Viaduc de Gênes : une telle catastrophe pourrait-elle se produire en France ?

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En France, d'après un rapport remis au gouvernement en juillet, 30% des ponts du réseau routier français non concédé nécessiteraient des réparations. A Bordeaux, par exemple, on s'interroge dans la presse pour le pont d'Aquitaine, mis en service la même année que le pont de Gênes, en 1967.
En France, d'après un rapport remis au gouvernement en juillet, 30% des ponts du réseau routier français non concédé nécessiteraient des réparations. A Bordeaux, par exemple, on s'interroge dans la presse pour le pont d'Aquitaine, mis en service la même année que le pont de Gênes, en 1967. (Crédits : Reuters)
L’effondrement du pont autoroutier survenu à Gênes (Italie) mardi 14 août éclaire d’un jour nouveau le rapport d’audit sur l'état du réseau routier non concédé qui a été remis au gouvernement en juillet. Pour ses auteurs, 7% des ponts présenteraient des risques d’effondrement.

"Réseau routier national non concédé", quezaco ? Il ne représente que 12.000 kilomètres, soit 1,2% du réseau routier français. Mais il supporte 18,5% du trafic et constitue un « maillon névralgique du système de transport du pays », selon Nibuxs et IMDM. C'est à ces bureaux d'études suisses que la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer a confié il y a quelques mois un audit concernant ledit réseau routier national non concédé.

Or, ses résultats, dont une synthèse est disponible sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, ne sont guère rassurants. On y apprend en effet que le réseau est « vieillissant et dégradé », et que cette dégradation des chaussées et des ouvrages d'art est « préoccupante ». Depuis 2012, ce serait la moitié des chaussées qui nécessiteraient des réparations structurelles: 2.040 kilomètres seraient ainsi gravement endommagés.

Cette dégradation est due au froid et aux intempéries, mais également au trafic particulièrement élevé sur les voies à caractéristiques autoroutières supportant des trafics de longue distance, lequel trafic peut atteindre jusqu'à 30.000 véhicules particuliers par jour !

Entretien : 50.000 €/km en France... contre 80.000 au Royaume-Uni

Quant aux ouvrages d'art, notamment les quelque 12.000 ponts, un tiers nécessiterait des réparations. Et si, la plupart du temps, de petites réparations seraient suffisantes, dans 7% des cas des dommages plus sérieux présentent un risque d'effondrement et justifieraient donc de les fermer à titre préventif. Malheureusement, selon ce même audit, un pont n'est réparé, en moyenne, que... 22 ans après l'apparition des premières dégradations.

Toujours selon les bureaux d'études suisses mandatés par le ministère, cette situation résulte d'une insuffisance chronique de moyens consacrés à l'entretien et à la gestion de ce réseau.

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[Cliquez sur le graphique pour l'agrandir. Histogramme extrait du rapport "Réseau routier national non concédé : résultats d'audits". Source : ministère de la Transition écologique et solidaire]

L'État y consacre 666 millions d'euros par an en moyenne depuis 10 ans, soit une dépense de 50.000 euros par kilomètre, alors que le Royaume-Uni dépense 80.000 euros par kilomètre.

De façon générale, la France fait mieux que ses voisins du Sud de l'Europe mais moins bien que ceux du Nord. Les auteurs du rapport calculent qu'en restant à ce niveau de dépenses jusqu'en 2022, 6% des ponts seront "hors service" en 2037 (soit plus de 700 ponts). Il faudrait ensuite compenser par des investissements annuels de 1,3 milliard pendant 15 ans pour revenir à un état du réseau comparable à celui d'aujourd'hui.

Par ailleurs, le rapport souligne que les dépenses préventives régulières visant à éviter des dégradations trop importantes sont trois fois moins coûteuses que les réparations rendues nécessaires par des dommages structurels.

Budget 2018 augmenté de 100 millions d'euros

La ministre française des Transports, Élisabeth Borne, a rappelé mercredi qu'elle planchait pour la rentrée sur un projet de loi de programmation des infrastructures.

