Loi sur les entreprises : Le Maire lance sa grande consultation

Le Maire
Reuters
Lors de ses voeux aux acteurs de l'économie dans une salle bondée, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé le lancement d'une consultation publique dans le cadre de la future loi pour la croissance des entreprises (loi PACTE).
Il s'agit d'une nouvelle étape dans l'élaboration de ce texte qui doit être présenté au printemps. L'ancien ministre de l'Agriculture en a profité pour expliquer que "dans ce nouvel ordre économique mondial, la France doit compter sur ses propres forces et sur celles de ses partenaires européens". Lors de son discours, il a également mis en avant deux priorités : la lutte contre les inégalités et la lutte contre le changement climatique. Enfin, il s'est montré optimiste sur les perspectives économiques de la France.
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M. Le Maire a d'abord insisté sur sa méthode. "Nous avons préféré consulter avant de prendre des décisions," soulignant dans le même temps que certaines erreurs relatives à des décisions prises sans consultation ne devaient pas se reproduire.
L'ancien député normand veut ainsi favoriser le développement des PME et les transformer en ETI (entreprises de taille intermédiaire). Sur ce point, la France accuserait un retard important par rapport à l'Allemagne selon le ministre.
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Après avoir collecté plus de 980 propositions auprès d'organisations professionnelles, de chefs d'entreprises ou de parlementaires, le ministère de l'Economie lance à partir de ce lundi et jusqu'au 5 février une consultation publique sur une sélection de 31 propositions sur un site internet dédié (www.pacte-entreprises.gouv.fr.). Le communiqué du gouvernement rappelle que "ces 31 propositions soumises par le Gouvernement sur cette plateforme ne sont ni définitives, ni exhaustives ! Le PACTE a vocation à s'enrichir au cours des prochaines semaines et vos propositions seront pour cela précieuses."
Parmi les propositions, figurent l'allègement des seuils sociaux et fiscaux, la simplification du régime de participation pour l'ouvrir aux entreprises de moins de 50 salariés, la possibilité pour les entreprises qui le souhaitent d'adopter un objet social élargi ou encore la formation des dirigeants de PME au commerce international. Une mission sur le rôle de l'entreprise a par ailleurs été confiée à l'ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat et au patron de Michelin Jean-Dominique Senard. Ils devront rendre leurs travaux le 1er mars.
Lors de son allocution, Bruno Le Maire a ajouté que le gouvernement avait engagé les 10 milliards d'euros destinés au fonds pour l'innovation de rupture.
Il a par la suite indiqué qu'il avait signé le transfert de 1,6 milliard d'euros issus des cessions d'actifs dans Engie et Renault effectuées au second semestre 2017 et "mis à disposition de ce fonds 8,4 milliards d'euros de titres EDF et Thales, qui restent propriété de l'Etat". Ces titres représentent respectivement 13,30% et 25,76% du capital de ces sociétés rappelle le communiqué. Le rendement annuel est estimé entre 200 et 300 millions d'euros. L'ancien secrétaire d'Etat aux affaires européennes a également expliqué que à terme, ce fonds "sera financé exclusivement sur des cessions d'actifs et sur des produits de privatisation", la mise à disposition des 8,4 milliards de titres EDF et Thalès n'étant que temporaire.
Outre Engie et Renault, plusieurs privatisations et cessions d'actifs sont évoquées pour alimenter les 8,4 milliards d'euros manquant pour ce fonds, à l'image d'Orange, Aéroports de Paris (ADP) et la Française des jeux (FDJ), dont l'Etat possède 72% rappelle l'AFP.
Après avoir expliqué les grands principes de ce fonds à l'innovation alimenté en partie par des cessions d'actifs, Bruno Le Maire a développé sa conception du rôle de l'Etat dans l'économie.
Il est ainsi revenu sur l'affaire Lactalis qui représente un enjeu de taille pour la sécurité alimentaire des Français.
A quelques jours du sommet sur l'attractivité organisé à Versailles le 22 janvier prochain, Bruno Le Maire a tenu à rappeler que la France était "une nation ouverte. Le président a d'ailleurs été élu contre la fermeture". Il a souligné l'importance d'attirer des investissements étrangers en France tout en mettant en garde.
Le dernier grand chantier évoqué est celui de la zone euro "qui est un grand édifice inachevé". "Elle facilite les échanges, mais l'accroissement des inégalités est inacceptable. [...] Mais n'attendons pas la prochaine crise pour se renforcer [...] Il est temps que l'Europe défende ses intérêts." Pour ce faire, cette relance doit passer par "le moteur franco-allemand" avec plusieurs étapes : l'union bancaire, l'union des marchés de capitaux et la convergence fiscale.
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M. Le Maire a ainsi avancé plusieurs outils comme la mise en place d'un mécanisme de stabilisation et d'un budget de la zone euro. Des instruments souvent évoqués dans les institutions européennes mais qui peinent à susciter l'unanimité dans l'union monétaire. Pour tenter de rassurer l'auditoire, il a expliqué que "sur ces trois sujets, c'est d'ici la fin de l'année 2018, au plus tard début 2019 que nous devons enregistrer des progrès concrets".