Dans la fonction publique, l'hypothèse d'un « État-RN » effraie

Nicolas Prissette
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Un « stress test » au sommet de l’État.
© LTD / Doriano Strologo pour La Tribune Dimanche

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Un « stress test » au sommet de l’État.
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La direction de la sécurité extérieure, qui compte 7 200 agents secrets travaillant au péril de leur vie, tombera-t-elle aux mains d'un sympathisant de Vladimir Poutine ? Le Conseil constitutionnel verra-t-il s'asseoir à sa table, l'an prochain, un membre d'extrême droite, courant politique qui a combattu la création de la Vᵉ République et qui continue d'y voir un frein à ses desseins ? La SNCF, bastion de la CGT et de Sud, peut-elle être dirigée par un patron qui abhorre les syndicalistes ?
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Ces questions autrefois ubuesques taraudent aujourd'hui les hauts fonctionnaires. Et ce ne sont pas leurs seules angoisses... L'installation potentielle de Jordan Bardella à Matignon fait l'effet d'un « stress test » (test de résistance) pour l'appareil d'État. Le Premier ministre, chef de l'administration, dispose en effet d'un pouvoir de nomination - partagé avec le président de la République. En outre, depuis la réforme constitutionnelle de 2008, les trois cinquièmes des membres des commissions parlementaires du Sénat et de l'Assemblée peuvent bloquer la nomination d'un candidat désigné par le chef de l'État, pour 55 postes clés au sommet des autorités indépendantes et des principales entreprises publiques.
Nicolas Prissette