« L'entretien, c'est notre priorité, ça se traduit dès le budget 2018 et ça se traduira pendant plusieurs années », a-t-elle ajouté soulignant avoir augmenté le budget 2018 à 800 millions d'euros, soit 100 millions de plus qu'en 2017.

En Bulgarie, on apprend ce jeudi que le Premier ministre, Boïko Borissov, a demandé une rénovation de tous les ponts du pays. L'état le plus pauvre de l'Union européenne, qui ne dispose que de moins de 800 kilomètres d'autoroutes, bénéficie depuis une dizaine d'années d'un financement européen destiné à moderniser les infrastructures qui n'ont pas été entretenues après la chute du communisme en 1989. Selon le ministre du développement régional, 211 ponts, pour la plupart construits il y a 35 à 40 ans, sont en mauvais état.

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[Évolution comparée des investissements dédiés aux infrastructures dans cinq pays de l'UE. Cliquez sur le graphique pour l'agrandir. Crédit : Statista*]

(*) Un graphique de notre partenaire Statista.

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DOCUMENT DE RÉFÉRENCE :

> Réseau routier national non concédé : résultats d'audits [synthèse publiée le 10 juillet 2018 par le ministère de la Transition écologique et solidaire] (Cliquez sur l'image ou le titre pour télécharger le document pdf de 8 pages)

Audit réseau routier, état des chaussées et ouvrages d'art,

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Commentaires
a écrit le 20/08/2018 à 9:42 :
la réponse s affiche au regard de l état du réseau .! inquiétant ! ! que font nos décideurs de l enveloppe dédiée au réseau
a écrit le 19/08/2018 à 6:47 :
Les italiens n'ont pas fait pire que les français.

Chacune des équipes gouvernementales a suivi les mêmes égarements en sabrant à grand coups les dépenses de maintenance des réseaux routiers jusqu'à rendre toutes les infrastructures et par extension les déplacements de plus en plus dangereux. Et l'incompréhensible est arrivé en Italie alors que la structure de ce viaduc faisait débat et l'objet de sévères critiques.

En France, au lieu de se préoccuper d'améliorer sans cesse l'existant, l'équipe au pouvoir préfère régler la question en inventant des révisions de vitesse de plus en plus réduite adossées à un parc de plus en plus florissants de radars tout en clamant que ces solutions sont salvatrices et vont régler tous les problèmes. Miamiam quel régal de recettes fiscales et parafiscales détournées des chantiers.

Mais les faits sont bien là et aucun discours dilatoire ne peut les travestir.
La sécurité des déplacements dépend avant tout du bon état des infrastructures et de leur perpétuelle amélioration visant à éliminer les points noirs sources de pièges mortels.

Tout le reste n'est que fallace et piperie.

Le summum de la comédie nous vient du théâtre romain. Dans cette ville, les citoyens ont fini par se créer eux même un tout nouvel impôt de quelques euros afin de remplir les ornières des chaussées. Les Autorités romaines continuent leurs collectes d'impôt en faisant mine d'ignorer la collecte civile qui remplace leurs déficiences.
C'est bien ce qui se passe chez nous.
Déjà, dans quelques endroits en France, des particuliers saturés des insuffisances publiques remplissent eux même quelques trous devant chez eux.
Pendant ce temps des sociétés de droit privé, concessionnaires de réseaux autoroutiers en majeure partie payés par les contribuables remplissent les poches de grands patrons et grands actionnaires au lieu de remplir les trous des chaussées.

