Les élections régionales de tous les dangers

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(Crédits : Jean-Paul Pelissier)
POLITISCOPE. Après la Berezina des Municipales, En Marche craint une nouvelle déroute aux Régionales et aux Départementales. Si tout va bien, elle devraient avoir lieu en juin, dans le cadre d'une campagne de tous les dangers, tant les virus rôdent : le corona avec ses variants, mais aussi celui de l'abstention et celui de la Présidentielle de 2022, tapie dans l'ombre et arrière-pensée de tous les barons et baronnes de la République.

Ces derniers jours, dans la presse, c'est un peu la foire aux sondeurs. L'élection présidentielle approchant, chaque commentateur y va déjà de son pronostic. Et les précieux sondages sont là pour remplir l'espace politique. Avant cette élection, ô combien cruciale sous la Vème République, se profile pourtant à grands pas d'autres échéances électorales : les élections régionales et départementales. Avec l'épidémie, celles-ci passent pour l'instant au second plan de l'agenda médiatique. Pour la structuration des forces politiques dans notre pays, elles sont pourtant particulièrement signifiantes. Et après la Bérézina d'En Marche ! aux dernières municipales, elles donnent pas mal de sueurs froides aux hiérarques de la majorité présidentielle...

Ces élections qui assurent le maillage politique intermédiaire dans notre pays auront lieu en juin. Enfin, si tout va bien : « Elles devront intervenir au plus tard le 20 Juin, nous assure un responsable macroniste. Car, après cette date, on se rapproche trop des grandes vacances d'été, et il y a le risque d'une trop forte abstention comme on a pu le voir lors du second tour des élections municipales. Sans parler de l'épidémie... Qui va accepter de tenir des bureaux de vote alors qu'aux dernières municipales, beaucoup d'assesseurs se sont fait contaminer. » Une chose est sûre : le texte législatif censé organiser ces élections doit arriver à l'Assemblée Nationale pour étude le 16 février prochain, et la décision finale doit intervenir le 1er avril. A priori, la perspective de voir repousser les élections régionales après la présidentielle n'est plus d'actualité, tant cette proposition a suscité les récriminations des oppositions. Exit ce plan B donc, mais certains élus proposent désormais de dissocier élections régionales et élections départementales... pour éviter de susciter trop de rassemblements politiques en ces temps de Covid-19.

À droite, ces régionales sont stratégiques à plus d'un titre : car des barons locaux comme Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, ou Valérie Pécresse en Île-de-France, y voient déjà l'occasion d'asseoir leur légitimité présidentielle dans leur propre camp. « Car si Xavier Bertrand semble s'imposer de plus en plus comme le candidat naturel des LR, au sein même des LR, beaucoup ne veulent pas de lui encore », remarque un militant. Pour le baron du Nord, les régionales sont donc une véritable élection primaire qui ne dit pas son nom.

A la recherche de candidats En Marche

Du côté de la majorité, on ne se bouscule pas pour concourir à ces prochaines régionales. Plusieurs ministres, notamment Jean-Michel Blanquer pour l'Île-de-France, ont fait savoir qu'ils n'étaient pas intéressés. Déjà échaudés d'avoir subi de cuisantes défaites aux municipales, les macronistes essayent pourtant de susciter des vocations électives. « Mais pour ne rien arranger, tout cela doit se faire dans la "maison commune" censée rassembler LREM, le Modem, mais aussi Agir, Territoires de Progrès, et potentiellement En commun, autour d'Hugues Renson et Barbara Pompili », se désespère un macroniste de la première heure. Bref, il y a à la fois pas assez de prétendants, trop de boutiques, et surtout trop peu de têtes d'affiche ! Dans ce rayon, seul François de Rugy, l'ancien président de l'Assemblée Nationale, semble vouloir relever le défi des régionales en se présentant dans les Pays-de-Loire.

En Île-de-France, point de Blanquer donc, ce qui ferait les affaires de Laurent Saint-Martin, député du Val de Marne, que beaucoup voit comme un candidat sérieux. Cet ex socialiste n'est pas n'importe qui dans l'actuelle majorité : il est le rapporteur général du budget à l'Assemblée Nationale. En Normandie, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe revient aux fondamentaux du macronisme du 2017, car l'ancien fidèle d'Alain Juppé soutient Laurent Bonnaterre, maire Territoires et Progrès de Caudebec-lès-Elbeuf, qui n'a rendu sa carte du PS qu'à l'automne 2019. « D'une certaine manière, il se rappelle à ses bonnes années rocardiennes ! Et il veut par tous les moyens virer ses anciens collègues de droite à la tête de la région », commente un transfuge de droite à LREM.

