Les salariés qui changent de job améliorent davantage leurs conditions de travail

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Dans l'industrie, 26% des salariés ont affirmé avoir quitté ce secteur entre 2013 et 2016. C'est une proportion bien plus forte que dans les autres secteurs.
Dans l'industrie, 26% des salariés ont affirmé avoir quitté ce secteur entre 2013 et 2016. C'est une proportion bien plus forte que dans les autres secteurs. (Crédits : Reuters)
Près d'un quart (23%) des salariés qui ont changé d'emploi ont connu une amélioration marquée de leurs conditions de travail, contre 13% des salariés "stables" (sans changement d'emploi ni bouleversement important dans leur environnement au travail), selon une récente enquête du ministère du Travail.

Risque de dépression, surmenage, stress, tensions musculaires... les phénomènes de mal-être physique et mental au travail peuvent déboucher sur des situations très délicates à l'intérieur des entreprises ou des établissements publics. Selon le baromètre Malakoff Méderic Humanis publié ce jeudi 28 novembre, près d'un salarié sur deux (44%) s'est vu prescrire au moins un arrêt de travail au cours des douze derniers mois, un chiffre stable mais "élevé".

Selon les salariés interrogés, ces arrêts sont liés à des maladies ordinaires dans 36% des cas, à des troubles musculo-squelettiques (TMS) dans 25% des cas, et, dans 18% des cas, à des troubles psychosociaux voire à un épuisement professionnel ("burn out").

Pour tenter d'échapper à ces risques, les salariés préfèrent parfois changer d'entreprise, d'emploi, de métier ou même de secteur.

D'après une enquête menée par le service de statistiques du ministère du Travail publiée ce vendredi 29 novembre, sur la totalité des salariés interrogés, 23% ont changé d'employeur ou de profession entre 2013 et 2016, 32% ont conservé le même emploi mais ont connu un changement technique ou organisationnel, enfin 45% affirment avoir peu connu de d'évolutions professionnelles.

La forte mobilité des salariés de l'industrie

Parmi les résultats marquants de l'enquête, il ressort que 26% des salariés dans l'industrie interrogés en 2013 n'y travaillent plus trois ans après. C'est la proportion la plus forte sur l'ensemble des domaines étudiés, à l'exception du bâtiment et des travaux publics. Dans les administrations (9%), les transports (18%) ou les services (20%), les salariés sont en proportion moins nombreux à quitter leur secteur entre 2013 et 2016. En moyenne, 17% des salariés ont changé de secteur sur cette période.

Le changement de domaine professionnel permet d'améliorer en moyenne les conditions de travail, mais cette amélioration ne porte pas forcément sur les mêmes aspects.

"Quitter l'industrie, mais aussi les secteurs du commerce, de l'hôtellerie et de la restauration, permet souvent de réduire les  contraintes physiques et horaires ainsi que l'intensité du travail", explique l'auteur de l'étude, Thomas Coutrot.

Le départ des secteurs du bâtiment et des travaux publics permet de réduire les contraintes physiques. L'insécurité socio-économique est particulièrement mentionnée par les travailleurs dans les transports.

Changer d'emploi pour quitter des conditions difficiles

L'enquête menée par le service de statistiques du ministère du Travail montre que les salariés qui changent d'emploi ou de profession ont connu des conditions de travail souvent difficiles. Par exemple, 38% des salariés qui ont connu une trajectoire dans l'emploi instable avaient signalé de mauvaises conditions de travail.

Amélioration du bien-être mental

Le parcours des salariés ayant connu une amélioration des conditions de travail s'accompagne également d'une amélioration de la santé mentale. "Les changements d'emploi ou de profession sont plus favorables à une hausse du bien-être psychologique qu'à une baisse", signale le statisticien. Cette évolution concerne surtout les personnes qui ont connu des ruptures dans leurs parcours d'emploi. Pour les salariés qui sont restés dans le même emploi, les modifications dans le travail peuvent augmenter le risque psychosocial et "surtout la survenue d'un symptôme dépressif" alerte le service de statistiques.

Le manque de prise en compte du salarié augmente le risque psychosocial

Le besoin d'information et de consultation est également exprimé par les répondants. Sur les salariés qui ont gardé le même emploi mais qui ont connu un changement important, le risque est deux fois plus important de voir la survenue d'un symptôme dépressif s'ils estiment qu'ils n'ont pas été informés ou consultés.

"Ce risque est moins fort si une consultation a lieu, et surtout si le salarié a l'impression que son avis a été pris en compte", conclut le document.

Cette enquête montre ainsi que les salariés sont prêts à s'adapter s'ils sont informés correctement "et qu'ils ont pu participer aux décisions concernant le changement".

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Commentaires
a écrit le 03/12/2019 à 17:06 :
ceux qui l'on fait volontairement c'est un peu le but..................
a écrit le 03/12/2019 à 11:29 :
Mais c'est quasiment une lapalissade que de dire cela. Il en a toujours été ainsi (en faisant tout de même de bons choix). Déjà, au tout début des années soixante, nous faisions ainsi pour accélérer nos carrières...
a écrit le 02/12/2019 à 21:09 :
Mais en faite c'est quoi: "une amélioration marquée de leurs conditions de travail", pour muriel penicaud?

Il m'est difficile de cerner cette phrase venant d'une personne aussi déplorable.
a écrit le 02/12/2019 à 19:14 :
77% des gens qui ont quitté leur boite d'origine ont donc vu leur conditions de travail stagner ou empirer.
Autant dire que l'article qui fait l'éloge de la mobilité professionnelle s'écroule.
D'autant plus qu'il y a quelques temps LT expliquait que rester longtemps dans une entreprise était un gage de progression professionnelle.

Dans les sondages il faut toujours chercher la face qu'on veut vous cacher.
a écrit le 02/12/2019 à 18:02 :
"près d'un salarié sur deux (44%) s'est vu prescrire au moins un arrêt de travail au cours des douze derniers mois, un chiffre stable mais "élevé".

Ce sont des chiffres qui tordent (un peu) le cou à une idée bien installée. Selon les données présentées en annexe du projet de loi de finances 2020, les fonctionnaires ne sont pas les champions de l’absentéisme que l’on a coutume de dépeindre. Pris dans leur ensemble, et si l’on prend en compte le nombre moyen de jours d’arrêt, ils seraient même moins absents que les salariés du secteur privé.Le Figaro 28 novembre 2019

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a écrit le 02/12/2019 à 17:04 :
En 1969, choisir le meilleur des métiers, en 2019 choisir le moins pire où toute l'histoire de la destruction du travail.

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