« Nous ne voulons pas d'un viaduc de Gênes en France » (Hervé Maurey, sénateur de l'Eure)

Hervé Maurey, Sénat
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Hervé Maurey, Sénat
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« Le vrai sujet, c'est : comment fait-on pour éviter d'avoir un viaduc de Gênes en France ? » C'est en ces termes qu'Hervé Maurey, dans son bureau de président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, résume le sens de la mission d'information sénatoriale lancée il y a 15 jours sur l'état des 200.000 ponts français.
Dotée des prérogatives d'une commission d'enquête, elle pourra dans les six prochains mois contraindre les acteurs publics et privés concernés à venir témoigner. « C'est assez rare qu'on fasse cela », souligne (UC) le sénateur de l'Eure. « C'est quand même l'outil le plus fort. Nous avons, en effet, souhaité avoir ces pouvoirs pour aller plus loin. »
Avec les deux co-rapporteurs Patrick Chaize (LR) de l'Ain, avec qui il siège au Conseil d'orientation des infrastructures, et Michel Dagbert (SOCR) du Pas-de-Calais, Hervé Maurey entend se rendre en France mais aussi en Italie pour comprendre ce qui s'est passé. Si cela s'avère nécessaire, il commandera même « une étude extérieure » sur le sujet. Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, dégage en effet depuis peu des crédits pour obtenir des données indépendantes et ne plus dépendre des seuls renseignements des administrations visées.
Celle qui est parfois surnommée la "Chambre des territoires" veillera particulièrement aux 100.000 ponts appartenant aux conseils départementaux et aux 100.000 propriétés des communes, deux collectivités dont les ressources s'amenuisent au fil des budgets successifs.
Interrogée sur ce point par La Tribune, la ministre des Transports Élisabeth Borne « se félicite » que le Sénat se saisisse du sujet et affirme vouloir « aider les collectivités à surveiller leurs ouvrages et les accompagner si nécessaire. Nous devons nous assurer que les compétences sont là et réfléchir aux modes de financement pour ceux qui le nécessitent. »
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Aussi, sans attendre les premières auditions prévues dès jeudi 25 octobre et les futures sorties sur le terrain, la mission d'information vient de lancer une plateforme sur le site du Sénat afin que les élus locaux puissent y témoigner. Objectif : centraliser les doléances territoriales.
Hervé Maurey raconte qu'un matin, un maire a remarqué l'absence d'un pilier sur un pont traversant sa ville. Renseignements pris, il a découvert que l'ouvrage avait été construit peu après la Seconde Guerre mondiale et que les piliers étaient chacun posés sur une simple ''semelle'' et non reliés entre eux.
Calendrier des travaux, objectifs chiffrés... Ces quelques pistes dessinées par Hervé Maurey évoquent la philosophie du projet de loi d'orientation des mobilités portée par Élisabeth Borne. Après une présentation en conseil des ministres au plus tard fin novembre, le texte devrait arriver au Sénat au printemps prochain puis devant l'Assemblée nationale. « J'espère que notre travail viendra enrichir les travaux parlementaires », avance le sénateur. « Nous essaierons de nous servir de ce véhicule législatif si cela en relève. »
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La mission d'information aura, en effet, remis ses conclusions courant mars, quelques semaines plus tôt. D'ici là, Hervé Maurey espère déjà « un électrochoc sur la base des préconisations » ainsi que « des moyens pour y parvenir ».
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