BCE : annuler les dettes des États "n'est pas une option"

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Au-delà des contraintes légales interdisant une telle pratique, les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie, et cela se terminerait en désordre financier, explique le banquier central italien Fabio Panetta.
Au-delà des contraintes légales interdisant une telle pratique, "les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie", et cela se "terminerait en désordre financier", explique le banquier central italien Fabio Panetta. (Crédits : Reuters)
Alors que certains économistes suggèrent cette idée, Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, a rappelé, dans un entretien accordé au journal Le Monde, que "l'annulation des dettes détenues par la banque centrale" n'est "pas une option pour la BCE".

La Banque centrale européenne a écarté ce mardi l'option d'une annulation de la dette d'États qu'elle détient en portefeuille, une idée suggérée par certains économistes pour faire face à l'impact de la pandémie de coronavirus.

"J'entends le débat, en France, sur l'annulation des dettes détenues par la banque centrale, mais ce n'est pas une option pour la BCE", déclare Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans une interview accordée au quotidien Le Monde.

Lire aussi : Budget : avec 40 milliards de plus pour les entreprises, la dette publique va s'envoler à 120,9% du PIB

Au-delà des contraintes légales interdisant une telle pratique, "les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie", et cela se "terminerait en désordre financier", explique le banquier central italien.

Ce dernier ne veut pas que se renouvelle l'expérience de l'Allemagne des années 1920, période d'hyperinflation durant laquelle les citoyens devaient "transporter des billets dans des brouettes parce que la monnaie avait perdu sa valeur".

"Ce n'est pas la façon de créer de la prospérité", et c'est "pour cela que les traités interdisent le financement monétaire", conclut M.Panetta.

Éternel débat

Au moment où les États en zone euro doivent s'endetter massivement en réponse à une récession sans précédent causée par la pandémie du coronavirus, la BCE a elle augmenté de 600 milliards d'euros son programme d'urgence pour racheter des obligations publiques et privées, doté initialement de 750 milliards d'euros.

Lire aussi : La BCE prévoit une profonde récession et "une incertitude exceptionnelle" (Ch. Lagarde)

Or, le Traité sur le fonctionnement de l'UE interdit à l'institution gardienne de l'euro d'annuler le remboursement à échéance d'obligations souveraines qu'elle détient en portefeuille.

La question d'une annulation de la dette par la BCE a nourri ces derniers temps un abondant débat en France, à l'image d'une tribune publiée dans Le Monde le 12 juin où une députée européenne et six économistes ont prôné l'annulation des dettes publiques rachetées depuis 2015 par la BCE, soit 2.320 milliards d'euros pour l'ensemble de l'UE, dont 457 milliards d'euros pour la France, à fin mai 2020.

L'Assemblée nationale a elle rejeté début juin une proposition de résolution de la France insoumise prônant "le rachat de la dette publique par la Banque centrale européenne", le gouvernement pointant des problèmes d'ordre "économique et politique" et une proposition "anachronique".

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Commentaires
a écrit le 21/06/2020 à 17:35 :
Pourquoi la BCE ne veut pas annuler la dette ?
Parce que en cas d émancipation souveraine d un état , les panzers remplis d obligations d état se mettra en route pour exiger leurs paiements .!
Amusant n est ce pas !!
a écrit le 19/06/2020 à 4:48 :
Cet article signifie pour les non comprenants une hausse vertigineuse de la contribution a venir du pays France a l'europe de Bruxelles.
En interne cela veut dire encore plus d'impots, TVA, impots immobiliers, plus values / transactions, notaires etc..... taxer est une specialite depuis Colbert.
a écrit le 18/06/2020 à 16:26 :
Si toute l'épargne repose sur la dette, il est difficile d'en faire le "reset"! Toute "la rente" en dépend, c'est bien pour cela que l'on utilise des "réformes", et non des adaptations, afin de ne rien changer!
a écrit le 17/06/2020 à 14:09 :
Tu m'étonnes que la BCE ne veuille pas d'une telle option... Leur option c'est...les peuples devront rembourser...donc austérité, austérité...mais pas pour tout le monde... écoeurant ce monde !
a écrit le 17/06/2020 à 13:22 :
La BCE comme les autres BC, est très loin d'être indépendante, quand on voit qui la dirige ou l'a dirigée comme Mario Draghi, ex de Goldman Sachs, ou J.C.Junker (Panama Papers) ou comme a été traitée la Grèce lors de sa crise financière de 2010 ...Dans la crise actuelle, il ne suffira pas de dire "il faut travailler plus" et condamner les états à l'austérité, surtout si il n'y a plus de travail ! C'est le rôle de la BCE de faire repartir l'économie sans qu'il soit besoin d'agiter en permanence la terreur de la dette et l'hyper inflation de Weimar de 1920 . D'autant que cette dette ne sera jamais remboursée : vous avez bien lu chers éditocrates, jamais ! (dixit Patrick Artus). A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles : La BCE devra monétise la dette en achetant les obligations d'états, mais sans les remettre dans le circuit financier
pour réduire son bilan. La véritable inflation c'est celle des actifs, pas celle des salaires!
Réponse de le 18/06/2020 à 15:44 :
Vous faites référence à cet économiste qui parmi tant d'autres n'avaient pas vu venir la crise de 2008. Voilà qui ne nous rassure pas du tout sur vos affirmations. Mais quoiqu'il arrive, le vrai problème Français, ce n'est pas cette dette covid qui est une nécessité pour empêcher la machine économique de s'écrouler. Non, ce qui devient de plus en plus inquiétant, c'est le déficit chronique, année après année, quelque soit la couleur politique du gouvernement.Car même si la dette covid était effacée, nous augmentons notre stock de dette (2400 milliards) de 100 milliards tous les ans. Alors quand on voit qu'il faudrait plus de budget pour la santé, la police, l'éducation, etc, comment sortirons nous de ce cercle infernal?
a écrit le 17/06/2020 à 7:28 :
La BCE prépare les esprits au grand effacement (great reset) annoncé en fanfare par le FMI pour Davos 2021.

