Stress au travail : les 5 sources du "burn out" pour les salariés et les managers

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(Crédits : Reuters)
Pour 54% des salariés et 66% des managers, le stress au travail est une réalité persistante. Aucun progrès à l'horizon, c'est même le contraire. Conséquence de cette pression persistante, "le burn out et la dépression s'ancrent durablement dans le paysage professionnel", révèle une enquête réalisé par l'organisme de formation professionnelle Cegos et portant sur des entreprises de plus de 100 salariés..

Plus d'un salarié sur deux et deux cadres dirigeants sur trois d'entreprises de plus de 100 salariés disent subir un stress régulier dans leur travail, qu'ils attribuent à la "charge de travail", au "poids de l'organisation" et à "la pression de la hiérarchie", selon un baromètre publié mardi.

A l'assertion "je subis un stress régulier dans mon travail", 54% des salariés répondent "oui, tout à fait" ou "oui, plutôt" (-1 point par rapport au précédent baromètre, en 2015), comme 66% des managers (-7 points), selon ce baromètre de l'organisme de formation professionnelle Cegos portant sur des entreprises de plus de 100 salariés.

Sources de stress : salariés et managers accusent...

Et quelles sont les "sources de ce stress" ? Les salariés et managers interrogés ont répondu :

  •  1) "une charge de travail trop importante", un critère en nette baisse depuis 2015, mais cité par 49% des salariés, 52% des managers et 50% des directeurs et responsables des ressources humaines (DRH-RRH).
  •  2) "un manque ou une mauvaise organisation du travail", pour 37% des salariés et 31% des DRH:
  • 3) et 4) "un manque de soutien" et à un "sentiment d'isolement", pour un tiers (32%) des salariés (+12 points) et 30% des managers (+8 points), critères qui, on le voit, sont en nette hausse.
  • 5) "la pression exercée par la hiérarchie", pour 28% des salariés (+5 points) comme pour 30% des managers (+8 points) et 31% des DRH (+15 points). Ces deux derniers critères remontent "en flèche", soulignent les auteurs de l'enquête.

La santé au travail massivement et durablement affectée

Parallèlement, 60% des salariés (-23 points) et 65% des managers (-1 point) estiment que "ce niveau de stress a un impact négatif sur (leur) santé".

Conséquences de l'accumulation de ces facteurs :

"Le burn out et la dépression s'ancrent durablement dans le paysage professionnel" avec 28% des salariés et 26% des managers déclarant que leur travail leur a déjà causé des "problèmes psychologiques graves", dont ces pathologies, selon l'enquête.

Motivation en berne : très forte hausse chez les managers

Concernant la "motivation" des salariés au travail, 45% d'entre eux évoquent "le simple fait d'avoir un travail et de ne pas être au chômage", tout comme 20% des managers (+13 points).

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Méthodologie : ce baromètre a été réalisé au mois de septembre auprès de 1.115 personnes (700 salariés, 250 managers et 165 directeurs et responsables des ressources humaines) d'entreprises du secteur privé de plus de 100 salariés, selon la méthode des quotas.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 06/12/2017 à 10:20 :
Des chiffres alarmants mais tout va bien qu'on nous dit, il faut que les gens continuent de toujours travailler plus pour gagner moins, de toutes façons avec 5 millions de chomeurs si le salarié est rincé il suffit juste de le changer.

Merci beaucoup.
Réponse de le 07/12/2017 à 11:47 :
Erreur ! Nos dirigeants se rendent compte aujourd'hui que les salariés ne sont pas interchangeables. Les personnes licenciées perdent en employabilité avec le temps car elles sont déconnectées du monde du travail et des évolutions technologiques. Pour cette raison et pour la santé psychologique des personnes licenciées, il faudrait les inscrire en formation immédiatement après le licenciement.
a écrit le 06/12/2017 à 9:24 :
"Le burn out et la dépression s'ancrent durablement dans le paysage professionnel"

Le fonctionnaire du service de la protection (SDLP) chargé d’assurer la sécurité de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a mis fin à ses jours avec son arme de service près de son domicile en Seine-et-Marne.
a écrit le 05/12/2017 à 17:24 :
Etant donnés les symptômes, il apparaît que nos managers, au plus haut niveau, sont des gros nullos qui pratiquent une forme de gestion par la contrainte et la terreur qui démotive toute la chaîne.

Un proverbe (chinois?) dit que le poisson pourrit par la tête, ce qui se vérifie dans toutes les organisations hiérarchisées, telles que les armées et les grandes entreprises.

Pourtant, et de tous temps, il y a eu des chefs avec et pour lesquels on se ferait tuer, sinon avec plaisir, mais en ayant le sentiment noble du devoir utilement accompli.

Combien trouve t'on encore de chef de cette trempe parmi les héritiers fin de race et les clones comptables carriéristes qui peuplent les directions exécutives et les conseils d'administrations ?

Le pire est que cette engeance de parvenus est entrée en politique et est en train de prendre le pouvoir sur les hommes.
Réponse de le 05/12/2017 à 18:09 :
Les nouveaux managers viennent d'une caste sociale. "Ce ne sont pas tant leurs compétences mais plutôt leurs personnalités qui les qualifient pour ces postes" qui devraient pourtant être accessible au mérite... Comme l'ascension professionnel au mérite a disparu, on retrouve au sommet beaucoup de personnes cooptées qui ne comprennent absolument pas leur collaborateurs, et le métier en général.
Réponse de le 06/12/2017 à 8:18 :
La France n'a plus de chef. Seulement des petits chefs. Le declin de ce pays est a l'aune de ses dirigeants.
a écrit le 05/12/2017 à 16:02 :
"La santé au travail massivement et durablement affectée"

En parlant de santé :

Aujourd'hui :

La loi prévoit que l’indemnisation d’un arrêt maladie représente 50% du salaire, après 3 jours de carence. Pour les congés maternité, c’est 100% du salaire net (les primes ne sont pas prises en compte), dans la limite du plafond de la sécurité sociale. Cette disposition est améliorée par la majorité des conventions collectives.
Par exemple, la convention collective des ingénieurs et cadres de la métallurgie prévoit le maintien à 100% du salaire en cas d’arrêt maladie ou maternité, sans jours de carence.

Loi travail :
Seul sera garanti le minimum légal, c’est-à-dire 50% du salaire après 3 jours de carence et 100% du salaire net pour les arrêts maternité. Le reste dépendra des accords d’entreprise.

Loi travail :
Les ordonnances prévoient que les CHSCT seront fusionnés avec les Comités d’Entreprise et les Délégués du Personnel dans une instance unique. Cette nouvelle instance aura seulement pour mission de « promouvoir » la santé (au lieu de prévenir et de protéger). Les expertises sur les risques en matière de santé et sécurité (risques industriels, violences sexuelles, burn out, harcèlement…) seront pour partie financées avec l’argent des salarié-es, sur le budget du CSE, ce qui limitera ainsi considérablement sa capacité d’action. Sans élu-es spécialisé-es ni instance dédié-e, les questions de santé et de sécurité seront reléguées au 2e plan et risquent tout simplement de disparaitre des radars. Quand la France brille en Europe par le triste record de 565 morts et 100 000 burn out chaque année, c’est vrai qu’il n’y a pas besoin d’instance de prévention et de protection…
Réponse de le 05/12/2017 à 17:48 :
D'où l'urgence de ne considérer les morts à diminuer qu'au travers de la sécurité routière.

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