ENTRETIEN. Dans un contexte économique tendu, Laurent Fraisse, directeur régional de la Banque de France en Bourgogne-Franche-Comté, décrypte les défis des entreprises de la région, appuyé par une enquête auprès de 1 258 entreprises.LA TRIBUNE : Quelle est la conjoncture régionale actuelle en Bourgogne-Franche-Comté ?
Laurent FRAISSE : Les entreprises de la Bourgogne-Franche-Comté font face à plusieurs défis, principalement liés à la composition de la région. Nous observons une baisse significative de la demande, tant dans l'industrie que dans le bâtiment (qui annonce une perte de chiffre d'affaires de 0,2% en 2025). Les carnets de commandes se réduisent, ce qui pourrait signaler des difficultés à venir pour 2025. Cette baisse de la demande affecte également les services, notamment le transport. Toutefois, ils s'en sortent mieux car lors de notre enquête, les chefs d'entreprise déclarent une hausse de l'activité de 8 points en janvier 2025.
De plus, la région souffre d'une baisse démographique, aggravée par le vieillissement de la population. Ceci entraîne une diminution du nombre d'actifs, ce qui n'est pas propice à la croissance économique. Globalement, la combinaison de ces éléments crée un climat d'incertitude qui pèse sur les perspectives de développement.
Quels secteurs sont identifiés comme potentiellement porteurs pour une reprise économique en 2025 ?
Selon les chefs d'entreprise interrogés, la stabilité pourrait être retrouvée en 2026, avec des secteurs clés tels que le nucléaire, particulièrement présent en Saône-et-Loire, et la viticulture. Bien que ce dernier secteur ne soit pas le principal sujet de notre étude, il est important de noter que la viticulture en Bourgogne se maintient bien, contrairement à d'autres régions françaises, telles que le bordelais ou les vins du Sud. Cela représente un atout économique considérable, et le négoce de vin contribue à la richesse régionale. Ces secteurs pourraient jouer un rôle crucial dans la revitalisation de l'économie locale.