Le nombre d'emplois aidés dégringole

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L'emploi non marchand, qui a diminué du fait de la baisse des contrats aidés décidée par le gouvernement, devrait bénéficier du développement des contrats aidés nouvelle formule parcours emploi compétence selon l'Insee.
L'emploi non marchand, qui a diminué du fait de la baisse des contrats aidés décidée par le gouvernement, devrait bénéficier du développement des contrats aidés nouvelle formule "parcours emploi compétence" selon l'Insee. (Crédits : Reuters)
Les emplois aidés ont diminué de 339.000 en un an à la suite de la décision du gouvernement de vouloir restreindre ce type de contrat. Pour l'instant, les signatures de contrats aidés 'Parcours emploi compétences" promus par le gouvernement sont loin de compenser cette dégringolade.

Le nombre d'emplois aidés poursuite sa chute. Selon une étude du ministère du Travail (Dares) publiée récemment, le nombre d'emplois aidés est en baisse de 339.000 (-22,3%) sur un an. La diminution des contrats aidés (-41%) et des aides à l'embauche ciblées (-38,5%) sont les principaux facteurs qui peuvent expliquer cette dégringolade vertigineuse. La volonté du gouvernement de réduire considérablement ce type de contrat semble fonctionner à plein régime. Mais cette stratégie pourrait s'avérer risquée. En effet, la faible hausse des contrats en alternance (+4,1% en un an) est loin de compenser la baisse importante des emplois aidés. Pour le gouvernement qui ne cesse de rappeler qu'il faut réduire le chômage, la tâche est encore immense alors que la France fait encore partie des mauvais élèves de l'Union européenne. Selon les derniers chiffres de la Commission européenne, le taux de chômage dans l'Union européenne est tombé à 6,8% au sens du bureau international du travail en août dernier contre 8,1% en zone euro et 9,3% en France. Paris arrive ainsi en quatrième position du Vieux Continent derrière la Grèce, l'Espagne, et l'Italie.

Une baisse massive des emplois aidés

A la fin du mois de juin dernier, 280.000 salariés bénéficiaient d'un contrat aidé (*). Le nombre de jeunes en emploi d'avenir baisse de 8.000 au second trimestre et de 46.000 sur un an. Le nombre de contrats en CUI-CAE plonge avec -44.000 au second trimestre et -162.000 sur un an. Les principaux concernés seraient les moins de 26 ans et les plus de 55 ans, des populations souvent frappées par un chômage bien plus important que la moyenne nationale. Le chômage de longue durée est particulièrement visible chez les plus âgés.

> Lire aussi : Retour à l'emploi : le calvaire des chômeurs de longue durée

L'alternance loin de compenser

En parallèle des chiffres sur les emplois aidés, la publication des chiffres sur les contrats en alternance indique que les alternants sont loin de compenser la baisse des emplois aidés. Selon les derniers chiffres du ministère du Travail, le nombre de bénéficiaires d'un contrat en alternance s'élevait à 631.000 à la fin du mois de juin dernier, "quasi stable par rapport au trimestre précédent." Sur un an, les effectifs ont augmenté de 25.000 (4,1%). Sur ce total, 15.000 contrats d'apprentissage (+3,7%) et contrats de professionnalisation (4,8%) ont été signés. Par ailleurs, les demandeurs d'emploi bénéficiant de formation ont également diminué. Selon les données de l'étude, 228.000 personnes en recherche d'emploi étaient en formation à la fin du mois de juin en baisse de 11,8% par rapport à juin 2017 (-31.000).

Quelles perspectives ?

L'emploi dans le secteur non marchand a diminué au cours du premier semestre avec la baisse du nombre de bénéficiaires de contrats aidés. Pour l'Insee qui a publié le 4 octobre dernier sa note de conjoncture, "cette diminution serait atténuée par la montée en charge graduelle du nouveau dispositif de contrats aidés 'Parcours emploi compétences (PEC)." Entre janvier et juin, 43.000 contrats de ce type ont été signés. Lors de la présentation du budget 2019, le ministre des comptes publics Gerald Darmanin a confirmé que 130.000 emplois aidés seraient financés l'année prochaine contre 200.000 en 2018. L'entourage de la ministre du Travail Muriel Pénicaud expliquait récemment que "autour de 140.000 PEC" seulement devraient être conclus en 2018, une sous-consommation liée à "un basculement vers un dispositif plus qualifiant et plus contraignant pour les employeurs" d'après des propos rapportés par l'AFPPour de nombreuses collectivités et associations, la tâche pourrait s'avérer compliquée dans les prochaines années.

