Climat social, blocage politique : l'attractivité française fragilisée
Paul Marion
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Emmanuel Macron, lors du sommet Choose France 2022.
Reuters
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Emmanuel Macron, lors du sommet Choose France 2022.
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« Le chaos règne en France », titrait sans ambages The Times le 25 mars, cliché apocalyptique d'une rue de Paris noyée sous les détritus en flamme à l'appui. La presse internationale, y compris économique, n'a rien manqué des grèves et de la violente contestation soulevée par la réforme des retraites et son passage sans vote. Si certains articles exagèrent l'agitation dans la rue, l'image de la France hors de ses frontières en pâtit inévitablement, en premier lieu auprès des touristes.
« Il y a un impact sensible sur notre activité depuis deux semaines, en termes d'annulations et de baisse des réservations. Ce qui compte en matière de tourisme, c'est la perception. Les images, même si elles sont parfois déformées dans les médias étrangers, et les blocages des transports dissuadent certains touristes de venir », regrette Dominique Marcel. Le président de l'alliance France Tourisme aimerait à ce titre que le gouvernement rassure davantage les voyageurs sur l'état de la France.
Comme les touristes, les mouvements sociaux sont aussi très observés par les milieux d'affaires. « Les investisseurs sont sensibles à ce qu'il se passe dans la rue. Pour l'instant, ils ne paniquent pas. Il y a une forme d'habitude et de résignation au climat social bouillonnant. Mais cela les inquiète et les préoccupe », rapporte Marc Lhermitte, associé du cabinet EY, de ses récentes discussions avec des décideurs étrangers.
L'étude de la chambre de commerce franco-américaine (AmCham) parue en février confirme une dégradation de la perception de notre pays dans les cercles économiques outre-Atlantique, laquelle reste largement meilleure qu'il y a une décennie.
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Les investisseurs susceptibles de recommander la France comme une destination où s'implanter sont toutefois de moins en moins nombreux, en raison d'un « climat social perturbé ces derniers mois, avec des revendications salariales et des grèves importantes dans différents secteurs comme la pétrochimie ou la fonction publique » à quoi s'ajoute « une certaine instabilité des réglementations ». L'AmCham tempère ce mauvais signal en rappelant que les atouts historiques de la France tels que « sa position géographique, sa main d'œuvre qualifiée et sa recherche » demeurent.
Paul Marion