Macron ferme la porte à l'option d'un gouvernement de gauche
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Emmanuel Macron a mené toute la journée de ce lundi une nouvelle série d'entretiens avec plusieurs responsables politiques.
© LTD / Sarah Meyssonnier/REUTERS
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Emmanuel Macron a mené toute la journée de ce lundi une nouvelle série d'entretiens avec plusieurs responsables politiques.
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[Article publié lundi 26 août 2024 à 20h01, mis à jour à 21h13] Clarification politique en début de soirée ce lundi. Le président Emmanuel Macron a exclu, à l'issue d'une série de consultations avec les partis politiques, l'option d'un gouvernement « sur la base du seul programme et des seuls partis » du Nouveau Front populaire. Ce, au nom de la « stabilité institutionnelle », selon un communiqué de l'Elysée.
Un tel exécutif « serait immédiatement censuré par l'ensemble des autres groupes représentés à l'Assemblée nationale » et « la stabilité institutionnelle de notre pays impose donc de ne pas retenir cette option », écrit donc la présidence, en guise de justification.
Dans son communiqué, Emmanuel Macron précise qu'il lancera ce mardi de nouvelles consultations élargies, « avec les responsables des partis » et des « personnalités » se distinguant « par l'expérience du service de l'État et de la République ».
Alors qu'une première série de consultations ce mardi n'a pas permis de trouver un nom pour remplacer Gabriel Attal, « sa responsabilité est que le pays ne soit ni bloqué, ni affaibli », assure-t-il. Et d'ajouter qu'il estime que « les partis politiques de gouvernement ne doivent pas oublier les circonstances exceptionnelles d'élection de leurs députés au second tour des législatives ».
Par ailleurs, le chef de l'Etat « appelle l'ensemble des responsables politiques à se hisser à la hauteur du moment en faisant preuve d'esprit de responsabilité », et exhorte particulièrement les socialistes, les communistes et les écologistes à « coopérer avec les autres forces politiques ».
Dans la foulée de ce communiqué de clarification de l'Elysée, différents responsables politiques issus de la gauche ont réagi. A commencer par Jean-Luc Mélenchon, le leader des « insoumis » qui dénonce « une situation d'une exceptionnelle gravité », créée par Emmanuel Macron en rejetant l'option d'un gouvernement NFP. Et le dirigeant de LFI d'annoncer : « La réplique populaire et politique doit être rapide et ferme. La motion de destitution sera déposée ».
Un peu plus tôt dans la soirée, sur le réseau social X, Mathilde Panot, la présidente du groupe « Insoumis » à l'Assemblée nationale a aussi prévenu « de la façon la plus ferme et solennelle qui soit : nous censurerons la nomination de tout autre premier ministre ». La femme politique a aussi réitéré la menace lancée le 25 août dans une tribune publiée par La Tribune dimanche d'une procédure de destitution à l'encontre d'Emmanuel Macron, sur la base de l'article 68 de la Constitution.
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Même son de cloche chez le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui a dénoncé sur BFMTV un « un coup de force antidémocratique tout à fait inacceptable qui se fait sur la base d'une argumentation qui n'a aucun sens ». Et d'assurer que les Insoumis n'iront « pas participer à une nouvelle tentative de consultation ».
Sur l'autre partie de l'aile gauche, les réactions ont à peu près la même tonalité. Sur BFMTV, le patron des communistes Fabien Roussel a appelé ce lundi soir à « une grande mobilisation populaire » dans « les jours prochains ».
Dans un post sur X, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) a, elle, qualifié le communiqué de la présidence de la République de « honte ». Et de préciser : « Invoquer la stabilité quand on a dissous sans aucune concertation et qu'on refuse le résultat d'une élection pour laquelle les français n'ont jamais été aussi nombreux à se déplacer est d'une irresponsabilité démocratique dangereuse. »
Pour rappel, dans l'optique de nommer un Premier ministre d'ici la fin de la semaine, Emmanuel Macron a mené toute la journée de lundi des entretiens avec différents représentants des forces politiques du pays. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a été reçue à l'Elysée à 9h30, tandis que son homologue au Sénat, Gérard Larcher, s'est entretenu avec le chef de l'Etat vers 17 heures.
Le président de la République s'est aussi entretenu dans la matinée avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Les leaders du Rassemblement national ont été suivis à midi de leur nouvel allié à droite, Eric Ciotti. L'extrême droite, qui a fait une croix sur Matignon après sa défaite aux élections législatives du 7 juillet, a eu l'occasion de rappeler au chef de l'Etat son refus d'un gouvernement de gauche, avec ou sans ministres Insoumis.
En fin d'après-midi, la coalition de gauche NFP a fait savoir dans un communiqué qu'il ne retournera à l'Elysée « que pour discuter d'un gouvernement Castets ». Regrettant que le chef de L'Etat « continue de tergiverser » pour nommer un Premier ministre. Les quatre chefs de partis du NFP et Lucie Castets affirment qu'Emmanuel Macron doit « nommer Lucie Castets à Matignon ».
Sept semaines après les élections législatives qui ont plongé le pays dans l'impasse politique, le chef de l'Etat n'est donc toujours pas en mesure de désigner un Premier ministre. Mais le calendrier est désormais serré : Emmanuel Macron, qui a plusieurs rendez-vous diplomatiques cette semaine, doit participer mercredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques avant de s'envoler pour une visite en Serbie jeudi et vendredi.
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Or, son choix devient urgent alors que Gabriel Attal gère les affaires courantes à Matignon depuis déjà 41 jours, du jamais-vu depuis l'après-guerre, et que le temps presse pour présenter un budget avant le 1er octobre. Combien de temps vont durer ces prolongations ? La désignation d'un Premier ministre, espérée initialement vers mardi, n'est « pas exclue » cette semaine, mais pas garantie non plus, glisse désormais un conseiller de l'exécutif, auprès de l'AFP.
(Avec AFP)
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