Les chefs d'entreprises ont-ils raison d'être inquiets ?

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Heureusement pour l'économie française, la consommation des ménages reste relativement soutenue.
Heureusement pour l'économie française, la consommation des ménages reste relativement soutenue. (Crédits : BENOIT TESSIER)
Pour 43% des dirigeants interrogés par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/Europe 1 dans le cadre de « La grande consultation », aucun des principaux candidats à l'élection présidentielle ne les rassurent. D'où leur inquiétude. La situation conjoncturelle accentue-t-elle ces craintes de lendemains peu glorieux ?

Certains indices conjoncturels témoignent d'une remontée progressive de la confiance des agents économiques, ménages et entreprises. C'est une tendance observée lors des dernières élections présidentielles. Le millésime 2017 n'échappe pas à cette règle.

Néanmoins, lorsqu'on les interroge sur les ambitions des principaux candidats à l'élection présidentielle, les dirigeants d'entreprises sont plus que dubitatifs. Ils sont inquiets.

En effet, interrogés par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1 dans le cadre de "La grande consultation"*, 43% d'entre eux estiment qu'aucun des cinq principaux candidats ne propose de politique économique meilleure que celle de ses concurrents. Ils sont 41% à avoir le sentiment qu'aucun des présidentiables n'est à leur écoute. Ils sont 39% à reconnaître "ne voir en aucun d'eux une incarnation du changement en matière de politique économique", précise la Grande consultation.

Cette inquiétude est-elle alimentée par la conjoncture actuelle ? Ce ne serait pas très logique. Certes, l'économie française peine à retrouver un rythme de croissance comparable à celui observé entre 2000 et 2008 et à résoudre le chômage de masse. Encore convalescente après la crise de 2008-2009 qui a profondément fragilisé son tissu productif, la France a vu son potentiel de croissance annuel passer de 2,5% à moins de 1,5%.

Un premier semestre encourageant

Néanmoins, les signaux témoignant d'un redressement progressif de l'activité se multiplient. Après avoir timidement progressé de 1,1% en 2016, soit 0,4 point de moins que ce que la loi de finances 2016 envisageait lors de son vote au parlement, l'activité accélérerait enfin cette année. En effet, selon la dernière note de conjoncture de l'Insee, le PIB progresserait de 0,3% au premier trimestre puis de 0,5% au deuxième trimestre. Si ces prévisions se réalisent, l'acquis de croissance, qui correspond à la croissance annuelle si l'activité stagne au second semestre, s'élèverait à 1,1% à la fin juin.

De fait, avec une telle "reprise", la prévision de croissance sur laquelle a été bâtie la loi de finances 2017 - fixée à +1,5% par Bercy - devient désormais réaliste. Jusqu'ici, celle-ci a été jugée trop ambitieuse par la plupart des économistes. Le consensus s'établit à +1,2%.

Presque tous les moteurs tournent

Si l'Insee envisage un rebond printanier de l'activité, c'est parce qu tous les moteurs de la croissance sont allumés. Ou sont en passe de l'être. Ainsi, la consommation des ménages doit augmenter de +0,2% et de +0,4% au premier et au deuxième trimestre. Atones depuis 2015, les dépenses des administrations publiques reprennent des couleurs (+0,4% lors de chaque trimestre), stimulées par les collectivités locales. Quant à l'investissement, il continue de progresser, que ce soit celui des entreprises (+0,9% et +0,5%) ou celui des ménages (+0,9% et +1%). Même le commerce extérieur retrouverait des couleurs.

Après une année 2016 très mauvaise, qui s'est soldée par une augmentation du déficit commercial, les exportations repartent à la hausse, stimulées par le redémarrage de l'activité de la zone euro qui absorbe environ 60% des exportations françaises. "Au total, la croissance resterait solide dans la zone euro, à +0,4 % au premier trimestre puis s'élèverait un peu au deuxième trimestre, à +0,5 %, du fait de l'investissement privé et des exportations", précise l'Insee dans sa note de conjoncture. Fin juin, les exportations progresseraient de 2,6% selon l'Insee. En 2016, elles n'avaient augmenté que de 1,1%.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2017 à 8:33 :
Le néolibéralisme déshabille les petits pour habiller les gros, avec une logique aussi aliénante il est évident qu'à part les très gros personne n'est à l'abri de sa voracité.
a écrit le 28/03/2017 à 19:22 :
"Les chefs d'entreprise ne voient en aucun candidat une incarnation du changement en matière de politique économique". Ils ont raison en période d'élection de demander plus, mais toujours plus ça peut finir par lasser ceux qui font tourner la machine, les ouvriers, les employés, de plus en plus de cadres. A force de tirer sur une corde, elle finit toujours par casser.
a écrit le 28/03/2017 à 17:45 :
Impossible d'investir dans quoique ce ce soit .... c'est le flou artistique le plus grand !
Réponse de le 29/03/2017 à 2:26 :
quand il n'y a plus d'activités dans un pays, tout peut marcher !!!!! et en France, il n'y a plus d'activité
a écrit le 28/03/2017 à 17:37 :
C'est le programme le Pen qui séduit le moins car la perspective d'une sortie de l'euro pour les entreprises est très coûteuse, durablement problématique et un vrai chaos technique et administratif dont elles n'ont pas besoin actuellement. On constate qu'au Royaume-Uni, l'Ecosse et éventuellement l'Irlande vont faire des référendum pour rester dans l'Union européenne. Le Pen trouvait super le Brexit, c'était comme à son habitude parler vite sans réfléchir. Idem pour Trump qui n'arrive pas à faire passer ses réformes. Poutine peut rigoler lui qui a mis son pays en difficulté économique chronique, il va grâce à ses financements du FN peut-être pouvoir assister à pire en France grâce au naufrage de Marine le Pen si elle est élue.
Réponse de le 29/03/2017 à 2:29 :
non une sortie de l'€ serait juste compliquée et vu l'état de ce pays ce pourrait être une solution : dans un pays ou personne ne veut plus travailler, une sortie de l'€ obligerait chacun à travailler !!!! un mal pour un bien ?????
a écrit le 28/03/2017 à 17:09 :
Un chef d'entreprise doit entre autre, PRÉVOIR.
Les programmes des candidats, surtout parce qu'ils ne sont pas vraiment réalisables, les mets dans une situation non enviable . A savoir même si on doit arrêter tous les projets en cours avant le résultat de la Présidentielle, où la visibilité pourrait peut-être s'éclaircir.
a écrit le 28/03/2017 à 17:05 :
La solution consiste à financer les retraites et le chomage par une taxe sur la consommation d'énergie. Si on ne le fait pas tout de suite, AIRFRANCE disparaitra en priorité, puis d'autres entreprises progressivement comme cela a été le cas déja pour de nombreuses entreprises. Mais personne n'a l'air de prendre cette proposition au sérieux.
Réponse de le 29/03/2017 à 2:31 :
taxes, taxes, vous n'avez aucun autre mot dans votre vocabulaire ??? sans compter que l'énergie est vitale : comment faire marcher une machine sans electricité ou gasoil ?????????????????????????

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