L’agence de notation Moody’s offre un sursis à la France
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L'agence Moody's a finalement maintenu la note de crédit de la France à Aa2, parmi les meilleures notes de la zone euro.
ANDREW KELLY
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L'agence Moody's a finalement maintenu la note de crédit de la France à Aa2, parmi les meilleures notes de la zone euro.
ANDREW KELLY
L'agence de notation Moody's vient d'offrir un répit au gouvernement de Michel Barnier qui tente de faire accepter au Parlement un effort de 60 milliards d'euros dans le projet de budget pour 2025. Elle maintient en effet la note de crédit de la France à « Aa2 » mais prévient en même temps qu'elle risque de la rétrograder dans les prochains mois en plaçant la note sous une perspective « négative ».
Dans un communiqué diffusé vendredi soir, l'agence explique sa décision par « le risque croissant que le gouvernement ne soit pas en mesure de mettre en œuvre les mesures qui permettraient d'éviter des déficits budgétaires durablement plus importants que prévu ». Bref, comme si elle donnait au gouvernement la possibilité de faire ses preuves et de boucler un budget susceptible de changer la trajectoire des finances publiques.
De son côté, Bercy a « pris note de la décision de l'agence », et rappelé « que la France dispose de forces économiques réelles et qu'elle est aussi capable de mener des réformes d'ampleur ».
Le gouvernement est d'autant plus soulagé que la vision du marché allait clairement vers une dégradation de la note par Moody's, compte tenu de la détérioration du climat politique et des dérapages budgétaires à répétition. La dernière fois que Moody's a confirmé la note remonte à décembre 2022.
La prime de risque payée par la France sur les marchés (écart de rendement entre une obligation française à 10 ans et une obligation allemande de même maturité), qui oscille entre 70 et 80 points de base, ne correspond plus de fait au rating de la France, mais plutôt à celui de l'Espagne ou du Portugal. Les analystes s'attendaient au moins à ce que Moody's aligne sa notation sur celles de Fitch et de S&P Global, qui sont un cran en-dessous.
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Mais ce soulagement risque d'être de courte durée. Dans son communiqué, Moody's explique clairement que les chances de voir cette perspective « négative » se stabiliser l'an prochain sont proches de zéro. Le réquisitoire est sans appel : « Il est peu probable que cet objectif (de réduction des déficits, NDLR) soit atteint en raison de l'ampleur de l'assainissement budgétaire qu'il nécessiterait » ; « dans toutes les catégories de dépenses, la France dépense actuellement plus que la moyenne de la zone euro » ; « les réductions de dépenses à grande échelle seront difficiles » ; « un certain nombre des mesures proposées par le gouvernement en matière de dépenses et de recettes ne sont pas de nature structurelle ».