Les intercommunalités veulent sortir des "discours fumeux" sur la décentralisation

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Jean-Luc Rigaut est président de l'Assemblée des communautés de France (AdCF).
Jean-Luc Rigaut est président de l'Assemblée des communautés de France (AdCF). (Crédits : DR)
Au lendemain de la réunion à Matignon avec les associations d'élus et les partenaires sociaux, le président (UDI) de l'Assemblée des communautés de France (AdCF) Jean-Luc Rigaut défend un contrat-cadre global entre les intercommunalités et les acteurs publics. Le représentant de 1.000 collectivités pointe dans le même temps un certain flou sur le calendrier de la mise en oeuvre.

Après avoir accueilli un séminaire de la majorité le 29 avril dernier, le Premier ministre a reçu le 6 mai les associations d'élus pour lancer "la mobilisation nationale et territoriale pour l'emploi et les transitions écologique et numérique". D'après des propos rapportés par l'AFP, Édouard Philippe y a notamment plaidé pour faire "de la haute couture" et du "sur-mesure" dans les territoires afin d'être "certain que les solutions concrètes [soient] bien apportées et que les changements se voient".

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Présent à la réunion, le président de l'Assemblée des communautés de France (AdCF) considère, auprès de La Tribune, que "les intercommunalités se retrouvent complètement dans ce discours". "Le Premier ministre se veut pragmatique et fait en sorte que l'on puisse avancer sur les questions de mobilité et de transition écologique, qui sont au cœur de nos compétences, souligne Jean-Luc Rigaut, maire (UDI) d'Annecy et président du Grand Annecy. Durant cette première réunion, cinq chantiers ont en effet été ouverts : l'apprentissage, les emplois non pourvus, les freins à la reprise d'emploi, l'accompagnement des territoires dans la transition écologique et numérique, et les gestes écologiques du quotidien.

Vers un contrat territorial global ?

Lors du deuxième rendez-vous, cette fois en présence des syndicats et du patronat, le représentant des 1.000 communautés de communes et communautés d'agglomération dit avoir vanté les mérites d'un "contrat territorial global entre les intercommunalités et les acteurs publics". "Arrêtons de mettre les collectivités en compétition sur des appels à projet, mais rendons-les plus solidaires les unes des autres dans un contrat-cadre global", exhorte Jean-Luc Rigaut. Lors de la présentation de ses vœux le 22 janvier dernier, l'élu local avait déjà défendu ce concept, en expliquant qu'il devait reposer sur le triptyque logement-mobilité-énergie. "Nous pourrions même rajouter un volet de conférence territoriale avec l'ensemble des partenaires, et pas seulement avec les instances officielles et les institutionnels", imagine encore le maire (UDI) d'Annecy et président du Grand Annecy.

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Un sixième sujet s'est par ailleurs invité à la table des négociations à l'initiative de la CFDT : la rénovation thermique et énergétique des bâtiments. "On est dans le concret, ça nous parle !" salue Jean-Luc Rigaut.

"Depuis 2016, ma commune, comme l'intercommunalité, investit 10% dans les travaux de réhabilitation avec des barèmes pour les plus démunis. Cela marche drôlement bien, et ça donne du boulot aux entreprises locales."

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Calendrier flou sur la mise en oeuvre

Il n'empêche, l'exécutif est resté flou sur le calendrier des mesures opérationnelles. Le gouvernement a, certes, annoncé un prochain rendez-vous au mois de juin sur "la fiscalité et l'adaptation de l'organisation des territoires", mais n'a pas donné de délais quant à la mise en oeuvre.

"Que d'ici à septembre, des choses soient faites !", insiste le président de l'AdCF. "La méthode est la bonne : nous avons tous les bons ingrédients, il ne reste plus qu'à faire la cuisine autrement."

En revanche, la question des moyens supplémentaires n'a été abordée que "de manière elliptique", selon Jean-Luc Rigaut. Le chef de l'État s'est pourtant engagé le 25 avril dernier à apporter "responsabilité, lisibilité et financement" avec le nouvel "acte de décentralisation". "Nous avons un cadre institutionnel. Essayons de faire mieux ensemble", nuance l'élu local.

"Il s'agissait vraiment de trouver un discours de la méthode, mais il est évident que nous ne devrons pas rester sur des discours fumeux."

En attendant, pour reprendre les mots du Premier ministre, "il faut que tout le monde se mette ensemble pour trouver la solution concrète et pratique à un problème concret et pratique".

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Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 2:21 :
Augmenter la mobilité, c'est augmenter les gaspillages énergétiques liés à cette mobilité. Et pourtant, pour les économistes, gaspiller cette énergie revient à créer du PIB. Un jour les hommes/femmes se souviendront que pour vivre, ils ont besoin de manger et d'un toit. S'en rendront ils compte avant qu'il ne soit trop tard?
a écrit le 08/05/2019 à 11:15 :
Il y a toujours 36 000 communes. Il y a toujours 535 000 conseillers municipaux. Alors que les communes sont toutes regroupées en collectivités territoriales d'une autre dimension. Pourquoi conserver tous ces élus ? Où est le pouvoir ?. Si les délégations ont été données à cet échelon, il n'y a plus de nécessité de conserver élus et services dans les communes. Sinon on peut se demander ce qu'il font.... Pourvu que ça dure !

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