« Emmanuel Macron est le président le plus dépensier de la Ve République » (Gérard Larcher)
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Gérard Larcher interrogé par Bruno Jeudy
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LA TRIBUNE- À Saint-Brévin-les-Pins, y a-t-il eu non-assistance à maire en danger ?
GÉRARD LARCHER- Je lui avais écrit quand son domicile a été incendié pour lui témoigner notre solidarité. Je ne sais pas s'il y a eu non-assistance à maire en danger, il faut connaître les détails du dossier. Mais je veux savoir. Quand un maire démissionne car sa vie est devenue impossible, c'est la République qui est menacée, insultée et agressée. C'est pour ça que j'ai approuvé la décision de notre collègue Jean-Noël Buffet, le Président de la commission des lois du Sénat, de convier Yannick Morez à une audition (elle a eu lieu mercredi dernier) afin de comprendre ce qui l'a conduit à démissionner. Nous avons besoin de son témoignage. Ce n'est pas suffisant de dire que ce n'est pas acceptable et de zapper ensuite. Il faut aller au fond des choses pour comprendre son ressenti. Il vivait dans sa commune depuis 32 ans et exerçait la profession de médecin. Il faut analyser ce processus d'auto-exclusion et cette violence. C'est le rôle constitutionnel du Sénat d'être aux côtés des élus, de les écouter et de les entendre. Dans sa lettre de démission, le maire de Saint-Brevin-les-Pins dénonce le manque de soutien de l'État. Le Sénat mène notamment, depuis la mort en 2019 du maire de Signes, un travail de fond pour mieux protéger les élus locaux. Une loi a été adoptée en janvier dernier. Peut-être faut-il aller encore plus loin et exiger de l'État qu'il soit plus réactif.
L'État protège-t-il assez les maires ?
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Hélas non. Je visite trois départements par mois et rencontre des dizaines d'élus locaux. Je sens une extraordinaire lassitude des maires qui ne se sentent pas assez soutenus, mais sont aussi confrontés à une bureaucratisation, une inflation de normes qu'ils ne supportent plus. Regardez l'exemple du maire de Nevoy (Loiret). Comment voulez-vous qu'un maire de moins de 1.500 habitants puisse faire face à l'arrivée de 40.000 évangélistes ? Lui n'a pas démissionné mais il a lancé un appel au secours devant la passivité des services de l'État. Là, il y a non-assistance à commune en danger ! J'ai dû moi-même, avec les sénateurs du Loiret, alerter la Première ministre sur la situation pour qu'on ne le laisse pas tomber.