Consultations à l'Elysée : Le Pen réclame une session extraordinaire de l'Assemblée
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Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été reçus ce lundi matin par Emmanuel Macron à l'Elysée.
Reuters
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Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été reçus ce lundi matin par Emmanuel Macron à l'Elysée.
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[Article publié lundi 26 août 2024 à 10h36 et mis à jour à 17h34] Dans l'optique de nommer un Premier ministre d'ici la fin de la semaine, Emmanuel Macron poursuit ses entretiens ce lundi. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a été reçue à l'Elysée à 9h30. Son homologue au Sénat, Gérard Larcher, était attendu à 17 heures.
En fin d'après-midi, le NFP a fait savoir dans un communiqué qu'il ne retournera à l'Elysée « que pour discuter d'un gouvernement Castets ».
Regrettant que le chef de L'Etat « continue de tergiverser » pour nommer un Premier ministre, les quatre chefs de partis du NFP et Lucie Castets affirment qu'Emmanuel Macron doit « nommer Lucie Castets à Matignon ».
Pour rappel, le chef de l'Etat s'est entretenu dans la matinée avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Les leaders du Rassemblement national ont été suivis à midi de leur nouvel allié, Eric Ciotti. L'extrême droite, qui a fait une croix sur Matignon après sa défaite aux élections législatives du 7 juillet, a eu l'occasion de rappeler au chef de l'Etat son refus d'un gouvernement de gauche, avec ou sans ministres Insoumis.
Marine Le Pen a aussi profité de son entretien avec le président de la République pour lui demander l'ouverture d'une session extraordinaire de l'Assemblée avant la nomination d'un Premier ministre, pour pouvoir éventuellement le censurer. « Ce que je veux, c'est que l'Assemblée nationale puisse être en situation d'opérer une censure si c'est nécessaire », a-t-elle déclaré.
« Il n'est pas question » de laisser passer « une politique qui viserait à aggraver considérablement l'immigration, à régulariser les clandestins », politiques, qui serait « majoritairement rejetée dans le pays », a-t-elle assuré. La leader frontiste en profitant pour balayer l'hypothèse d'un gouvernement technique : « Je n'y crois pas du tout. (...) Il n'y a que des gouvernements politiques planqués derrière des appellations techniques », a déclaré Marine Le Pen.
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« On censurera tout gouvernement qui est issu du Nouveau Front populaire, mais surtout qui applique le programme du Nouveau Front populaire », avait déjà averti Sébastien Chenu, ce lundi matin, au micro de France 2. « Ce n'est pas une histoire d'hommes, c'est une histoire de programme », avait asséné le vice-président du RN, martelant toutefois sa volonté de « mettre au ban du système politique » La France insoumise, « parti antirépublicain » qui porte selon lui un projet « néfaste pour le pays ».
Cinglante fin de non-recevoir à Jean-Luc Mélenchon, qui espérait désamorcer les multiples menaces de censure en ouvrant la porte samedi à une non-participation de LFI : un gage de bonne volonté pour permettre la nomination à Matignon de Lucie Castets, candidate désignée par le NFP.
Ce coup politique a été unanimement salué à gauche, car il a poussé ses opposants à se dévoiler. Et à admettre, comme François Bayrou dimanche sur LCI, que « l'opposition à la formation d'un gouvernement autour de LFI » se justifie « principalement en raison du programme » du NFP, qui est selon lui « dangereux pour le pays ».
Au fond, pour tous ceux qui ont échangé vendredi avec Emmanuel Macron, « le sujet c'est autant les ministres LFI que l'application stricte d'un programme du NFP lui-même inspiré de LFI », résume un proche du chef de l'Etat.
Ligne rouge qui vire à l'écarlate pour Laurent Wauquiez : le patron des députés droite républicaine a réaffirmé dimanche sa volonté de « faire barrage » à LFI, de son point de vue « sans doute le plus grand danger politique pour notre pays ».
Plus que le RN donc, dont l'abstention demeure indispensable afin d'installer un gouvernement de centre-droit et de faire passer un budget avant la fin de l'année.
Ce projet de loi de finances devra quoi qu'il arrive être présenté avant le 1er octobre, ce qui oblige Emmanuel Macron à nommer rapidement un successeur à Gabriel Attal. Ce dernier gère les affaires courantes à Matignon depuis déjà 41 jours, du jamais-vu depuis l'après-guerre.
Le président, qui célébrait justement dimanche les 80 ans de la Libération de Paris, semble pourtant tenté de jouer les prolongations. Après un hommage appuyé à « tous ceux qui partageaient une certaine idée de la France » et ont su s'unir « par-delà toutes les divisions », il pourrait à nouveau s'exprimer ce lundi, avant de nouvelles consultations qui seraient organisées mardi, selon l'Elysée. « Manifestement », la désignation d'un Premier ministre, « n'est pas imminente », a ironisé Eric Ciotti au sortir de son rendez-vous ce lundi midi.
Une prise de parole « nécessaire », a estimé François Bayrou, qui s'attend lui aussi à ce que le chef de l'Etat « consulte un peu plus largement ». Au risque de retarder encore la décision, sachant qu'Emmanuel Macron doit participer mercredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, avant de s'envoler pour une visite en Serbie jeudi et vendredi.
Ce qui ne serait pas du goût du NFP, qui lui a réclamé « une réponse mardi », comme l'a rapporté la cheffe des écologistes Marine Tondelier. « Je ne veux pas participer à une mise en scène où (...) les dés sont pipés », a ainsi prévenu le socialiste Olivier Faure ce lundi sur franceinfo, tandis que le communiste Fabien Roussel a souligné sur BFMTV et RMC que la situation de « crise démocratique » crée « une attente énorme ».
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Dénonçant les « manœuvres » du président de la République pour empêcher (la gauche) de gouverner le pays, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a prévenu que tout autre Premier ministre que Lucie Castets entraînerait « censure » du nouveau gouvernement, « mobilisation » dans la rue, et « destitution » d'Emmanuel Macron.
(Avec AFP)
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