La revalorisation anticipée de 2% du salaire minimum le 1er novembre devrait suffire à couvrir la hausse des prix cette année. D’autant que l’inflation est restée très contenue en novembre.
[Article publié le vendredi 13 décembre 2024 à 10h23, mis à jour à 10h57]
Au 1er novembre, le Premier ministre démissionnaire Michel Barnier avait choisi de donner un coup de pouce, par anticipation, aux travailleurs qui perçoivent le salaire minimum. A cette date, le Smic avait été revalorisé de 2% par décret, atteignant 1.801,80 euros brut mensuels sur la base de 35 heures hebdomadaires.
En temps normal, le Smic bénéficie chaque année d'une hausse mécanique, calculée selon deux critères: l'inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE). Concernant l'inflation, justement, celle de novembre s'est affichée à 1,3% sur un an, selon l'Insee. Au cours des douze derniers mois, l'Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) atteint 1,7% et elle ne devrait donc pas dépasser 2% d'ici la fin décembre.
Fin novembre, le groupe d'experts sur le Smic indiquait déjà qu'au vu des chiffres provisoires de l'inflation, «la revalorisation automatique du Smic serait de 1,95% au 1er janvier 2025».
« Or, le gouvernement a décidé une hausse - qu'il a qualifiée d'anticipée - de 2% au 1er novembre 2024, soit un peu plus que l'estimation de 1,95% », ainsi, avec la confirmation d'inflation publiée ce vendredi, « il n'y aura pas de revalorisation supplémentaire au 1er janvier 2025 », expliquait le groupe d'experts. A moins qu'un nouveau gouvernement, dont le Premier ministre devrait être nommé ce vendredi matin par Emmanuel Macron, n'en décide autrement.
L'inflation reste stable
Dans le détail, l'inflation a légèrement baissé de 0,1% sur un mois, contre une hausse de +0,3% le mois précédent, principalement tirée par la baisse saisonnière des prix des transports aériens et une baisse des prix des services. Par ailleurs, la légère hausse des prix à la consommation sur un an s'explique par une baisse moins marquée qu'au mois précédent des prix de l'énergie (-0,7% après -2%), note l'Institut national de la statistique, tandis que la hausse des prix de l'alimentation a ralenti (+0,2% après +0,6% en octobre).
Sur un an, les prix des services ont aussi augmenté de 2,3% tout comme ceux du tabac (+8,7%), indique encore l'Institut. Les prix des produits manufacturés ont également baissé sur un an, de 0,3% en novembre après -0,2% en octobre.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Signe d'un repli de l'inflation sur le Vieux continent cette année, la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi ses taux directeurs de 0,25 point, point en réponse à une inflation proche de son objectif et une prévision de croissance revue en baisse, tout en signalant qu'elle allait sortir du cadre restrictif de sa politique monétaire.