Menaces sur le soutien aux entreprises : les ETI s’inquiètent
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33% des ETI ont suspendu leurs investissements, au moins en partie.
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33% des ETI ont suspendu leurs investissements, au moins en partie.
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Les ETI commencent à s'alarmer. Le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) évoque lundi les possibles futures hausses d'impôts pour certaines entreprises et baisses des aides qu'elles reçoivent, estimant que ce « n'est pas de nature à libérer l'investissement et la création d'emplois ». En effet, dimanche soir, le Premier ministre Michel Barnier a évoqué des « prélèvements ciblés » sur « certaines grandes entreprises », et a refusé d'exclure une hausse de l'impôt sur les sociétés, dans sa quête d'un rétablissement des finances publiques.
Par ailleurs, début septembre, les Commissions des Finances du Parlement ont pris connaissance d'un rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF) identifiant des pistes de coupes sur les aides aux entreprises.
Pour rappel, les ETI sont pour la plupart des entreprises comptant de 250 à 4.999 salariés, d'un chiffre d'affaires maximum de 1,5 milliard d'euros.
Le METI remarque dans son communiqué que « l'impact de l'incertitude qui s'est installée depuis le début de l'été a affecté négativement l'activité de 2/3 des ETI ». Ainsi, selon le monitoring de leur activité en septembre, 33% des ETI ont suspendu leurs investissements, au moins en partie, 37,5% les ont revus à la baisse, 19% les ont réorientés vers d'autres pays, et 8% les ont arrêtés. En ce qui concerne l'emploi, 26,6% des ETI ont suspendu tout ou partie des créations envisagées, 39% ont revu leur nombre à la baisse, 17% les ont réorientées vers d'autres pays et 14% les ont arrêtées.
Quoique « moins catastrophiques qu'en juillet », juste après le choc de la dissolution, ces chiffres « demeurent très préoccupants pour les perspectives de croissance des ETI et du pays », note le METI. Pour lui, « les décisions des dirigeants d'ETI sont comme paralysées par le contexte inédit » d'une longue incertitude politique et économique cet été, mais aussi en raison de « la menace de remettre en cause la politique « pro-compétitivité » menée depuis une décennie en France, notamment sous Emmanuel Macron.
De son côté, le président du Medef Patrick Martin a indiqué lundi que son mouvement était « prêt à discuter » d'une hausse d'impôts des entreprises, mais sous conditions.
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« Nous sommes prêts à discuter d'une hausse d'impôts des entreprises à deux conditions », explique-t-il dans une interview au Parisien. Il faut avoir d'abord « la démonstration que sur l'excès de dépenses publiques, l'État fait des efforts bien supérieurs à ce qu'il demande aux entreprises ». Ensuite, que cet effort « n'enraye pas la dynamique d'investissement et de création d'emplois dans une conjoncture économique très fragile ».
Il a déclaré néanmoins que les entreprises françaises « supportent le niveau de prélèvements obligatoires fiscaux et sociaux le plus élevé au monde, 364 milliards d'euros par an ». Il a aussi remarqué « qu'il y a déjà beaucoup de taxes et impôts qui touchent plus les grandes entreprises », et « qu'il ne faut pas trop tirer sur la corde ».
Par ailleurs, sur toutes les pistes fiscales visant les entreprises, Patrick Martin s'est montré réservé, comme sur une baisse du Crédit d'impôt recherche (CIR). Sur la taxation des rachats d'actions des entreprises, il estime qu'on « peut en parler », mais qu'il vaudrait mieux « encourager leurs investissements profitables ». Il évoque aussi le risque de « faire fuir » les investisseurs étrangers avec cette mesure.
Sur d'éventuels rabotages des allègements de charges sur les salaires, il incite le gouvernement à ne pas « aller chercher les mauvaises économies », surtout pour les métiers « exposés à la concurrence internationale », ou les secteurs où les salaires sont en grande majorité bas, et où ces réductions auraient « un effet dévastateur sur l'emploi ». Le président du Medef juge également qu'il faut « prendre avec des pincettes » la piste d'une baisse des aides à l'apprentissage, pour les entreprises de taille moyenne à grande, et pour les diplômes supérieurs à la licence.
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Entre autres pistes, il recommande aussi de s'en prendre à la fraude sociale, au régime social des travailleurs frontaliers qui ne cotisent pas en France, aux effectifs administratifs du système de santé ou à la surréglementation. Il estime par ailleurs qu'il faut trouver un nouveau dispositif fiscal incitatif pour soutenir le secteur immobilier et remplacer le dispositif Pinel.
(Avec AFP)
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