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Pour François Bayrou, « la réconciliation du pays est nécessaire »

latribune.fr

Publié le 13 décembre 2024 à 07:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 15:49

Le nouveau locataire de Matignon devrait être nommé ce vendredi matin.

Le nouveau locataire de Matignon devrait être nommé ce vendredi matin.

Charles Platiau

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Plus d’une semaine après la censure du gouvernement de Michel Barnier, le président de la République a choisi de nommer son allié de la première heure, le président du MoDem, à Matignon. La cérémonie de passation de pouvoir se déroulera à 17 heures.

[Article publié vendredi 13 décembre 2024 à 8h46, mis à jour à 16h48] Emmanuel Macron a tranché. Le président de la République a décidé de nommer François Bayrou au poste de Premier ministre. Une décision qui a pris finalement plus de temps que prévu, une semaine après la censure du gouvernement de Michel Barnier à l'Assemblée nationale. Et ce, alors que mardi, le chef de l'Etat avait promis de faire son choix « dans les 48 heures ».

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Le président de la République a donc fait le choix de nommer son allié de la première heure, l'artisan de la victoire en 2017. Pour lui faire part de sa décision, il l'a reçu tôt ce matin aux alentours de 8h30 au palais de l'Elysée. Un entretien qui s'est déroulé durant 1h45, et à la suite duquel François Bayrou s'est éclipsé discrètement, sans un mot. A noter : les services du nouveau Premier ministre ont annoncé que la cérémonie de passation de pouvoir se déroulerait à 17 heures.

« Réconciliation »

Tout juste nommé vendredi, le nouveau Premier ministre a assuré qu'il y avait « un chemin à trouver » menant à la « réconciliation nécessaire » du pays. « Tout le monde mesure la difficulté de la tâche », a déclaré le chef de l'exécutif à la presse, en sortant de ses bureaux du Haut-commissariat au Plan.

« Tout le monde se dit qu'il y a un chemin à trouver qui réunisse les gens au lieu de les diviser. Je pense que la réconciliation est nécessaire », a-t-il ajouté, citant notamment la figure d'Henri IV sur qui il a « beaucoup écrit ». Et de poursuivre : « Quand vous faites un chemin et que vous savez où vous allez, il n'y a pas une minute de perdue, pas une minute désagréable ». Le patron du Modem a aussi cité des paroles attribuées à François Mitterrand lorsqu'il a été élu président en 1981: « Enfin, les ennuis commencent ».

Un allié historique du chef de l'Etat

Âgé de 73 ans, le maire de Pau est un allié historique du chef de l'Etat. Pour rappel, il avait rallié le candidat En Marche lors de la campagne présidentielle 2017. Le désormais nouveau locataire de Matignon avait d'ailleurs été nommé ministre de la Justice au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Mais l'homme politique avait démissionné au bout d'un mois, en raison d'une enquête sur des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement européen. Le chef centriste avait ensuite été nommé Haut-commissaire au plan en août 2020.

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Il incarne au moins autant qu'Emmanuel Macron le dépassement du clivage gauche-droite qu'il est le premier à avoir théorisé, autant qu'il a promu la culture du compromis. L'arrivée à Matignon de l'expérimenté centriste ne fait pas non plus l'unanimité dans l'ensemble de la classe politique. Tout particulièrement chez certaines composantes de la gauche, notamment LFI et EELV, qui voient dans sa nomination la poursuite de l'aventure macroniste, sans réel changement de cap politique.

Censure chez une partie de la gauche

D'ailleurs, peu après la confirmation de la nomination de François Bayrou, plusieurs ténors de La France Insoumise (LFI) ont annoncé que l'essentiel de leurs députés voteront d'emblée une censure du nouveau chef de l'exécutif. Idem pour la patronne des écologistes Marine Tondelier, qui sur BFMTV, a annoncé que ses députés n'auront « d'autre choix » que de censurer le gouvernement, s'il ne change pas de politique économique, et s'il garde « Bruno Retailleau à l'Intérieur ».

De son côté, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel n'a pas menacé de censure François Bayrou, mais a réclamé sur X « un changement de cap politique, le respect du Parlement et pas de 49-3 ». Quant au Parti socialiste, celui-ci a notamment demandé vendredi au nouveau Premier ministre François Bayrou de s'engager à renoncer au 49.3, en échange d'une non-censure des députés socialistes. « Ainsi que nous lui avions indiqué et en cohérence, les socialistes ne participeront pas à votre gouvernement et demeureront dès lors dans l'opposition au Parlement », a aussi précisé sur X Olivier Faure, premier secrétaire du PS.

Pas de censure « à priori » du RN

Attendue, la réaction de Jordan Bardella, président du RN, ne s'est pas faite attendre : « II n'y aura pas de censure a priori » du gouvernement que composera François Bayrou, a-t-il exprimé au micro de BFM TV. Avant de rappeler : « Ce nouveau Premier ministre doit entendre qu'il n'a pas de légitimité démocratique ni de majorité à l'Assemblée nationale. » Quant à Eric Ciotti, dont le nouveau parti, l'Union des Droites pour la République (UDR), est devenu un allié du RN, il a aussi assuré qu'il ne censurera pas le nouveau gouvernement « a priori ».

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RN, LFI, PS... Qui pourrait (ou non) censurer le gouvernement Bayrou

Silencieux pendant plusieurs heures, les députés des Républicains ont conditionné vendredi la participation de leur parti au gouvernement au « projet » que leur présentera le nouveau Premier ministre François Bayrou, reconnaissant que leur choix est moins « facile » qu'avec son prédécesseur Michel Barnier, ont indiqué à l'AFP des participants à une réunion de groupe.

Les félicitations d'Ursula von der Leyen

Parmi les dirigeants étrangers ayant été les premiers à saluer la nomination du nouveau Premier ministre, on trouve la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Dans un message en français sur le réseau social X, celle-ci a félicité François Bayrou pour sa nomination, estimant qu'il avait « toujours eu l'Europe à cœur ». « Travaillons tous ensemble à une Europe plus forte, plus compétitive et qui a les moyens de se défendre », a-t-elle ajouté.

Une priorité: le budget

Le nouveau Premier ministre arrive dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Pour parer au plus pressé et assurer la continuité de l'Etat, un projet de « loi spéciale » a été présenté mercredi en Conseil des ministres. Un fait exceptionnel pour une équipe démissionnaire.

Cette loi spéciale a été adoptée à l'unanimité jeudi en commission des finances de l'Assemblée nationale, mais amendée d'une mesure d'indexation du barème de l'impôt sur le revenu. Et ce, malgré l'avis négatif rendu par le conseil d'Etat, l'ajout de cette mesure présentant des risques d'inconstitutionnalité. Cette dernière doit être votée en séance publique, lundi prochain, au Palais Bourbon avant d'être examinée par le Sénat le 18 décembre.

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Cette loi spéciale ne peut être que provisoire... François Bayrou devra s'atteler très rapidement à la rédaction d'un budget pour 2025, avec pour objectif de le faire adopter par le Parlement au début de l'année prochaine. Une mission très délicate au regard de la composition politique de l'Assemblée nationale et des risques de censure.

(Avec AFP)

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