L'Occitanie, région test pour Marine Le Pen

Mais s'il y a une région qui suscite l'inquiétude dans les rangs de la majorité, c'est l'Occitanie. Car cette fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, pourrait se révéler hasardeuse en ces temps de dégagisme. Pour l'instant, Jean Castex y pousse la candidature de Vincent Terrail-Novès, un élu local issu de la droite (il est maire de Balma, et vice président de Toulouse Métropole), pour mener la liste LREM. Les sondages n'augurent pourtant rien de bon. Entre la socialiste Carole Delga, et les candidats d'extrême-droite, ne permettraient pas au candidat étiqueté LREM de se maintenir au second tour.  Dans les sondages, la liste RN et une hypothétique liste de Robert Ménard et Brigitte Barèges, maire LR de Montauban, sont au coude à coude. Et en cas d'alliance au second tour, ils pourraient remporter la région. Un scénario catastrophe pour LREM à moins d'un an de la présidentielle.

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Commentaires
a écrit le 08/02/2021 à 5:06 :
Macron sera réélu, par défaut et quoiqu'il en coûte. Tout simplement parce que les LREM/Modem/PS/Ecolos ont organisé le système politique français pour qu'il n'y est plus que Jupiter et les deux extrêmes, quitte à écraser la démocratie. On va faire peur aux français avec le RN, ça marchera, et hop ni vu ni connu...
a écrit le 07/02/2021 à 12:49 :
la région PACA et non sud l'insulte à cette région comme décidé par le technocrate président. Cette région a été lors de la précédente élection le symbole du mensonge pour être élu. Un des prétendants avait promis un lycée dans l'est du var jusqu'aller poser la première pierre élection finie le sbire élu voilà qu'il nous apprend que cela ne se fera pas. Il est dommage que les élus locaux n'est pas rendu leur écharpe devant un tel mensonge. Voilà un vrai visage de promesse pour être élu. Heureusement voilà 2022 et notre mémoire est intacte sur ce mensonge pour être seulement élu au détriment de la jeunesse. Ces élus de cette région croient que le fait d'être d'une couleur politique très soutenue localement fait qu'ils sont intouchables NON la couleur politique nest plus un gage de siège assuré. Aujourd'hui les mêmes nous font de grands discours sur nos jeunes belle hypocrisie.
Réponse de le 08/02/2021 à 10:26 :
"Les promesses n'engagent que ceux qui les ecoutent". Henry Queille.
a écrit le 07/02/2021 à 10:59 :
voila la campagne électorale a démarrée sous des visages masqués des promesses a foison pour les crédules deja dupés * dans cette démocratie inégalitaire..les gilets jaune avait donc raison par anticipation
a écrit le 07/02/2021 à 10:58 :
voila la campagne électorale a démarrée sous des visages masqués des promesses a foison pour les crédules deja dupés * dans cette démocratie inégalitaire..les gilets jaune avait donc raison par anticipation
a écrit le 07/02/2021 à 10:30 :
Les médias font du préchauffage sur les régionales, parce que ça ne coûte pas cher et qu'ils n'ont rien d'autre à raconter.
Des régionales qui ne changeront vraisemblablement pas grand chose, puisque la plupart des régions sont déjà tenues par des partis d'opposition.
Bref : encore beaucoup de bruit pour rien....
Lassant, à la fin...!
a écrit le 07/02/2021 à 10:26 :
Le lapin il aime bien le poisson alors il va aller a la pêche. Très très éventuellement il ira voter contre au second tour de la présidentielle mais faudrait vraiment qu'il y en ai un que je ne puisse pas plus piffrer pire que l'autre, c'est pas évident.
En 2017 juju avait fait 18.19% des inscrits, le prochain arrivera difficilement a 15.
La france va être de plus en plus compliquée a gouverner. Ils ont intérêt a se réinventer fissa.
a écrit le 07/02/2021 à 9:30 :
Lorsque l'on voit ce qui se passe sur la commune de TRAPPES 78 et que la République à baissée le pantalon, les gens de plus en plus sont inquiets.
a écrit le 07/02/2021 à 8:34 :
Tu parles, que ce soit n'importe lequel de ces gugus, les responsables de ce marasme ne seront jamais inquiétés.