Si cela devait continuer, ce ne sont pas quelques ornières qu'il nous faudrait combler, c'est un nettoyage par le vide qu'il faudrait entreprendre dans quelques strates de l'Etat.
a écrit le 18/08/2018 à 23:10 :
660 millions d'euro de dépensé pour nos routes nationales et 35 milliards d'impôts récoltés sur notre tête d'automobiliste (tipp, tva diverses, taxes cartes grises amendes etc), j'adore la mauvaise foi du gouvernement: ou part tout ce fric?
On est loin d'en manquer et économiser est un acte criminel s'il impacte le moindre accident mortel ou non.
a écrit le 18/08/2018 à 9:59 :
L’effondrement des banques a bien eu lieu, celui des ponts pas encore leurs piliers sont largement plus solides
a écrit le 18/08/2018 à 9:44 :
Oui, voir l'effondrement du Terminal 2E a Roissy, en 2004,
Les organismes de certification ne sont pas vraiment competents,
a écrit le 18/08/2018 à 9:13 :
Selon Emmanuel Barbe, délégué interministériel de la sécurité routière, les trop belles routes sont un facteur accidentogène : " Le paradoxe, c’est que les routes les plus belles routes de France sont 3,5 fois plus mortelles que les autres. Parce que comme elles sont belles, on y roule plus vite. Le vrai facteur de dangerosité en sécurité routière c’est la vitesse. Quand les routes sont en mauvais état les gens roulent doucement ». Comme quoi, en macronie, les économies (d'entretien) peuvent être très utiles !
Réponse de le 18/08/2018 à 14:01 :
"Parce que comme elles sont belles, on y roule plus vite." et mal, sinon y aurait pas d'accidents. Rouler vite sur chaussée amochée, ça peut être accidentogène aussi. Un italien a fait hier du 180 (Golf GTi) sur un tronçon (à 80) près d'un col (Mt Cenis, Lanslebourg), sans accident mais a été mesuré, aïe.
Son raisonnement c'est comme "on n'augmente pas votre salaire, vous risqueriez de gâcher votre argent en en ayant de trop". :-)
Parait que 10 000 ponts en Italie sont suspect (Huffington), le spécialiste est peut-être pessimiste ? Certains se sont déjà effondrés.
a écrit le 18/08/2018 à 8:32 :
Par exemples non exhaustifs, il convient de se poser des questions légitimes sur l'état du viaduc avant tunnel du Mont Blanc, et des ponts et viaducs des autoroutes A6 et A7 qui datent, vieillissent mal, et sont inondés de saumur ...et surchargés de poids lourds et d'autocars ...

il vaut mieux les éviter, pour les retours de vacances
a écrit le 18/08/2018 à 7:56 :
Ce rapport omet les 396 000 kms de départementales dont les 17000 kms de routes nationales transférées par l'état aux département en 2004.
Réponse de le 18/08/2018 à 9:40 :
Rapport réclamé par un ministère qui n'a aucun moyen, à deux officines qui totalisent à elles deux 12 salariés dont la moitié n'a pas de compétences en matière de BTP ou de VRD....

Un véritable audit des 266 000 ponts routiers et des 1 050 000 km de routes de l'hexagone prendrait des années et couterait plusieurs millions d'€.

D'autre part, il est patent que l'Etat tend à se désengager de la gestion du pays, et se désintéresse de ce qu'il considère maintenant être surtout du domaine des départements et des communes. C'est à la fois idéologique et surtout financier.

Les routes ne redeviennent un sujet d'intérêt que si on peut en tirer es ressources fiscales avec le 80 km/h. A ce moment là, l'Etat redevient régalien.
a écrit le 17/08/2018 à 17:30 :
l. Etat encaisserait t il plus d argent Par les radars que la totalite des depenses pour l entretien du reseau routier ????

a écrit le 17/08/2018 à 15:32 :
On sait que les ouvrages en béton sont conçus pour durer 100 ans environ.


On a vu comment l'une des nouvelles aérogares de Roissy CDG a pu s'effondrer pour cause de malfaçon, et on a vu d'autres ouvrages en béton s'effondrer par suite d'infiltration d'eau saline qui finissait par ronger le fer du béton et idem pour l'acier des câbles de sustentation.


