Le plan ETI de Bruno Le Maire en sept mesures

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(Crédits : Benoit Tessier)
Formation, fiscalité, baisse du coût du travail, innovation, filières industrielles, Europe, culture industrielle... Tels sont les sept défis du ministre de l'Économie et des Finances qui accompagneront la French Fab.

Fait saillant, la formation est la priorité absolue de Bruno Le Maire. La tâche est à la fois immense et complexe car il s'agit de faire coïncider les besoins en compétences techniques et les offres de formation.

« Certaines branches ont disparu, par exemple en Rhône-Alpes, celle de tricotage industriel », reconnaît Elizabeth Ducottet, présidente du groupe Thuasne, spécialisé dans les dispositifs médicaux textiles. L'objectif revêt également une ambition sociale.

« Nous mettrons en place un dispositif de formation de quinze milliards d'euros, pour tous les jeunes qui n'ont ni qualification, ni formation, ni emploi, et qui ne trouvent pas leur place dans la société, pour qu'ils puissent s'orienter vers des filières notamment industrielles. »

Pour être efficace, ce dispositif réclame de « vendre » auprès des jeunes une nouvelle image de l'industrie en tant que secteur créateur d'emplois et offrant des perspectives de carrière. Quitte à ce que la culture industrielle et scientifique irrigue le système universitaire, les CFA (centres de formation des apprentis), les lycées et même les collèges, en collaboration avec le ministère de l'Éducation nationale.

Autre grand défi, la fiscalité. Sur ce terrain, le gouvernement se veut disruptif : « Oui, nous allons mettre en place un prélèvement forfaitaire unique à 30 % sur les revenus du capital. Oui, nous allons supprimer l'ISF sur les valeurs mobilières [...]. Oui, nous allons baisser l'impôt sur les sociétés, en le ramenant de 33,3 % à 25 % », martèle Bruno Le Maire, qui se dit prêt à mettre en place un dispositif d'évaluation de ce « choc fiscal » avec un comité associant la direction du Trésor, l'Insee, les parlementaires et la Cour des comptes, pour faire le bilan de cette politique d'ici à deux ans.

Concernant le coût du travail - le troisième défi -, le gouvernement maintient la baisse des charges sur les bas salaires dans le cadre du CICE qui sera transformé en allégements de charges directs en 2019. Mais Bruno Le Maire veut étendre ce dispositif au-delà de la limite de 2,5 fois le Smic, comme l'avait proposé le rapport de Louis Gallois. « C'est la fin de la fiscalité punitive. La French Fab repose sur une France redevenue un territoire attractif », souligne Philippe Darmayan, président de l'Alliance industrie du futur (AIF).

Un fond pour l'innovation de rupture

Quatrième défi, l'innovation. Le Crédit impôt recherche (CIR) sera sanctuarisé. Avec d'appréciables modifications en vue.

« En avril 2018, nous porterons avec Benjamin Griveaux [secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, ndlr] un projet de loi "de transformation des entreprises". Je souhaite que, dans ce cadre, nous puissions étudier les dispositifs de simplification du Crédit impôt recherche pour que nos PME, nos TPE puissent y avoir accès plus facilement. »

Espérons surtout que le CIR ne soit plus synonyme de fraudes organisées (faux rapports, brevets dans des paradis fiscaux...) pour les uns et de contrôle fiscal pour les autres.

L'autre grande annonce de Bruno Le Maire, en matière d'innovation, c'est la création d'un fonds de 10 milliards d'euros, nourri par les recettes de privatisation et disponible dès 2018 pour financer les innovations de rupture, « celles qui ne rapportent pas tout de suite mais qui permettront à l'avenir de maintenir la France en tête des grandes nations industrielles », précise le ministre de l'Économie et des Finances. Ce fonds produira 200 à 300 millions d'euros disponibles par an, qui seront investis dans des « grands projets de rupture », notamment dans l'environnement.

Concernant l'Europe - sixième défi après celui des filières industrielles -, et à la suite des critiques sur la prise de contrôle d'Alstom par Siemens, ou des Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri, Bruno Le Maire rappelle qu'« il n'y avait auparavant aucun concurrent chinois de taille respectable. » Aujourd'hui, CRRC est quatre fois plus gros qu'Alstom, a raflé tous les grands contrats en 2016 aux États-Unis et prospecte en République Tchèque... « Avec cette fusion, nous allons créer le deuxième champion industriel mondial du ferroviaire », insiste Bruno Le Maire, qui dirigera luimême le Comité national de suivi des engagements de Siemens vis-à-vis du gouvernement français.

Enfin, le dernier défi du ministre porte sur le désir de retrouver en France une culture industrielle, fondée à la fois sur les savoir-faire ancestraux et les innovations les plus pointues : « La culture française est marquée par la capacité à se réinventer », souligne-t-il.

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