Carole Delga avertit Michel Barnier : « Gare à l'asphyxie financière »
Propos recueillis par César Armand
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Delga
Boutonnet Laurent - Region Occitanie
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Boutonnet Laurent - Region Occitanie
LA TRIBUNE - Quelles sont vos attentes vis-à-vis du gouvernement Barnier ?
CAROLE DELGA - Nous, nous voulons la réussite du pays. Nous sommes extrêmement préoccupés par le message de colère et de désespoir des Français aux élections législatives. Étant sur le terrain auprès de nos concitoyens, des chefs d'entreprise et des responsables associatifs, nous n'avons pas été étonnés, mais cela n'enlève rien aux défis à relever.
Lesquels en priorité ?
Nous sommes prêts à être des partenaires efficaces et loyaux pour répondre aux attentes des Français, car nous faisons partie des solutions. Nous voulons que l'emploi donne lieu à une juste rémunération et redonner leur vigueur et leur rôle central aux services publics. Leur disparition dans les banlieues, les ruralités et les territoires de montagne entraîne un sentiment de déclassement et un vote populiste que nous devons combattre collectivement. Et nous voulons une croissance fondée sur la transformation écologique de notre modèle de développement.
Malgré la coupe annoncée dans le budget du Fonds vert ?
Cette coupe serait un choix funeste, préjudiciable pour la planète, l'économie française et les ressources locales. Il faut investir pour décarboner les transports et l'industrie, ainsi que les entreprises, l'agriculture et les professions du tourisme. Le Fonds vert crée de l'emploi et de la richesse en France. Nous avons déjà perdu 200 millions d'euros de dotations de l'Etat en Occitanie. C'est autant d'argent que nous n'investissons pas dans les mobilités décarbonées et les énergies renouvelables.
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Les collectivités ne doivent-elles pas prendre leur part à la réduction du déficit ?
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Les collectivités prennent toute leur part dans l'investissement public et le contrôle strict de leurs dépenses de fonctionnement. Laisser penser que nous sommes responsables du déficit est mensonger. Nous votons nos budgets à l'équilibre et avons même dégagé un solde positif de 2 milliards d'euros, entre 2019 et 2023, contre 690 milliards de solde négatif pour l'Etat.
Propos recueillis par César Armand