Certains candidats socialistes font du revenu universel leur principal argument de vente pour conquérir les bulletins de vote lors des primaires. C'est notamment le cas des socialistes Manuel Valls, qui estime entre 800 et 850 euros le revenu minimum décent, et Benoît Hamon et de l'écologiste Yannick Jadot. A raison ? A tort, estime l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Dans une note publiée vendredi intitulée "Le revenu universel: une utopie utile?", l'OFCE juge cette proposition "irréaliste en pratique", précisant que "pour ne pas dégrader la situation des actuels bénéficiaires des minima sociaux, le revenu universel devrait être au minimum de 785 euros par mois et par adulte ". Il serait de 315 euros pour les enfants jusqu'à 18 ans, et de 1.100 euros pour les plus de 65 ans et les personnes handicapées.
Au total, le revenu universel coûterait 588 milliards d'euros aux finances publiques. C'est un montant brut dont il faut retrancher les économies réalisées en supprimant certains mesures sociales, soit 87 milliards d'euros de prestations et 22 milliards d'euros de suppression du quotient familial et conjugal. De fait, le coût serait ramené à 480 milliards d'euros, soit 22 points de PIB selon l'OFCE qui écarte les retraites, l'assurance-chômage, l'assurance-maladie et les prestations d'aide à la garde d'enfants du champ d'application du revenu universel
L'étude de l'OFCE fait une autre simulation : si le montant du revenu universel était de 1.000 euros par adulte, c'est à dire égal au niveau du seuil de pauvreté) et 300 euros par enfant, le coût atteindrait 674 milliards d'euros par an.
"Le montant global des sommes ainsi redistribuées serait extrêmement élevé" et "s'ajouterait en grande partie à un taux de prélèvement déjà particulièrement élevé en France", estime l'étude. "Le risque est grand alors que le financement du revenu de base ne s'effectue au détriment d'autres dépenses publiques ou sociales."
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A la place de ce qu'il considère comme une fausse bonne solution, l'Observatoire estime que pour lutter contre la pauvreté il est préférable d'alléger "fortement" les conditions d'obtention du RSA et de mettre en oeuvre concrètement "le droit de chacun à avoir un emploi" à court terme par une politique de relance économique.
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"A moyen terme, l'automatisation des travaux répétitifs devrait être considérée comme une bonne nouvelle et s'accompagner d'une politique de réduction de la durée du travail, dans l'année ou dans la vie", ajoute l'étude, citant l'année sabbatique et le non-report de l'âge de départ à la retraite.
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