Seule solution pour réduire la corrosion du fer à béton, c'est une protection beaucoup plus efficace contre la corrosion. De nouvelles solutions à partir de materiaux d'avant garde en couches minces qui sont bien plus stables et qui constituent de bien meilleures barrières de diffusion que les solutions habituelles (peintures spéciales etc.) existent

Qu'est ce qu'on attend pour les mettre en œuvre. Il n'est pas possible ici, comme pour la tour Eiffel de les repeindre tout les dix ans.

En attendant comme pour les centrales nucléaires, il faudra bien prévoir aussi la déconstruction des plus vieux ouvrages.

D'ici là il est malheureusement à craindre que bien d'autres ouvrages en béton qui ont déjà dépassé les cinquante ou soixante dix ans s'effondreront au cours des prochaines décennies. Rappelons nous de l'effondrement de l'un des plus grands ponts sur le Mississipi qui n'était pourtant pas si vieux que cela en raison de l'infiltration d'une eau chargée en sel qui était utilisé contre le verglas.

Et il n'y a pas que les ouvrages comme les ponts d'accès vers l'ile d'Oléron ou vers l'Ile de Ré qui sont concernés, mais encore bien des barrages en béton dont on sait bien qu'ils ne dureront pas aussi longtemps que les constructions en pierre qui datent du temps des Romains.
Réponse de le 17/08/2018 à 18:28 :
"On sait que les ouvrages en béton sont conçus pour durer 100 ans environ".

On peut aussi mettre un morceau de sucre dans une bétonnière lors de sa conception pour que celui-ci coagule mal , cela ne se verra pas au premier coup d’œil ,mais la durée de vie sera plus courte ,il s’effritera plus rapidement.
Réponse de le 18/08/2018 à 0:11 :
Désolé de casser votre rève de saboteur.

le sucre est un retardateur de prise, il ne change rien à la résistance mécanique finale du béton (en fait il l'améliore dans certains cas) et il faudra un peu plus qu'un sucre. Prévoyez des palettes entières.
Réponse de le 19/08/2018 à 20:13 :
"Désolé de casser votre rève de saboteur".

Met déjà un pseudo identifiable après on discutera.
a écrit le 17/08/2018 à 15:08 :
L'approche comptable pour juger de la santé des ponts est ridicule. La fatigue des matériaux ou des roches sur le long terme est un phénomène qui n'est pas nécessairement visible. Ils se déforment soudainement ou cassent. Il y a souvent un défaut de conception à la base ou un défaut de fabrication du matériau. Un entretien cosmétique ne suffit pas. On se souvient de Tchernobyl!
a écrit le 17/08/2018 à 14:35 :
Je ne vois pas l’intérêt de comparer France et Royaume-Uni, la densité de population est bien plus élevée au RU, mécaniquement le RU doit dépenser plus au kilomètre.
Par contre s'endetter pour des infrastructures quand elles sont utiles, c'est une bonne chose, ça reste, c'est du solide et ça se transmet aux générations suivantes.
a écrit le 17/08/2018 à 13:25 :
"Entretien : 50.000 €/km en France... contre 80.000 au Royaume-Uni" : ah je comprend mieux pourquoi les anglais peuvent toujours rouler à 96km/h sur leurs routes secondaires tout en étant 2ième en matière de sécurité routière en Europe !!
a écrit le 17/08/2018 à 11:55 :
On est tous dans le même sac; sous la tutelle de cet administration qu'est l'UE de Bruxelles qui ne demande que le démantèlement de nos administrations intérieures pour la confier au privé! Cela ne va pas faciliter la recherche des responsables!
Réponse de le 17/08/2018 à 17:02 :
DOnc si je vous suis, l'UE qui est selon vous une administration, va être confiée au privé ?
Réponse de le 17/08/2018 à 20:47 :
@ FAke News
Visiblement vous avez un problème de lecture sur beaucoup de sujet! Mais on ne peut vous en vouloir si vous êtes honnête!
a écrit le 17/08/2018 à 10:13 :
Bien sur que OUI ! nous sommes toujours au moyennage ..des méthodes de surveillance du mod de " fonctionnement " des ouvrages…! si quelqu'un /une ici connait un ouvrage sous surveillance "active" ..a savoir des instruments de détection/mesures permanentes intégrés à la structure d'un l'ouvrage ...n'hésitez pas à répondre…!
Réponse de le 17/08/2018 à 11:00 :
Le viaduc de Millau
a écrit le 17/08/2018 à 9:15 :
SI je prends l'exemple en local, à savoir des élus qui font bosser les copains du btp, en général ce sont ceux qui ont les outils de productions les plus usés et qui osnt donc le moins efficace.