Outre les interrogations concernant la procédure mise en place (effacement/diminution de la dette via notamment un changement des devises comme semblent suggérer certains sites?), les vraies questions seront les conséquences pour nous tous (dettes, épargnes, modes de vie).
a écrit le 17/06/2020 à 5:12 :
Il n'y a pas d'option autre que de payer ses dettes ou d'eviter d'en avoir. Elles se payent toujours d'une façon ou d'une autre. Si ce n'est pas en argent sonnant et trébuchant ce sera payé collectivement par un gros trou d'air dans l'économie du pays avec les ravages sociaux qui vont avec. Vouloir en faire une simple ecriture comptable c'est jouer avec l'avenir de nos enfants.
Réponse de le 18/06/2020 à 10:41 :
Bien sûr que si, les rois empruntaient de force au riches barons, et quand ils pouvaient plus rembourser ils leurs coupaient la tête... Là on a des multinationales qui se gavent sur notre dos a tous, autant leur "voler notre dû"... Sa reviendra au même et il garderont leur tête, tout le monde y gagnera.
a écrit le 17/06/2020 à 0:01 :
Le gouvernement français n'a que trop tendance à considérer la dette comme indéfiniment extensible, et négligeable.L'annuler c'est d'abord supprimer la traçabilité de la responsabilité polique des gouvernants. Dire que la dette publique a augmenté de 14% ces 3 dernières années est un indicateur de gestion collective significatif. Comme l'Etat est exemplaire par nature. il doit montrer le bon exemple à toutes les gestions collectives de France.
a écrit le 16/06/2020 à 21:17 :
il n'aura échappé à personne que les banques centrales organisent le renchérissement des actifs (bourse, immo, ...) pour que les jeunes et futures générations soient les cochons payant de cette histoire
a écrit le 16/06/2020 à 21:15 :
A force de prêter à tout va, la banque centrale européenne a complètement brouillé les règles de l'économie : Aujourd'hui, plus personne n'y comprend rien. L'homme de la rue a l'impression que finalement, l'endettement sans cesse croissant va continuer indéfiniment. Tout est subventionné, aidé, exonéré ... Mais alors, dans ce système, où tout le monde reçoit, qui paye ? Mystère ! Le plus dangereux, c'est que les plus pauvres s'habituent à la gratuité. Quand la gamelle sera vide, que va-t-il arriver ?
a écrit le 16/06/2020 à 15:16 :
si les banques centrales ont ete mises independantes, c'est precisemment pour que des politiciens verreux ne financent pas leurs promesses avec de l'argent qui n'existe pas...........a priori certains ont la memoire courte sur les bienfaits de l'impression de monnaie papier cul, facon weimar
le petit moustachu sympa car pas liberal pour deux sous qui a suivi, ca a ete un grand momenet de bonheur pour tous
et sinon, y a le zimbabwe de mugabe ( et ses 10aines de millions de% d'inflation), et plus recent, la sympathique republique populaire venezuelienne de l'ami de melenchon ( oui, celui qui veut annuler les dettes, comme maduro avec sa banque centrale), et ses 1 million de% d'inflation en 2019
que du bonheur pas liberal, et bienentendu ' finance par personne'
Réponse de le 16/06/2020 à 17:46 :
En l'occurence l'argent bonneteau est émis pour nos émirs si je puis dire c'est à dire les moustachus aka les oligarques jadis appelés les 200 familles, détenant les fictifs financiers qui montent qui montent qui montent : ya baigon vert !
Plus ça Lourdes plus ya d'miracles en bourse, c'est ça la nouvelle religion.
C'est de l'anti fordisme.
a écrit le 16/06/2020 à 14:45 :
Qu'en est-il si la BCE prête avec un taux négatif? On parle bien de masse monétaire?
a écrit le 16/06/2020 à 13:38 :
Ben oui faut bien que l'hypocrisie générale à laquelle seule l'oligarchie croit encore perdure.

Mais que font ils du pognon bon sang, ils le bouffent ???
a écrit le 16/06/2020 à 13:00 :
C'est une blague ?
L'argent qu'ils injectent (sic) façon réanimator est détourné par les banques pour alimenter la hausse des fictifs financiers (marché de l'occasion). Elles remboursent leur emprunt auprès de la BCE par cette hausse c'est à dire qu'elle détourne l'argent de la BCE de son emploi dans des investissements réelles, productifs, préparant l'avenir !

Ils préfèrent chouchouter une confiance dans la monnaie fantasmée en détruisant concrètement l'économie réelle ! Sauvons les banques pas les entreprises, inversion des valeurs, too big to fail, les banques devraient être au contraire nombreuses et se faire concurrence, elles sont la racine de l'économie, c'est vraiment mettre l'économie à l'envers, cul par dessus dette...
Un banquier est un généraliste (société générale) c'est à dire qu'il se fout ou n'est pas compétent en matière de sociétés extrêmement spécialisées de l'économie technologique.

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