Macron, Sarko, stop ou encore ? Demandez à Bolloré...

CHRONIQUE POLITISCOPE. L'approche de la présidentielle 2022 semble mettre fin au théâtre d'ombre des "bonnes relations" entre l'ancien président et le nouveau... Nicolas Sarkozy éructe en privé contre la politique vaccinale du chef de l'Etat, tandis qu'Emmanuel Macron joue son avenir sur le pari d'avoir tout tenté pour éviter un troisième confinement. Le tout sur fond de guerre médiatique autour du dossier Lagardère.
Marc Endeweld

5 mn

Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron lors d'une commémoration de la Seconde Guerre mondiale, au Mont-Valérien à Suresnes le 18 juin 2020.
Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron lors d'une commémoration de la Seconde Guerre mondiale, au Mont-Valérien à Suresnes le 18 juin 2020. (Crédits : LT)

Et si Emmanuel Macron avait déjà réussi son « pari » ? En s'opposant aux médecins et épidémiologistes qui réclamaient à cor et à cris il y a encore quelques jours la mise en place d'un troisième confinement, le président a indéniablement marqué des points auprès des Français qui ont de plus en plus de mal à supporter les restrictions sanitaires.

Plus de quinze jours après la décision du chef de l'Etat, le front de l'épidémie semble lui donner raison : le niveau des contaminations n'a pas explosé comme le redoutaient certains scientifiques. Les courbes sont mêmes légèrement négatives. C'est désormais devenu une habitude, médecins et épidémiologistes se succèdent sur les plateaux télé pour reconnaître qu'il ont été trop alarmistes. Bien sûr, l'inconnu des variants du virus plane encore sur l'Elysée. Alexis Kohler comme Emmanuel Macron regardent chaque jour comme le lait sur le feu les différents chiffres qui leur remontent du terrain.

« Rien n'est gagné encore d'un point de vue sanitaire », nous souffle ainsi un conseiller alors que la situation à Dunkerque sur le "variant anglais" inquiète. « Si la situation s'améliore d'ici le printemps, Emmanuel Macron va pouvoir capitaliser politiquement sa décision courageuse », espère un autre. Alors oui, la campagne vaccinale est loin d'être parfaite, les Français subissent encore un « couvre-feu » à 18 heures, mais le ciel s'éclaircit quelque peu pour l'hôte de l'Elysée à un an de la présidentielle.

À droite, si les noms d'éventuels challengers se multiplient - au point que certains commencent à envisager de nouveau l'organisation d'une primaire à l'automne prochain - ils sont encore peu nombreux à imprimer dans l'opinion. Du côté des décideurs économiques,  le « quoi qu'il en coûte » du président a fini par faire son effet : « En lâchant les cordons de la bourse de l'Etat, Macron ne s'est pas uniquement acheté la paix sociale, il s'est acheté la paix patronale ! » s'exclame devant nous un haut responsable patronal. De fait, même les restaurateurs commencent à mettre leurs critiques en sourdine.

Cela n'empêche pourtant pas les chiffres de la pauvreté et des inégalités d'exploser ces derniers mois. « S'il a refusé ce nouveau confinement, c'est d'abord parce qu'il a senti que le pays était à deux doigts de lui péter à la gueule », persifle un opposant.

En ces temps de tempête épidémique, tout n'est finalement que perception et ressenti. Les jours passent, et toute rationalité semble vaine. Seul compte les images. À ce jeu là, Emmanuel Macron est un redoutable candidat. Peu importe si les mots se contredisent semaine après semaine. En l'absence d'alternative clairement définie, les Français finissent par s'habituer au statu quo politique. Au point de vouloir le conserver ?

« Si c'est le chaos, c'est Sarko »

S'il y en a un pourtant qui n'a pas dit son dernier mot, malgré ses ennuis judiciaires, c'est Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat après avoir multiplié les éloges à l'égard d'Emmanuel Macron au début du quinquennat, ne cesse aujourd'hui de critiquer sa gestion de la crise sanitaire. Ses amis espèrent encore aujourd'hui qu'il peut revenir dans l'arène politique comme l'homme du recours. C'est justement ce qu'affirmait, dès l'hiver 2019, le publicitaire Jacques Séguéla, sous forme de slogan : « Si c'est le chaos, c'est Sarko ».