Par chez moi une machine à goudronner est tombée en passe dès le début des travaux et il a fallu attendre 3 mois pour qu'ils reprennent. Cela ne serait pas grave si ce n'était pas la première fois bien entendu mais c'est loi d'être la première fois.

L'argent de la corruption, l'argent de l'évasion fiscale sont des dépenses parasites dont toute l'économie souffre pour l'intérêt de seulement quelques uns. Au nom de cet intérêt c'est la décadence généralisée.
a écrit le 17/08/2018 à 8:09 :
La comparaison avec la GB est fausse. Le réseau non concède au Royaume Uni correspond a 13% du réseau routier, https://www.gov.uk/government/statistics/road-lengths-in-great-britain-2016.
a écrit le 16/08/2018 à 23:45 :
Bien sûr que Non puisque nous avons mis en place le Principe de Précaution..
a écrit le 16/08/2018 à 22:40 :
L’effondrement catastrophique d’un pont en Italie cette semaine a provoqué un tollé public au sujet de la dégradation de l’infrastructure du pays et de la façon dont elle met des vies en péril. Mais la question que les citoyens italiens et européens devraient se poser est la suivante : pourquoi leurs gouvernements dépensent-ils des dizaines de milliards de dollars de plus pour la défense de l’OTAN, tout en négligeant leurs infrastructures publiques vitales ?
De toute évidence, cependant, la plus grande menace pour les citoyens européens est la façon dont Washington et son racket via l’OTAN saignent les ressources financières de l’Europe – ressources qui devraient plutôt être consacrées à la construction de routes, de ponts et d’autres infrastructures sûres.
https://www.strategic-culture.org/authors/finian-cunningham.html
a écrit le 16/08/2018 à 20:49 :
Selon un rapport gouvernemental publié en juillet, 7% des ponts français « présentent à terme un risque d’effondrement ». Soit environ 840 ouvrages.

« Sur les 12 000 ponts que compte le réseau, un tiers nécessite des réparations« , explique même cette étude conjointe du ministère de la Transition écologique et du ministère des Transports. Ce qui ne veut pas dire que leur situation est inquiétante : « Le plus souvent, il s’agit de petites réparations, afin de prévenir l’apparition de dégradations structurelles. »

