Demain, Emmanuel Macron prendra la parole. Le chef de l'État doit tirer devant les Français les conclusions des consultations qu'il a menées pour dénicher un nouveau Premier ministre, sept semaines après le second tour d'élections législatives qui ont divisé l'Assemblée nationale en trois blocs incompatibles. À cette occasion, il a prévu d'expliquer pourquoi il ne nommera pas Lucie Castets à Matignon, contrairement aux exigences du Nouveau Front populaire (NFP), arrivé en tête le 7 juillet mais ne comptant que 193 députés sur 577, loin de la majorité absolue.
Il annoncera un nouveau cycle de discussions dès mardi pour trouver un chef de gouvernement capable de réunir la « majorité la plus large et la plus stable » possible. Le nom de celui-ci devrait être officialisé avant la fin de la semaine. Une certitude : ce ne sera pas mercredi, en raison de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques.
Le président pourra-t-il respecter le plan envisagé ? Le processus qu'il a mis en place visait initialement à purger aux yeux de l'opinion l'hypothèse d'une nomination de Lucie Castets à Matignon. « Il avait le sparadrap NFP collé aux chaussures. Emmanuel Macron croyait s'en être débarrassé dans son intervention du 23 juillet sur France 2. Or, Lucie Castets n'ayant pas cessé son numéro de claquettes tout l'été, il fallait qu'il règle la question une bonne fois pour toutes », décrypte un responsable du camp présidentiel. Pour cela, le chef de l'État avait choisi de procéder « à ciel ouvert ». « Personne n'accepterait que je décide tout seul », a-t-il répondu vendredi quand François Bayrou, reçu à déjeuner avec les autres leaders du bloc central, lui a rappelé que la désignation du Premier ministre était une « prérogative présidentielle » et ne devait en rien dépendre des partis. Il avait aussi arrêté son angle d'attaque : l'hostilité que susciterait la présence de ministres LFI dans un éventuel gouvernement Castets. Mais, hier, Jean-Luc Mélenchon est venu compliquer les visées présidentielles en n'écartant pas la possibilité d'un soutien sans participation de sa formation à un gouvernement NFP.