Nouveau Premier ministre : devant le refus de ministres insoumis, Mélenchon interpelle les macronistes et la droite
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[Article publié le samedi 24 août 2024 à 14h33 et mis à jour à 15h53] Jean-Luc Mélenchon a interpellé samedi les dirigeants du camp d'Emmanuel Macron et de la droite. Le chef de file de La France insoumise leur a en effet demandé s'ils censureraient un gouvernement dirigé par Lucie Castets, figure avancée par le Nouveau Front populaire pour Matignon, s'il ne comportait pas de ministre insoumis, ligne rouge exposée par les macronistes et la droite vendredi à l'Élysée. Pour rappel, les représentants des forces politiques de la nouvelle Assemblée nationale ont été reçus par le président de la République, à l'exception de l'extrême droite attendue lundi au Palais
Invité de TF1, le leader de LFI s'est adressé « aux chefs des trois partis macronistes et de la droite : le gouvernement de Lucie Castets, s'il ne comportait aucun ministre insoumis, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure et à lui permettre d'appliquer le programme pour lequel nous sommes arrivés en tête des élections législatives ? », a-t-il demandé.
Le patron des socialistes, Olivier Faure, a rapidement réagi sur le réseau social X, y voyant un signal positif, susceptible de changer le cours des négociations.
« La déclaration de Jean-Luc Mélenchon met le camp Macron face à ses responsabilités. Les écologistes attendent avec impatience la réponse des chefs des partis Renaissance, Horizons et Modem », a de son côté commenté auprès de l'AFP la patronne des écologistes, Marine Tondelier.
Jusqu'ici, devant la presse, les dirigeants de LFI rejetaient l'hypothèse d'une non-participation à un gouvernement de Lucie Castets, arguant que cela ne permettrait pas à la haute fonctionnaire d'avoir les coudées plus franches. L'option a finalement été avancée vendredi soir.
Pour le député LFI Eric Coquerel, vieux compagnon de route de Jean-Luc Mélenchon, la proposition surprise de ce dernier samedi sert à « mettre au pied du mur les gens qui disent que le problème c'est les Insoumis ». « Le vrai problème pour eux, c'est le programme. C'est une manière de dénoncer leur hypocrisie », assure-t-il.
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Emmanuel Macron a entamé un cycle de consultations des chefs de partis et de groupes parlementaires. Celui-ci est censé déboucher sur la nomination d'un Premier ministre, six semaines après les élections législatives qui ont vu la coalition de gauche NFP arriver en tête en nombre de sièges, toutefois loin de la majorité absolue.
Vendredi matin, le chef de l'Etat a d'abord reçu Lucie Castets et les représentants du NFP, qui revendiquent de former le gouvernement. A la sortie, la haut-fonctionnaire désignée par le NFP a jugé le président « lucide » sur « le souhait d'un changement d'orientation politique » après ce scrutin. Mais, a-t-elle ajouté, « la tentation semble encore présente pour le président de composer son gouvernement. »
Emmanuel Macron a ensuite reçu les dirigeants des partis le soutenant (Renaissance, Horizons, MoDem, Parti radical et UDI) et ceux du parti de droite Les Républicains. Tous ont averti qu'ils censureraient un gouvernement comportant des ministres LFI.
Les macronistes cherchent depuis les législatives les voies d'une entente avec la droite, dans le but de supplanter le NFP en nombre de sièges. Une stratégie qui a permis, via un accord avec LR, la réélection à la présidence de l'Assemblée de Yaël Braun-Pivet. Elle achoppe toutefois sur le refus du président de LR Laurent Wauquiez de toute coalition ou participation gouvernementale.
Des noms circulent néanmoins à droite pour Matignon. Devant les dirigeants LR, le chef de l'Etat a cité ceux de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et David Lisnard, selon une source au sein du parti. Le président doit encore recevoir Marine Le Pen et Jordan Bardella lundi, puis leur allié Eric Ciotti. Il doit également s'entretenir lundi avec les présidents de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) et du Sénat Gérard Larcher (LR).
Vendredi soir, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé lors des universités d'été de LFI les « agressions » d'Emmanuel Macron, accusé d'être un « autocrate ». Pour son grand discours de la rentrée politique des Insoumis, à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a dépeint le président de la République comme un homme « autoritaire » qui « offense tous les Français ».
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De nouvelles consultations pourraient être organisées mardi, en fonction du résultat de ce premier cycle de discussions, selon l'Élysée. La présidence n'a pas donné de calendrier pour la nomination d'un chef de gouvernement, alors que celui de Gabriel Attal, toujours en place, est démissionnaire depuis le 16 juillet. Le président pourrait également s'adresser aux Français pour leur « rendre compte » de ses démarches, selon un de ses hôtes de vendredi.
(Avec AFP)
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