840 ponts sur lesquels « les dommages sont plus sérieux« . Ceux-ci présentent « à terme un risque d’effondrement« , ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils risquent de se dérober sous les pieds des passants, mais plutôt « de fermer préventivement à la circulation des poids lourds, ou de tous les véhicules« .
a écrit le 16/08/2018 à 20:46 :
LES ENSEIGNEMENTS DE LA TRAGÉDIE DU VIADUC DE GÊNES, LARGEMENT IMPUTABLE AUX CONTRAINTES DE L’UE. car, - d'une part les traités européens exigent la privatisation de tous les services publics, y compris des routes et autoroutes, ce qui transfère le maintien de la sécurité et des infrastructures des mains de l'État à celles d'entrepreneurs privés dont le seul objectif est de dégager du cash pour les actionnaires et qui n'ont rien à faire de la sécurité du grand public !! - d'autre part la participation à l'euro contraint les États à des réductions budgétaires tous azimuts, et notamment sur leur réseau routier. https://www.upr.fr/communiques-de-presse/communique-de-presse-la-tragedie-du-viaduc-de-genes-largement-imputable-aux-contraintes-de-lue-justifie-la-volonte-de-lupr-de-renationaliser-les-autoroutes-et-impose-que-macron-rende-de
Réponse de le 17/08/2018 à 16:59 :
Les traités européesn exigent la privatisation de tous les services publics : FAUX
La participation à l'Euro contraint à faire des économies budgétaires : FAUX, elle contraint à limiter les déficits. Les allemands ne font pas de déficit et ont pourtant aussi des pbms d'infrastructure. Les USA font du déficit et on des pbms d'infrastructure.
a écrit le 16/08/2018 à 20:25 :
""Réseau routier national non concédé", quezaco ? Il ne représente que 12.000 kilomètres"
les nationales ou les autoroutes non payantes ? Sur 1 000 000km dont 400 000 concernées par le 80 quand c'était 90, 12 000km de nationales (aucune n'est concédée ? pas encore ?) c'est peu en % (1,5%).
A voir si tout défaut peut être réparé ou si parfois, trop vieux et structure obsolète voire dangereuse, ça serait mieux de remplacer ? Là le coût est supérieur mais indispensable. On sait faire mieux au XXIème siècle (et c'est bon pour la Croissance & emploi).
Réponse de le 17/08/2018 à 8:58 :
Reprenons... l'article de la tribune n'est pas très clair et peut amener à confusion.

Il y a au total 266 000 ponts routiers en France.
120 000 appartiennent au réseau communal
125 00 appartiennent au réseau départemental
21 000 appartiennent à l'Etat (routes et autoroutes).

Sur ces 21 000 ponts
9000 sont concédés (essentiellement autoroutes)
12 000 ne sont pas concédés.

Sur ces 12 000 ponts, l'étude estime que 33% nécessitent de la maintenance et 7% pourraient devenir dangereux sans réparations.

http://www.planete-tp.com/ponts-en-france-r58.html
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2018.07.10_dossier_reseau_routier.pdf

Je réitère que l'étude a été réalisée à la demande du ministère de l'écologie, par un petit cabinet privé suisse intéressé potentiellement par les investissements routiers qui pourraient être réalisés suite à leur rapport.

Ce n'est pas un rapport tout à fait indépendant, comme pourrait l'être un rapport de la cour des comptes, ou un audit interne.

L'étude ne concerne finalement que 4.5% des ponts en service sur le territoire et 1.2% du linéaire des routes.

N'en tirons pas de conclusions excessives..
a écrit le 16/08/2018 à 18:43 :
cf. article Bloomberg de ces jours-ci sur le sous-investissement allemand dans les infrastructures :
https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-08-15/germany-s-infrastructure-skids-into-crisis-on-merkel-s-autobahn
a écrit le 16/08/2018 à 18:30 :
il y a sur Wikipedia une liste d'accidents de ponts (List of bridge failures). un seul répertorié en France, en 1850. pas mal dans les pays anglo-saxons ou nordiques.
le taux d'investissement public français est de 3,4% PIB contre 2,6% au UK. la moyenne est de 3,9% en France sur les 20 dernières années. bien plus qu'au UK et Allemagne (2,4% et 2,2% respectivement). voir Eurostat. et une étude de l'office statistique anglais de 2017 : "An international comparison of gross fixed capital formation", Office for National Statistics, 02/11/2017 (https://www.ons.gov.uk/economy/grossdomesticproductgdp/articles/aninternationalcomparisonofgrossfixedcapitalformation/2017-11-02). la France est dans les pays du G7 qui investissent le plus. UK en queue de peloton avec Italie.
Réponse de le 16/08/2018 à 19:53 :
Je suppose que vous avez remarqué la sur-représentation de l'Italie avec 4 accidents majeurs ces 3 dernières années.

Ce doit avoir un rapport avec le désinvestissement massif (-75%) de l'Italie depuis 2009.