Les souris votent pour les chats.
a écrit le 07/02/2021 à 0:05 :
Si vous aviez amélioré la vie des citoyens français, vous auriez pas a craindre cette élection ni la prochaine présidentielle... Mais quand on prélève sur les APL, la csg des retraites, et quand même temps on fait poser une piscine de vacances, change ma vaisselle de l'élysée... faut pas trop espérer être réélu...
Si on reprend maintenant les grèves qui ont précédé et qu'il y avait pas d'argent pour les plus pauvres alors que maintenant on donne des millions aux grands groupes mumtinatilnnaux... faut bien dire que vous êtes expert en suicide électoral...
Réponse de le 07/02/2021 à 9:33 :
En parlant d'APL :

Coupe de 5 euros par mois en 2017, désindexations régulières par rapport à l’inflation depuis 2018, réduction du loyer de solidarité, suppression des APL accession… Les aides personnelles au logement ont fait l'objet d'attaques incessantes de la part du gouvernement depuis 2017, dénonce la Fondation Abbé Pierre, dans son rapport annuel sur l’état du mal-logement. “Alors que le coût du logement est toujours plus lourd dans le budget des ménages, surtout ceux frappés de plein fouet par la crise, le gouvernement a non seulement refusé de revenir sur les coupes effectuées dans les APL depuis trois ans, mais en a effectué de nouvelles”, regrette la Fondation. En cause : la réforme dite de “contemporanéisation des APL”, entrée en vigueur en janvier 2021. Ainsi, en tenant compte de l’évolution de tous les paramètres rentrant dans le calcul des APL, tels que l’évolution du R0 (un forfait servant à fixer le montant maximal de l'aide des ménages ayant les revenus les plus bas) ou la simple évolution des barèmes, et en les rapprochant de toutes les coupes budgétaires opérées depuis 2017, le rapport évalue le montant total des économies réalisées sur les APL… Celui-ci s’élève à 3,7 milliards d’euros pour l’année 2021. Au global, en cumulant l’effet année après année, la Fondation calcule que le gouvernement a réalisé plus de 10 milliards d’euros d’économies depuis 2017 !
a écrit le 06/02/2021 à 18:36 :
Comment peux t'on voter pour LREM alors qu'ils nous ont mis sous cloche et privés de liberté essentielle depuis un an et ce n'est pas fini.
Ils ont ruiné la France sous la pression de l'inquisition médicale.
On est pas en Corée du nord.
Réponse de le 06/02/2021 à 23:29 :
Si vous vous souvenez que de ca faudrais vous faire soigner, et les 3 ans de grèves qui ont précédé le covid vous les avez déjà oublie ?
a écrit le 06/02/2021 à 17:55 :
cela est sur que les fauves sont tapis dans l'ombre pret a bouffer le manu LR et NR n'attendent que cela les ecolos et la gauche pftt pour eux c'est cuit les gens ont compris que l'on a faire a des illumines voir barbara... apres tous les couacs et recouacs cela va cogner dur et plus encore l'an prochain le General que Macron a vaillament vire serait content de prendre ne serais ce qu'une place de premier ministre les retours de manivelle cela existe meme en politique
a écrit le 06/02/2021 à 16:41 :
L'on se souvient bien,

les électeurs qui ont élu la macronie président et députés en 2017, et qui en ont fait la promotion très active auprès de leurs clients sont les classes des riches commerçants, hôteliers, magasins de sport, patrons de boites de nuit, patrons de salles de sport, et ne pas oublier les dirigeants d'entreprises, les indépendants, les moniteurs de ski, tous formant un magma LR PS UDI MODEM.
a écrit le 06/02/2021 à 16:00 :
La question qui se pose, c'est celle des élections... seront elles libres et non faussées ou serviront elles a installé une dictature "faute de mieux"?
a écrit le 06/02/2021 à 14:02 :
Retarder la vaccination et reporter par suite les régionales serviraient peut ----être les intérêts d'En marché.
a écrit le 06/02/2021 à 13:13 :
Osez donner un coup de bâton à un chien. Il s'en souviendra 1 heure, 1 jour1 1 mois, 1 ans 30 ans, toujours si vous le recroisez. Je suis pareil que ce chien : Bonaparte m'a augmenté en tant que retraité de 1,7% de CSG. Je ne l'oublierai jamais. Actuellement il se moque de nous en distribuant des milliards et des milliards d'Euros, à des personnes, des sociétés, des restaurateurs, des stations de ski etc...... ayant de gros patrimoines.
Et les pharmaciens qui se gavent depuis le début de la CODIV.19. Pourquoi eux, ne reverseraient t'ils pas un peu de leurs bénéfices.
a écrit le 06/02/2021 à 12:52 :
Il est tres previsible qu'en juin, le petit bonaparte de service decide de confiner pour tenter un blocage des votants.
C'est cuit pour lui, mais il est retors. La Berezina est acquise pour lerem.
En juin, votez bien.
a écrit le 06/02/2021 à 12:50 :
Bientôt il n'y aura que les sondeurs pour faire l'élection, plus besoin de la main magique du conseil constutionnel ( les copains) pour faire une élection majoritaire . Continuons sur ce même chemin our engranger les même résultats faramineux !!!! en fin desquels ils se gargarisent .

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