Notre-Dame-des-Landes : début des opérations d'expulsion

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(Crédits : Stephane Mahe)
Une vaste opération d'expulsions, avec plusieurs centaines de gendarmes mobiles déployés, a débuté lundi à l'aube à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) pour déloger les occupants illégaux de la ZAD, près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport, donnant lieu à quelques affrontements.

Les accès principaux à la route 281, l'ex-route des chicanes et symbole du "retour à l'état de droit" étaient bloqués par les gendarmes avant 4h au nord et dès 3h30 au sud, a constaté l'AFP. La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, était sur place.

Des affrontements ont éclaté entre "zadistes" et gendarmes mobiles, qui ont tiré des grenades lacrymogènes et assourdissantes en réponse à des jets de projectiles.

Plusieurs épaves de voitures étaient complètement renversées sur les côtés, sur et au bord de la route, a constaté l'AFP. Des pneus encore fumants et des barricades jonchaient les abords de la zone. Les journalistes ont été tenus à l'écart une fois l'opération commencée.

Un très important dispositif de gendarmes mobiles a été mobilisé, avec des files de camions stationnés sur un côté de la route, feux allumés sous le brouillard. "Ça commence", a déclaré une occupante à l'AFP. "Ils font des sommations, ils virent les barricades".

Une première interpellation a eu lieu suite à des tirs de projectiles, selon des sources proches du dossier. Un gendarme a été blessé suite à un tir de fusée et souffre d'un décollement de la rétine, selon le ministère de l'Intérieur.

Appels à résistance

"Ces expulsions sont illégales", a déclaré une occupante de la ZAD se faisant appeler "Camille" à l'AFP. "C'est inacceptable que l'état chasse les gens de chez eux. On appelle tous les gens à résister nous soutenir et rejoindre les rassemblements locaux. On était dans un cadre de négociation apaisé avec la préfecture à la recherche de solutions collectives".

Cette opération de grande ampleur, prévue sur plusieurs jours, doit mobiliser au total vingt-cinq escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2.500 militaires. Elle prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels, et à démanteler certains des 97 squats recensés par les autorités.

La quasi totalité des 250 zadistes estimés sur place ne l'ont pas fait, préférant une gestion collective du territoire et la possibilité de mener des projets non agricoles.

(avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/04/2018 à 18:34 :
Macron se fait plaisir en faisant bastonner des zadistes pour tenter de faire oublier qu'il est en échec partout.

Le chômage piétine, l'économie réelle patine et on prévoit une chute de la croissance dès 2019, la balance commerciale est pire que jamais et si le déficit est en baisse c'est purement conjoncturel et grâce a des magouillages (non prise en compte de la dette de la SNCF par exemple).

Politiquement, le masque est tombé. Il n'y a plus que 6% des français pour penser que Macron est un tant soit peu de gauche, il est jugé arrogant, injuste et forcément son parti se prend des vestes électorales en permanence. Son discours ampoulé ne passe plus, "la confiture c'est comme la culture, moins on en a plus on l'étale"... et il n'imprime plus.
Du coup, il est en guerre contre la presse qui ne l'encense pas assez à son goût.

Pour en revenir à NDDL, je ne vois pas ce que le gouvernement espère résoudre en procédant maintenant à l'évacuation alors que manifestement rien n'a été préparé pour assurer au site un avenir intéressant et utile.
a écrit le 09/04/2018 à 17:49 :
simple gesticulation pour faire croire que l'etat assure ,,,,,?????
a écrit le 09/04/2018 à 14:02 :
Le futur de NDL, c'est quoi ? Un super Boboland ou un projet sérieux ? En fait, pour le moment , on nage dans l'improvisation.
a écrit le 09/04/2018 à 12:21 :
Nécessité de s'enrichir et de punir, deux puissantes dérives de l'oligarchie dont nous avons les comptables au pouvoir.
a écrit le 09/04/2018 à 11:09 :
Enfin! Le gouvernement s'attaque aux zones de non droit.
Sinon pourquoi payer ses PV de stationnement!
La cause aussi juste serait-elle ne peut justifier les moyens
La manière de parvenir à un objectif ne doit pas se parer d'un folklore asocial cachant une grande misère intellectuelle débouchant sur une violence nihiliste comme cela peut s'observer de nos jours.
Réponse de le 09/04/2018 à 13:46 :
@ Teddy

Il est intéressant de mettre en parallèle cette politique laxiste du laisser-faire et cette culture de la délinquance et du je-m'en-foutiste institutionnalisé que l'on a si profondément inscrit dans les gênes français, comme si foutre le bordel faisait parti des droits inaliénables du citoyen. Une chance que l'on a retiré les pavés il y a 50 ans. Pendant ce temps, le bilan de la délinquance c'est encore alourdie en 2017.
a écrit le 09/04/2018 à 10:24 :
Visiblement le gouvernement profite d'une médiatisation pour complaire leur donneur d'ordre a Bruxelles et ainsi se faire "mousser"!

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