À ces appels du pied, Sarkozy répond pourtant qu'il ne souhaite pas concourir de nouveau. L'homme pour qui tout était possible en 2007 se fait-il désirer ? En attendant, c'est dans l'arène économique, où s'affrontent les grands fauves du capitalisme français, que les deux hommes se jaugent. Sarkozy soutient mordicus Vincent Bolloré dans sa joute avec Bernard Arnault au sujet du groupe Lagardère.

Signe évident d'une montée d'une tension entre les deux hommes, l'Elysée a initié l'usine à "offs" visant explicitement Bolloré et ses manigances pour 2022. Depuis décembre dernier, les communicants et les militants d'En Marche tentent de faire croire que le dessein d'un Vincent Bolloré serait d'abord politique, et passerait par le soutien de Marine Le Pen et de l'extrême droite à la prochaine élection présidentielle. Cette manière d'agiter ce chiffon rouge - en tout cas encore perçu comme tel au sein des médias parisiens - commence à faire ses effets dans le microcosme : journalistes, communicants, intermittents du spectacle, bref, le petit monde de Paris, pourtant lassé par les gesticulations présidentielles, commence à craindre l'activisme médiatique de Bolloré.

Macron rempart contre les "oligarques"

Car l'entourage présidentiel n'hésite plus à présenter ce dernier comme un danger pour la démocratie ! Ce storytelling est aussi une manière de laver Emmanuel Macron de toutes les critiques qu'il a eu à subir depuis 2017, et notamment celles qui faisaient de lui un artefact, un homme des médias et des oligarques. Avec comme message sublimal : si les oligarques semblent vouloir désormais remplacer le président, c'est peut-être qu'il a bien fait son travail. Emmanuel Macron est passé maitre dans l'art du judo en politique...

Ce qui est sûr, c'est qu'à un an de la présidentielle, les peaux de banane et autres vacheries n'ont pas fini d'être glissées par les entourages des uns et des autres. Et au moment où l'Express dévoile que Nicolas Sarkozy, 66 ans, a eu la chance de se faire vacciner à l'hôpital militaire de Percy, l'ancien président  assume et décide d'hausser le ton sur la gestion sanitaire du gouvernement : « Vous vous rendez compte, on annule les gens pour leur deuxième injection ?! » balance-t-il à ses visiteurs. À ce jeu de l'affrontement, le fauve Sarkozy choisit comme à son habitude l'attaque, laissant  l'esquive à Macron, dont il est devenu un spécialiste. Dans un an, on verra bien qui des deux hommes a choisi la meilleure stratégie...

Marc Endeweld

5 mn

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Commentaires 26
à écrit le 22/02/2021 à 7:07
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.....un des gros problème démocratique de ce pays est l'impunité TOTALE ( ....avec celle des magistrats ! ) des élus qui se succèdent a l'éxécutif ! Un p'tit tour , des dégats , des dérives et je m'en vais , tranquille comme Baptiste ...

à écrit le 21/02/2021 à 10:42
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Nous voilà dans la période des petites phrases ,crocs en jambes et autres dans le fond qui trouve cela intéressant, les politiques qui aiment se vautrer dans la médiocrité. M. Sarkozy a fait son temps il a loupé sa réélection son retour voulu par cer...

à écrit le 20/02/2021 à 16:38
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Eugène c'est l'plus grand commentateur du football politique. Eugène Sarko Mano !

à écrit le 20/02/2021 à 11:31
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des visionnaires sans anticipation ! politique sécuritaire / et sanitaire prémice a un reconfinement qui validera un échec probable aux commentaires des médias

à écrit le 20/02/2021 à 7:40
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La peste, le cholera et le corona. Finalement je l'aime bien ce petit virus, d'un coup il me parait bien sympa. Vous appelez ça un pari réussi vous? si le troisième confinement était inutile, que penser des deux premiers et des autres mesures (forêt...

à écrit le 20/02/2021 à 1:26
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Les francais meritent leurs politiques.

le 20/02/2021 à 16:53
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@ matins calmes ; Comme tous les peuples sur cette bonne vieille planète...La Corée du Sud est bien lotie en la matière !!

