit russo-ukrainien risque d'ailleurs de peser longuement sur l'économie, aussi bien en France qu'en Europe.
Cette dégradation du climat des affaires, initiée depuis mars, s’explique par la guerre en Ukraine, qui a aggravé l'inflation et les difficultés d'approvisionnement des entreprises.
Cette dégradation du climat des affaires, initiée depuis mars, s’explique par la guerre en Ukraine, qui a aggravé l'inflation et les difficultés d'approvisionnement des entreprises. (Crédits : Reuters)

Pour le deuxième mois consécutif, le climat des affaires se dégrade en avril. L'indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité marchands, a en effet perdu un point par rapport à mars, passant de 107 à 106. Il était à 112,7 en février, un très haut niveau proche des records de juin et novembre 2021.

Cette dégradation du climat des affaires, initiée depuis mars, s'explique par la guerre en Ukraine, qui a aggravé l'inflation et les difficultés d'approvisionnement des entreprises. L'indice du mois d'avril reste néanmoins encore au-dessus de sa moyenne de longue période (100) et bien supérieur à son niveau pendant la crise, puisqu'il était resté constamment sous la barre des 100 entre mars 2020 et avril 2021.

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Le commerce de détail particulièrement touché

La dégradation du climat des affaires résulte notamment de la détérioration de la situation conjoncturelle dans le commerce de détail, avec un solde d'opinion passé de 99 à 93, car « les anticipations des chefs d'entreprise du secteur concernant leurs perspectives d'activité sont de nouveau orientées à la baisse », explique l'Insee.

En effet, les perspectives générales d'activité de l'ensemble du commerce de détail français diminuent de nouveau et s'éloignent de sa moyenne de longue période. Celui relatif aux intentions de commandes diminue nettement et passe au-dessous de la sienne. Les soldes portant sur l'évolution passée et à venir des ventes diminuent de nouveau et s'éloignent de leurs moyennes respectives.

À l'inverse, le climat des affaires est stable dans les services (109) et « s'éclaircit légèrement » dans l'industrie (108, +1 point), grâce à de meilleures perspectives sur « les carnets de commandes, globaux comme étrangers ».

L'amélioration est un peu plus importante dans le bâtiment (116, +2), davantage d'entreprises prévoyant une augmentation des prix qu'elles pratiquent même si elles sont moins optimistes sur leurs perspectives d'activité.

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La guerre en Ukraine, un boulet pour la reprise en France comme en Europe

La dégradation du climat des affaires est un indicateur économique français en plus qui flanche à cause du conflit en Ukraine. Après deux longues années de pandémie, les entreprises françaises souffrent de nouveau. Dans leur dernière note de conjoncture du 12 avril, les économistes de la Banque de France ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB pour le premier trimestre, passant de 0,5% à 0,25% (-0,25 point).

Les inquiétudes quant à un ralentissement économique touchent aussi la zone euro. Le Fonds monétaire international s'attend désormais à 2,8% de croissance au sein des pays de la zone euro, un sérieux ralentissement comparé aux 3,9% anticipés lors de ses précédentes prévisions en janvier et des 4,3% encore espérés lors de celles d'octobre. « Il s'agit d'une des révisions à la baisse les plus importantes de nos anticipations », a affirmé mardi 19 avril le nouvel économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, à l'occasion de la publication des prévisions économiques de printemps intitulées « La guerre fait reculer la reprise mondiale ».

Le mois dernier, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait déjà dressé un constat proche, estimant que la croissance de la zone serait amputée d'environ 1,4 point et que l'inflation y augmenterait de 2,5 points sur un an si les effets de la guerre s'avéraient durables.

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(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 21/04/2022 à 18:07
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La France est dans un état catastrophique tant en économie (commerce extérieur, endettement consommation entre autres) endettement maximum à 2.800 milliards d'euros (116% du PIB) contre 69% pour l'Allemagne. Contrairement à ce qu'a raconté MACRON hie...

à écrit le 21/04/2022 à 18:01
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etonnant? tu veux un velo, ya pas, tu veux une voiture, y a pas, sauf une electrique a 60.000 euros, tu veux une moto ya pas, tu veux une console y a pas, tu veux un ipad y a pas, tu veux un iphone, y a pas, sauf celui a 12.000 euros, avec diamants; ...

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