L' Espagne, pourtant confrontée aussi à des problèmes de dette publique n'a pas tapé aussi fort dans les dépenses.

Le sous-investissement Allemand dans les structures du pays date des réformes Harz. Dans certaines régions, les bibliothèques, les piscines, les centres culturels ont été fermés, et la voire fait penser au Chicago des mauvais jours de la crise ou à la RDA en fin de course.

Sauf que Chicago a beaucoup fait pour panser ses plaies une fois la croissance revenue, alors que l'Allemagne, bien qu'assise sur un tas d'or reste très frileuse.
a écrit le 16/08/2018 à 17:26 :
Il y a quelques jours, dans la TRIBUNE, une brillante personne dont j'ai oublié le nom critiquait le plan de HOLLANDE sur l'investissement dans les autoroutes. Cet excellent spécialiste, visionnaire, se gobergeait de son intelligence pour affirmer avec péremption que celui-ci était y parfaitement inutile, voir dangereux pour l'économie de la FRANCE. Je pense qu'on va revoir ce génie avec un autre article pour dénoncer l'insuffisance des sommes de ce plan.....

Par contre, je remarque que cet article a soudainement disparu de la liste des articles proposés. Pourtant, le ridicule ne tue pas lui, contrairement à l'incompétence.
Réponse de le 16/08/2018 à 18:30 :
Il n'y a que Macron pour arriver à vous faire regretter quelqu'un pour qui personne n'avait l'intention de (re)voter. Ce type est très balèze.

Pour rappel, il y a eu deux plans Hollande pour les autoroutes. Le premier (2012) à consisté à élargir les axes les plus fréquentés (3.2 Mds€) et créer l'ARAFER, une autorité de régulation du transport supposée contrôler entre autres les sociétés d'autoroute et les montants des péages.


Le second (2016) visait à créer 32 nouveaux échangeurs, 25 aires de covoiturage et des aménagements "écologiques" (800 mm€).

Ce ne sont pas forcement des aménagements en lien direct avec a sécurité et maintenance des autoroutes et des ouvrages d'art, qui sont du seul ressort des concessionnaires.

Le seul vrai problème de ces plans était celui du financement qui pouvait faire grincer des dents, vu la rente dont bénéficient déjà les sociétés concessionnaires.
a écrit le 16/08/2018 à 17:16 :
Nibuxs comme IMDM sont des tous petits cabinets d'audit: 6 ingénieurs spécialistes en génie civil et routier pour l'un et autant pour l'autre, plus généralistes et orientés ferroviaires pour le second, ce qui les rend moins crédibles.

Pour autant affirmer que 800 ponts, sur les 12 000 pris en compte, seraient sur le point de s'effondrer semble assez bizarre. Ces ponts sont situés sur les grands axes et sont sous surveillance de la DDE. J'imagine mal les techniciens et ingénieurs de ce corps prendre des risques démesurés.

Ramenons les choses à leur juste mesure. Il y a en France 266 000 ponts routiers et les effondrements sont rarissimes et en général reliés à des évènements cataclysmiques (crues, avalanches de neige/boue...).
a écrit le 16/08/2018 à 17:02 :
Il n'y a pas de raison que ça n'arrive que chez les autres...Personne ne se souvient de l'écroulement du terminal 2 E de CDG en 2004 quasi neuf qui miraculeusement n'avait fait que 4 morts...
Réponse de le 16/08/2018 à 18:01 :
Ne sous-estimez pas la puissance pernicieuse de l'Europe !

Peso je m'en souviens, je suis passé dessous quelques jours avant son effondrement et je n'avais pas aimé cette structure sans charme ni âme, surtout à 23h00 en hiver.

Même si ADP est propriété de l'Etat français, je n'en tire aucune conclusion sur l'influence de l'UE ni sur l'effet d'une privatisation potentielle.

Les calculs de résistance avaient été mal faits, Juncker n'y est pour rien (enfin je crois...)

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