à écrit le 19/02/2021 à 21:15
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Macron ou Sarkozy de Nagy Bocsa, c'est itou puisque c'est Bolloré qui tire les ficelles, avec d'autres aussi qui contrôlent les médias. Les ultra riches à la tête d'empires industriels, commerciaux, médiatiques conduisent leurs pays respectifs vers u...

le 21/02/2021 à 11:16
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Ce n'est pas vrai. Niel, Arnaud, Bouygues au moins sont aussi au conseil d'administration de la république versaillaise et Vichyste.

à écrit le 19/02/2021 à 20:15
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Macron si tu ne lève pas toutes les restrictions ( obstacle à notre liberté et dignité de vie humaine)nous allons te rendre visite à l’Elysée pour un brunch.

le 20/02/2021 à 13:20
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Chiche !!!

le 20/02/2021 à 13:20
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Chiche !!!

le 20/02/2021 à 13:20
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Même pas cap !!!

le 21/02/2021 à 23:22
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Nous sommes bien éduqués , nous ! Nous attendons «  sa carte d’invitation «  nous ferons jamais rien «  sans son consentement «  contrairement à lui : il nous a pas demandé notre avis pour le «  couvre feu à 18h »( complètement stupide cette restric...

à écrit le 19/02/2021 à 17:50
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probité / exemplarité en donneurs de leçon un échec a lire la presse

à écrit le 19/02/2021 à 16:50
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Cet article est creux avec des théories fumeuses. Avec des tensions en réanimation passé de 50% en décembre a 66% a ce jours on devine bien le chaos qu il va y avoir d'ici quelques semaines dans les hôpitaux..... En tout cas c'est bien sympathique q...

le 19/02/2021 à 18:59
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Pour info le premier cluster de France : un événement annuel depuis 20 ans. Actuellement avec les outils il est possible de tout faire sur la planète. Faut être débile pour ne pas comprendre ce qu’il se passe dans le monde. L’abus est que le coron...

le 20/02/2021 à 13:24
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Oui mais ça arrange le président, si il cesse le couvre feu ou les confinements, ce sera le retour des gilets jaunes dans la rue et des hopitaux en grèves... En gardant les personnes chez eux, il espère qu'on parlent pas entre nous et que la divisio...

à écrit le 19/02/2021 à 16:07
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3ème re-confinement ou pas ? On ne va pas s'emballer. Déjà voir comment on encaisse l'anglais, les temps que les chiffres remontent des labos le nombre des cas réels et l'impact sur les populations. Plus de jeunes touchés apparemment, mais les jeun...

à écrit le 19/02/2021 à 15:56
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M. Sarkozy vacciné a 66 ans alors que des personnes âgées de 74 ans avec des pathologies sont refoulées . Les passe- droits existent partout dans le monde.

le 20/02/2021 à 9:24
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Comme le rapporte lemédia local WFTV9. A Orange County, en Floride, deux femmes se sont déguisées en grand-mères. Elles espéraient ainsi recevoir la seconde injection de leur vaccin. Mais les autorités ont percé à jour leur surprenante tentative. ...

le 21/02/2021 à 15:58
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Oui mais ils ne possède pas les mêmes valeurs, faut pas déconner c'est un ancien Président, quand même... Avec le bilan le plus calamiteux de la 5ième (et je ne vote pas à gauche)..

à écrit le 19/02/2021 à 15:31
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Bon j'ai essayé Bernard Arnaud et ça n'a pas marché, j'ai essayé Ruffin, aucun retour (étonnant ^^), monsieur Bolloré, et pour faire aussi plaisir à Churchill quand même hein, qui vient répendre la bonne parole de... Jacque Attali ici même (désolé un...

à écrit le 19/02/2021 à 15:00
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Il éructe hirsute !

à écrit le 19/02/2021 à 14:52
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Que de publicité sur des suppositions, afin d'instiller des doutes par ci; par là. Cela ne coûte rien et cela sème la polémique dont se nourrissent ceux qui sont en place!

à écrit le 19/02/2021 à 12:12
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Abstention record et un boulevard quantique pour le RN = LREM.( une alliance ?)

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