Léa Moukanas, au chevet des ados malades
Eva Roque
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Un jour de juin 2016, Léa a débarqué devant les portes de la clinique parisienne Édouard-Rist. Quatre camarades auraient dû l'accompagner. Ils étaient vingt-deux. Quelques minutes plus tard, vingt-deux autres ados les rejoignaient et transformaient une salle de l'établissement en un lieu de fête et de partage dans laquelle résonnait la musique d'Orelsan mêlée aux conversations joyeuses de ces rencontres adolescentes. Des lycéens en pleine forme face à de jeunes patients, dont certains atteints d'un cancer.
Léa Moukanas a alors 16 ans, elle préside l'association Aïda depuis un peu plus d'un an et voit enfin la concrétisation des efforts des derniers mois. Elle garde un souvenir très précis de cette journée, de cette euphorie qui emporte tout le monde, qui rend heureux des bénévoles et ces jeunes hospitalisés. Elle n'a rien oublié du regard de Justine qui l'a traînée dans sa chambre pour quelques morceaux de piano et qui lui a simplement dit : « Merci. C'était cool. Je me suis sentie jeune à nouveau, et pas malade. »
Aujourd'hui, l'association intervient dans 50 hôpitaux de 15 villes de France, compte 20 salariés et forme chaque année 2500 bénévoles. Moyenne d'âge : 17 ans ! Léa en a 22 désormais, a grandi au rythme de « Aïda », a passé des années à construire cette aventure à l'âge « où vous devez vous construire. Résultat, suis en avance sur des sujets. Et en retard sur d'autres » dit-elle dans un immense éclat de rire.
Avec une énergie impressionnante, elle raconte cette histoire sans jamais céder à une quelconque forme de pathos, sans jamais chercher à nous émouvoir, préférant mettre en avant l'action de l'association et les projets qu'il reste à réaliser. Pourtant, en parcourant son livre Je veux être utile. L'engagement n'a pas d'âge (édition Robert Laffont, 2022) où elle revient en détail sur son parcours, difficile de retenir cette satanée larme qui perle au coin de l'œil.
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Il faut une certaine dose de courage, de volonté, pour arpenter à longueur de journée les couloirs des hôpitaux, les chambres des ados malades à leur domicile, parfois les services de soins palliatifs et garder le sourire pour ces patients âgés de 15 à 25 ans et qui ont été invisibilisés dans le système de santé. Un âge où l'on fait les premiers choix de vie, où l'on refuse l'autorité parentale. Où le « non » est une réponse quasi systématique. L'histoire de Léa est celle d'une jeune fille à qui les adultes ont beaucoup dit non et qui a répondu par... oui !
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Eva Roque