Loi travail : onzième journée de mobilisation, le Sénat adopte une version remaniée

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A Paris, 38 personnes ont été interpellées, dont 27 aux points de filtrage.
A Paris, 38 personnes ont été interpellées, dont 27 aux points de filtrage. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Alors que les manifestations conte le projet de loi Travail ont repris ce mardi, jour du vote du projet de loi au Sénat, Philippe Martinez a annoncé une nouvelle journée d'action le 5 juillet prochain.

Adopté mardi soir au Sénat - dans une version très remaniée - par 185 voix contre 156, le projet de loi de Myriam El Khomri a de nouveau suscité des manifestations un peu partout en France. C'est dans une ambiance tendue que la manifestation a eu lieu dans la capitale où environ 15.000 personnes selon la police et 55.000 selon les organisateurs ont défilé de Bastille à la place d'Italie. Un dispositif de 2.500 policiers et gendarmes étaient mobilisé et la tour Eiffel était fermée au public.

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Environ 200 personnes cagoulées placées en tête de cortège ont lancé des pavés sur les forces de l'ordre répliquant par des tirs de gaz lacrymogène. A la Bourse du travail, un groupe de manifestants, entouré par des CRS, s'était regroupé en marge de la manifestation officielle.

 "Jaurès, réveille-toi, ils sont devenus fous", pouvait-on lire à Montpellier. Des manifestations avaient également lieu à Marseille, Lyon Grenoble, Rennes, Le Havre et Toulouse.

Les prochaines rencontres avec le gouvernement attendues

Les leaders des syndicats FO, CGT, FSU, Solidaires, Unef, UNL et FIDL sont dans l'attente des prochaines rencontres organisés par Manuel Valls afin de "faire le point" sur la loi travail. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez espère que "ce n'est pas une visite de courtoisie" et Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO "qu'il (ndlr Manuel Valls) a des propositions à faire".

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Pour le jour de début de discussion du texte à l'Assemblée, le mardi 5 juillet prochain, Philippe Martinez a appelé à une nouvelle journée d'actions » avec de possibles manifestations.

De son côté, Manuel Valls qui a accepté de recevoir les syndicats et organisations patronales mercredi et jeudi prochains, a prévenu que des « négociations » sur le texte n'étaient pas à prévoir. Le gouvernement ne reviendra donc pas sur l'article 2, une décision soutenue par Laurent Berger, le leader de la CFDT pour qui un recul du gouvernement serait une "profonde erreur".

Le texte poursuit son parcours au Parlement

Pendant ce temps, le texte a poursuivi son parcours au Parlement, avec le vote du Sénat, à majorité de droite, dans une version libérale: le verrou des 35 heures a sauté, la généralisation de la garantie jeunes a été supprimée, le compte personnel d'activité a été partiellement vidé et le plafonnement des indemnités prudhommales (à 15 mois de salaire) rétabli.

Cette version devrait être détricotée par les députés lors d'une nouvelle lecture à partir du 5 juillet, pendant laquelle le gouvernement n'exclut pas de recourir de nouveau à l'article 49-3 pour faire adopter sa version sans vote, comme en première lecture. Si tel était le cas, 73% des Français seraient "choqués", selon un sondage Odoxa.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/06/2016 à 10:19 :
en utilisant le terme "remanié" vous êtes modeste ! il s'agit plutôt d'un déclaration d'amour au MEDEF : quand on pense que ces parasites dispendieux n'ont jamais travaillé de leur vie, sauf à pantoufler dans les instances politiciennes et à profiter des fromages que le pouvoir réserve à ses chouchous.
c'est bien dommage que les français en 69 n'ait pas profiter du référendum de De Gaulle pour supprimer cette instance coûteuse et anti-démocratique
a écrit le 29/06/2016 à 10:59 :
Puisqu'il ne veulent pas entrevoir d'alternative à ce système néolibérale agressif, inhumain, injuste et corrompu les gens n'ont pas d'autres alternatives que de contester voir se révolter.
a écrit le 29/06/2016 à 9:15 :
Ah un article pour les golden corbeau ! Plus ils méconnaissent le sujet et plus ils se ruent dessus afin d'exprimer uniquement leurs ressentiments et leur invective.

Commentaires sans intérêt donc...

Faites le ménage svp, ces gens là sont aussi qualifiés pour commenter ces articles que Balkany pour parler de la justice, merci.
a écrit le 28/06/2016 à 21:51 :
Une journée de plus, quel entêtement, le seul objectif c'est que la nomenklatura syndicale essaie toujours de justifier sa stratégie de leadership en essayant de sauver sa peau sur le dos de ses adhérents qui devront bien finir par les évaluer en fin de délires.
a écrit le 28/06/2016 à 20:54 :
Si l'on en juge d'après les photos de l'article, cette manif a mobilisé les forces vives de la nation : les retraités et les pré-retraités.
Bref, tous les nantis qui se fichent que les jeunes soient au chômage.
Et qui auraient voté pour le Brexit si ils avaient été anglais.
a écrit le 28/06/2016 à 20:15 :
Soutien aux manifestants. Il y a un mépris affligeant envers les travailleurs de ce gouvernement qui ignore le peuple qui sera touché par cet article 2 de la loi travaille. Quant on pense que la droite risque de passer aux prochaines élections, on n'est pas sorti de l'auberge. Je ne donnerais ma voix ni à l'un ni à l'autre.
Réponse de le 28/06/2016 à 23:39 :
Je vois un connaisseur pourriez expliquer aux imbéciles dans mon genre l'article 2 de la loi travail son implication sur les travailleurs du privé, fonctionnaires et des métiers parapublic ou public type SNCF, RATP, EDF et autres car je sens dans votre commentaire quelqu'un d'avisé. Merci pour votre réponse qui va me permettre de mieux comprendre le sujet.
Réponse de le 29/06/2016 à 7:55 :
La primauté de l’accord d’entreprise en matière de durée du travail deviendrait le principe de droit commun,. En clair, l'accord d'entreprise primerait dorénavant sur l'accord de branche (inversion des normes). En matière de temps de travail, de nombre maximum d'heures par jour et par semaine, de majoration des heures supplémentaires, de temps de repos ou de congés payés, l'accord d'entreprise pourrait être "moins disant" que l'accord de branche. Et ça, on n'en veut pas.

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