(*)parcours emploi compétences, contrat unique d'insertion, emploi d'avenir ou contrat dans une structure de l'insertion par l'activité économique.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2018 à 12:20 :
Les emplois aidés c’était surtout un moyen pour Hollande
de cacher des chômeurs sous le tapis avant les élections
A nos frais.....
a écrit le 07/10/2018 à 14:36 :
Alors, les 33600 maires et centaines miiliers des conseiiliers, presque tous attaches au l' economie locale donc d'un corruption bien possible, tous ceux, ne sont pas d'emplois aides?
a écrit le 07/10/2018 à 13:09 :
Y a plus de pognons , c'est pour cette raisons qu'en catastrophe ils ont sauté sur les petits vieux au retour de vacance . Apparemment ils maitrisent pas grand chose a par leurs prises de parole à la télé . Tout est dans la virtualité , par contre attention à l' atterrissage , ils auront déserté la DZ dans 4 ans
a écrit le 07/10/2018 à 11:15 :
Le mac est le secrétaire des multimmilliardaire, il prend aux pauvres pour donner aux riches., il prend à ceux qui consomment pour donner à ceux qui s'évadent fiscalement.

"Les pauvres ne sont pas riches mais ils sont tellement nombreux !"

LE déclin européen.
a écrit le 07/10/2018 à 9:32 :
du coup , on est en droit de se demander si le gouvernement tient tant que ça à enrayer le chômage ;
Réponse de le 08/10/2018 à 12:36 :
Emploi aidé ca doit servir en période de crise et on n est pas en crise. D ailleurs ils sont plutôt utilisés avant les élections, pas folles les guêpes.
Par ailleurs les emplois aidés n ont pas endigué notre chômage de masse sinon on le saurait hein.
a écrit le 07/10/2018 à 7:57 :
Toujours cette cuisine électorale! On gaspille l'impôt en dépenses pour créer des "faux" emplois; notre pays croule sous le problème du coût du travail et de dépenses militaires que nous ne pouvons plus assumer; s'y ajoute la lourdeur de notre structure administrative et réglementaire. L'élection présidentielle avait fait naitre l'espoir du retour au réalisme, mais cet espoir a été rapidement déçu; la faute à un manque d'habileté diplomatique flagrant et à des "réformes" qui se traduisent par une hausse de l'impôt, des comptes nationaux dégradés sans qu'on puisse espérer une amélioration du quotidien du Peuple. Notre Président ferait bien d'écouter et d'éviter de faire la leçon, mais apprend-t-on cela à l'ENA? Après dix huit mois aux affaires, chacun devrait déjà constater la pertinence de l'une de SES décisions dans sa vie de tous les jours. Je lève les yeux au ciel quand je penses à la fiche de paye 2019!
a écrit le 07/10/2018 à 0:11 :
Tant mieux puisqu'il ne s'agissait pas de vrais emplois. C'était du chômage caché rien de plus
a écrit le 06/10/2018 à 18:37 :
A Grenoble les restos du coeur ont dû arréter la distribution des repas chaud (100 à 150 par jour)..
Le cuisinier était un emploi aidé dont le contrat n'a pas été renouvelé par l'état...

Chez Emmaus ce sont 600 emplois qui vont disparaître, des chauffeurs, des responsables de centre, des responsables administratifs...

C'est ça le plan pauvreté de Macron ?
Réponse de le 08/10/2018 à 14:33 :
Pas de la haine, n’exagérons pas, mais une forme d'indifférence ou de déni, probablement.
Reste que les emplois aidés devraient être réservés aux structures œuvrant pour la collectivité et le lien sociétal. Ce n'est pas le travail qui manque dans le social, une part ayant été abandonnée par l’État, participant ainsi au délitement de la société. Ce qui l'oblige par ailleurs à compenser par des artifices, souvent inefficaces puisque la situation semble se dégrader.
Problème de fond plus que de fonds, car la dépense globale ne baissant pas, cela veut dire que l'argent est alloué à d'autres priorités, ou qu'il y a des gaspillages.
L'associatif, aussi organisé et structuré soit-il ne peut pas tout, d'autant dans un modèle économique laissant peu de place aux erreurs de parcours et aux accidents de la vie. La solution passera probablement par une simplification des aides sociales et par l'instauration d'un revenu minimum, quoi qu'il arrive. On pourrait considérer cette situation comme "normale" alors qu'elle ne l'est pas, puisque par ailleurs d'autres s’accordent des marges d'erreurs quasi infinies et des parachutes dorés.
a écrit le 06/10/2018 à 18:01 :
Mais très probablement des frais de taxi pour Agnès en plus.
Ça s’équilibre bien.
C’est très startup nation.

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