Le recrutement des jeunes cadres toujours en berne

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Le pourcentage des jeunes diplômés du supérieur ayant trouvé un poste un an après la fin de leurs études est passé de 74% en 2007 à 62% en 2015.
Le pourcentage des jeunes diplômés du supérieur ayant trouvé un poste un an après la fin de leurs études est passé de 74% en 2007 à 62% en 2015. (Crédits : Décideurs en région)
61% des jeunes diplômés du supérieur (Bac +5 et plus) en 2014 avaient trouvé un emploi un an plus tard, soit une baisse de 1 point en un an, selon une étude de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Le nombre de CDI diminue de 9 points.

Certes, le recrutement de 177.000 cadres est attendu cette année. Mais selon la dernière étude de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), les jeunes diplômés Bac +5 n'en profitent pas, ou à peine. Pour ces jeunes munis d'un master ou d'un diplôme d'école de commerce ou d'ingénieurs, s'insérer dans le monde du travail continue d'être "la galère"... Toute proportion gardée cependant par rapport aux non diplômés.

Les entreprises frileuses pour recruter des jeunes dipômés

Ainsi, comme chaque année, l'Apec s'est attachée à suivre ce qu'étaient devenus 4.500 diplômés un an après la fin de leurs études. Là, il s'agit de la cohorte de 2014. Or, il apparaît que 62% des jeunes diplômés de niveau Bac+5 et plus de la promotion 2014 sont en poste un an après l'obtention de leur diplôme. Ce taux d'emploi est en recul de un point par rapport à  la promotion précédente. En 2007, cette proportion atteignait même 74%. Depuis, la crise est passée par là. Il faut dire que les recruteurs ne songent à embaucher qu'entre 33.000 et 39.000 jeunes diplômés en 2015, contre... 47.000 en 2007. Selon l'Apec, les entreprises préfèrent recruter des jeunes ayant déjà un à deux ans d'expérience.

Des conditions d'embauche moins favorables

Et pour les jeunes diplômés qui ont eu la chance de trouver un poste, les conditions d'emploi sont moins favorables que pour leurs aînés arrivés sur le marché du travail un an plus tôt. Ainsi, un jeune sur deux a décroché un contrat à durée indéterminée, soit une baisse de... 9 points, et 43% ont signé un CDD. De même, 57% ont obtenu directement le statut cadre, soit une baisse de cinq points sur un an. Quant au salaire médian brut annuel d'embauche, il s'élève à 25.700 euros pour la "promo" 2014, alors qu'il atteignait 29.400 euros pour la "promo" 2013.

Mais, bien entendu, l'insertion des jeunes diplômés dépend aussi fortement de la nature de leur diplôme. En 2015, les jeunes ingénieurs diplômés et ceux des écoles de commerce sont toujours les mieux lotis pour s'insérer avec un taux d'emploi de 71%, soit 9 points de plus que la moyenne. Alors qu'ils ne sont respectivement que 59% et 57% pour les masters universitaires et les doctorants.

Et, c'est le secteur des services qui absorbe davantage les jeunes (61%), contre seulement 21% dans l'industrie. Par fonction, 20% des jeunes qui ont trouvé un poste travaillent dans la "gestion, finance, administration", 17% dans "études, recherche et développement", 16% dans le "commercial", 11% dans les "ressources humaines".

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a écrit le 01/10/2015 à 18:24 :
Le recrutement serait en berne, ne fait-on pas des bourdes économiques? On remplacerait des emplois industriels par des fonctionnaires, n'est-ce pas absurde? Pour le chômage, le taux d’emplois est de 64% il est faible pour les séniors, mais on compterait 6 millions de chômeurs, ne devrait-on remettre en cause le modèle de croissance avec des objectifs dans la moyenne. Ne sommes-nous pas les cancres du G7 ? Les Allemands n’ont-ils pas un bon modèle avec une balance positive, une croissance meilleure, un taux de chômage faible et des excédents budgétaire avec une dette plus faible. L’Etat français ne dessert-il pas la société ? En quoi les relances monétaires et budgétaires sont-elles efficaces ? Les impôts, les fonctionnaires et 25% d’administration au pib, on trouve ça où dans le monde ? La moitié de la richesse produite viendrait d’entreprises étrangères. Le pib par habitant baisse dans l’Europe du Sud, n’avons-nous pas des problèmes de gouvernance ? Ne fait-on pas des chômeurs pour rien et une politique de demande sans offre ? L’ETAT CREE-T-IL L’EMPLOI ET LA CROISSANCE ?
a écrit le 01/10/2015 à 12:16 :
Ce concept du bac pour tous (merci Jospin) et bientôt de l'université pour quasiment tous (merci Hollande) est typiquement une doctrine socialiste dont on connaît parfaitement la finalité: des gens diplômés qui ne savent ni lire, ni écrire correctement. La France a besoin 1) d'entrepreneurs plutôt que de gens qui se gargarisent d'un diplôme qui ne vaut rien et 2) d'un environnement économique favorable plutôt que d'une accumulation de lois qui empêchent les entrepreneurs d'entreprendre. Mais cela, les oscialistes (et une grand partie aussi des autres) ne savent pas faire, ou peut-être ne veulent pas faire, de peur de ne pas être élus pour continuer à manger gratis au ratelier des contribuables !!!
Réponse de le 01/10/2015 à 13:13 :
Vous avez tout dit Patrickb.
Réponse de le 01/10/2015 à 23:11 :
Bonjour, moi je laisse les entrepreneurs entreprendre, mais il faut avant tout des consommateurs voir des contribuables. Mais en période de crise (ou post) le peuple gronde, la solution: "du pain des jeux" (RMI et télévision pour moi, j'ai 45 ans) la version moderne serai un IPhone et un compte Facebook.
Je conçois que les diplômés B+5 éprouvent de la difficulté pour s'insérer dans une société ou ceux qui travaillent sont plus productifs que des américains car la performance se dégrade en aval (charges, gaspillages, taxes, dispersions etc…)

BREF si les entreprises ont un besoin express de talents elles envisageront même les formations idoines dans le cas contraire (surabondance) les salaires d'embauche diminuent cela s'intitule la régulation.
PS: une pensée pour les 150000 sortants annuels sans diplômes de l'éducation nationale qui ont aussi leurs places dans l'économie de marché, car ils consomment à leur mesure.

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