Régionales : en Île-de-France, un scrutin local aux couleurs nationales

RÉGIONALES. Donnée en tête du premier tour puis réélue à l'issue du second, quelle que soit l'étude d'opinion, la sortante Valérie Pécresse, aux appétits à peine dissimulés pour 2022, doit notamment rivaliser avec l'écologiste Julien Bayou, le RN Jordan Bardella et l'insoumise Clémentine Autain, tous trois déjà tournés vers l'élection présidentielle.
César Armand

5 mn

De gauche à droite: Julien Bayou (EELV), Audrey Pulvar (PS), Valérie Pécresse (Libres!), Jordan Bardella (RN), Clémentine Autain (LFI) et Laurent Saint-Martin (LREM).
De gauche à droite: Julien Bayou (EELV), Audrey Pulvar (PS), Valérie Pécresse (Libres!), Jordan Bardella (RN), Clémentine Autain (LFI) et Laurent Saint-Martin (LREM). (Crédits : DR)

Sondage après sondage, la présidente sortante du conseil régional continue de faire la course en tête à un mois et un jour du premier tour des élections. Selon une dernière étude réalisée par Ipsos pour Radio France et publiée le 3 mai dernier, Valérie Pécresse (Libres !) obtiendrait 32% des votes au premier tour, devant Jordan Bardella (RN, 19%), Julien Bayou (EELV, 13%), Laurent Saint-Martin (LREM, 11%), Clémentine Autain (LFI, 10%) et Audrey Pulvar (10%). Au second tour, elle serait réélue avec 35% voire 36% des voix, selon que la tête de liste de gauche rassemblée et plafonnée à 30% s'appelle Julien Bayou, Clémentine Autain ou Audrey Pulvar.

En décembre 2015, celle qui était encore députée (Les Républicains) de la 2e circonscription des Yvelines avait obtenu 30,51% des voix au premier tour puis 43,80% au second tour. Et ce devant le président (PS) de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (25,19% puis 42,18% avec EELV et le Front de gauche) et le trésorier du FN Walleyrand de Saint-Just (18,41% puis 14,02%).

De conseillère du président Chirac à la tête de l'Etat ?

Cinq ans plus tard, Valérie Pécresse, qui a créé son parti Libres ! en 2017 avant de quitter les Républicains au lendemain de l'échec des élections européennes de 2019, reste soutenue par les formations politiques de centre-droit, à l'exception du MoDem, allié de la République en marche à l'Assemblée nationale. Surtout, l'ancienne conseillère de Jacques Chirac devenue ministre de Nicolas Sarkozy rêve d'un destin présidentiel. Elle ne s'est pas encore officiellement déclarée mais a publié une autobiographie dès l'hiver 2019 et promet déjà de quitter la vie politique en cas d'échec au scrutin des 20 et 27 juin. Comme Xavier Bertrand, lui aussi démissionnaire des LR, lui aussi candidat à sa réélection dans sa région des Hauts-de-France, et lui aussi opposant affiché à Emmanuel Macron.

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En face, au moins deux autres têtes de liste occupent la scène nationale, à commencer par Julien Bayou, secrétaire national d'Europe-Ecologie-Les Verts, dont le parti a remporté les grandes villes et métropoles aux élections municipales et intercommunales de 2020. A l'image de sa camarade Karima Delli, qui réunit sous son nom les communistes, les insoumis et les socialistes dans les Hauts-de-France, l'écologiste francilien rêve d'unir la gauche plurielle autour d'un(e) candidat écologiste vainqueur de la primaire de septembre 2021. Quand à la trotskiste Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière aux élections présidentielles de 2012 et 2017, elle tentera sans doute à nouveau sa chance au printemps 2022.

Deux portes-paroles de candidats à la présidentielle

La présidente sortante de la région Île-de-France a également tout intérêt à se méfier de Jordan Bardella, deuxième vice-président du désormais Rassemblement national, conseiller régional depuis 2015 et député européen depuis 2019. Ex-porte-parole du FN, il continue néanmoins à courir les plateaux télé et les studios radio et dirige toujours le mouvement Génération nation, la branche jeune du RN. Agé de seulement vingt-cinq ans, il fera à coup sûr partie de l'équipe de campagne de Marine Le Pen, comme en 2017.

De la même façon, la députée France insoumise de la XVe circonscription de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon en 2012, a été, tour à tour, maire-adjointe de Paris chargée de la jeunesse sous Bertrand Delanoë, conseillère municipale de Sevran et conseiller régionale. La quadragénaire est autant une figure médiatique nationale que ses rivaux, sachant apparaître aussi bien sur les écrans des matinales que dans une bande dessinée consacrée au Palais-Bourbon.

Une ancienne journaliste et un député méconnu

En tant qu'ancienne journaliste audiovisuelle, Audrey Pulvar, la cheffe de file d'Île-de-France en commun (Allons enfants, Écolos solidaires, Parti socialiste, Parti radical de gauche, Place publique, Gauche républicaine et socialiste, Mouvement républicain et citoyen), est également un visage connu de l'électeur-spectateur francilien. Passée par la présidence de la Fondation Hulot pour la nature et l'homme, la maire-adjointe de Paris chargée de l'alimentation durable, de l'agriculture et des circuits courts auprès d'Anne Hidalgo a sa notoriété pour elle. Aux risques et périls de l'ancien parti majoritaire : aux élections européennes de 2019, le philosophe Raphaël Glucksmann avait terminé 6e avec 6,2% des suffrages exprimés.

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Encarté par le passé au Parti socialiste, à la différence de sa concurrente, le député En Marche ! de la troisième circonscription du Val-de-Marne Laurent Saint-Martin doit, en revanche, encore se faire un prénom et un nom. Élu rapporteur général du budget en janvier 2020 par ses collègues de la commission des Finances de l'Assemblée, il s'est fait, depuis le début de la crise Covid, le relais des multiples projets de loi de finances (PLF). Flanqué de cinq ministres et secrétaires d'Etat sous la bannière Envie d'Île-de-France, il lui reste à démontrer que le parti présidentiel est capable d'avoir un ancrage territorial.

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Commentaire 1
à écrit le 20/05/2021 à 9:50
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Et les prévisions d'abstention ? Vu que personne n'en parle elle doit être énorme. :-)

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