Mort de Nahel : « Le risque est un embrasement comme en 2005 », Frédéric Dabi (Ifop)

Fanny Guinochet
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Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop
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LA TRIBUNE- Emmanuel Macron espérait tourner la page du conflit des retraites. La mort du jeune Nahel et les violences qui ont éclaté un peu partout depuis 24 heures chamboulent-elles ses plans ?
ÉDÉRIC DABI-
Oui. Après des mois où la préoccupation des Français se cristallisait sur la réforme des retraites, Emmanuel Macron voulait passer à autre chose. Il parlait des 100 jours, même si l'expression n'a pas vraiment été perçue par les Français. Son déplacement à Marseille visait à ouvrir d'autres chantiers, celui de l'école notamment.Avec les violences, après la mort de Nahel, il est sur une ligne de crête. Ces événements remettent sur le devant de la scène les critiques récurrentes qui lui sont faites sur l'inaction de l'Etat au niveau de la sécurité, de l'insuffisance des résultats.
Les Français, on le voit dans les enquêtes, font souvent le lien entre crise migratoire, problèmes sécuritaires et faits divers. Après le drame d'Annecy, après la professeur poignardée en plein cours, les soignantes violentées (dont une est décédée), le maire agressé... Beaucoup ont le sentiment que le pays n'est pas tenu, que l'Etat n'est plus maître chez lui, que le gouvernement est débordé.
Pour éviter des débordements, le gouvernement annonce d'importants déploiements de forces de l'ordre.
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Certes, il y a la question des moyens, des services publics qui parfois sont défaillants, et du déclassement du pays. Mais, dans les enquêtes d'opinion, il est frappant de voir que la question se pose surtout, pour les Français, autour de la décision : autrement dit, ce n'est pas tant le sujet du nombre de policiers, de moyens déployés, qui marque les Français, que celle de l'insuffisance pénale.
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Fanny Guinochet